La Tribune (Algiers)

Algérie: En réaction à l'appel du chef du gouvernement, les comités de la CCCWB affichent leur insatisfaction

Nacer Haniche

4 Décembre 2003


L'ensemble des délégués de la CCCWB étaient, dans la soirée de mardi dernier, branchés sur la réponse du chef du gouvernement qui a réagi avant l'expiration de l'ultimatum fixé par le conclave interwilayas de samedi dernier au pouvoir afin qu'il réponde positivement sur les six incidences énumérées dans la déclaration du conclave de Raffour du 14 août dernier.

L'appel qui a été lancé par le chef de l'Exécutif à l'intention des délégués du mouvement citoyen né des événements du printemps noir avait, hier, accentué la dissension au sein de la coordination de Bouira. D'un côté, les comités de Mchedallah, Aït Laaziz, Taghzout, Raffour et Taourirt ayant pris part au conclave interwilayas qui s'est tenu à l'ITHT de Tizi Ouzou, dont certains avaient défendu au préalable l'idée d'une rencontre préliminaire avec les représentants de l'Etat et, de l'autre, les comités de Haïzer, Bouira, El Esnam, Ahl Leksar et Takerboust qui se sont démarqués de la rencontre de samedi dernier dans le but, selon eux, de ne pas contribuer à la cassure du mouvement, ni de cautionner «un dialogue de reddition». Cette tendance qui avait programmé un meeting interwilayas, pour hier, à Bouira, avec la participation de Ali Gherbi et de Zahir Benkhelat de la CICB, Tahar Temime et Idir Aït Maamar de la CADC, et Rabah Boucetta de la coordination de Boumerdès pour expliquer à la population de Bouira les raisons qui les ont poussés à ne pas reconnaître l'ultimatum adressé au pouvoir et les résolutions de la dernière rencontre de l'interwilayas, s'est vue obligée, à cause des conditions atmosphériques, d'annuler le rassemblement et de s'adresser à la presse locale.

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Quelques-uns parmi ces animateurs considèrent que la suite donnée par M. Ouyahia en lançant un appel en direction du mouvement citoyen pour un dialogue sur les incidences causées par les événements du printemps noir et la mise en oeuvre de la plate-forme d'El Kseur est insatisfaisante. Ainsi, selon R. Boucetta, «la réponse d'Ouyahia n'a rien de concret, on parle de règlement des incidences du mouvement du printemps noir, il nous invite à dialoguer autour des mêmes incidences et sur la mise en oeuvre de la plate-forme d'El Kseur alors que nous estimons que le pouvoir a déjà répondu à ces incidences car, sur le terrain, les indus élus sont toujours là, il y a des menaces de coupure de courant contre des villages entiers et, de plus, on a toujours une presse qui est bâillonnée». Le comité de Bouira a abondé dans ce sens tout en se déclarant neutre dans la crise qui règne au sein de la coordination interwilayas.

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