Le Soleil (Dakar)

Afrique: Energie en Afrique : les pays se connectent au Nepad

Mamadou Sy

4 Décembre 2003


Le deuxième Sommet de l'Energie en Afrique s'est ouvert hier dans la capitale sénégalaise. Cette rencontre internationale, organisée par le ministère de l'Energie, en collaboration avec l'Institut français du pétrole (Ifp) et l'Ecole du pétrole et des moteurs (Enspm) devra, entre autres questions, faciliter les échanges entre les intervenants et les participants, examiner les enjeux majeurs des industries de l'énergie et élaborer des stratégies applicables aux industries de l'énergie.

L'énergie joue un rôle crucial dans le processus de développement, d'abord en tant que nécessité pour les foyers, mais surtout comme facteur de production des biens et services, estiment les organisateurs de cette rencontre internationale sur l'énergie. Ce deuxième sommet de l'énergie en Afrique, qui se tient du 2 au 4 décembre courant, s'inscrit dans le cadre des recommandations du Nepad ayant trait à l'utilisation des ressources en énergie du continent. Ce plan de développement du continent, conçu par les Africains eux-mêmes, a mis l'accent sur la nécessité d'accroître de 10 à 35 % la part de la population d'Afrique à l'accès à un approvisionnement commercial fiable et abordable. Au nombre de ces recommandations, figure la nécessité de réduire le coût de l'approvisionnement, d'exploiter le potentiel hydroélectrique des fleuves, d'intégrer les réseaux de transport et les gazoducs et, enfin, de réformer et d'harmoniser les réglementations et la législation du continent sur le pétrole.

Destiné aux hauts responsables, cadres africains et ministres de l'énergie de l'Afrique et des autres régions du monde, ce sommet s'efforcera aussi d'apporter des réponses pratiques aux défis des secteurs pétrolier, gazier et électrique. Entre autres thèmes, le sommet traitera les besoins et ressources en énergie, la recherche pétrolière, le développement du gaz naturel, l'émergence des énergies renouvelables et des nouvelles réglementations du secteur, le raffinage et la commercialisation des produits pétroliers. Il s'agit, selon le ministre de l'Energie et des Mines du Sénégal, de valoriser les ressources pétrolières, gazières et hydroélectriques, d'accroître les interconnexions des réseaux électriques et de développer les énergies renouvelables du continent. Avec seulement 13 % de la population du globe, l'Afrique ne consomme que les 3 % de l'énergie primaire mondiale, alors que les Etats-Unis, qui compte 5 % de la population mondiale, consomment les 25 % de cette énergie, révèle M. Madické Niang, soulignant ainsi le déséquilibre qu'il y a entre pays industrialisés et pays en développement. Pour l'ensemble de l'Afrique, indique-t-il, le taux d'électrification est inférieur à 30 %, alors que le taux moyen mondial est de 60 %.

Un taux qui n'est atteint que par six pays africains. S'agissant de l'électricité, la proportion des ménages en Afrique, qui y ont accès, ne dépasse pas 10 % dans la majorité des cas. A cela, il faut ajouter la faible consommation d'énergie par habitant (environ 500 Kw/h par an contre une moyenne mondiale de 2500 Kw/h) et le déséquilibre au sein même du continent au plan des réserves en hydrocarbures. S'agissant des énergies renouvelables, le continent dispose, selon lui, de potentialités énormes en matière d'énergie solaire ou éolienne, en plus du formidable potentiel hydroélectrique, dont seulement les 6 % sont valorisés. En ce qui concerne les infrastructures énergétiques, le Nepad a retenu quatre principaux projets, dont la construction de deux gazoducs, annonce-t-il. Le premier d'une capacité de 18 milliards de mètres cubes par an, devra relier l'Algérie au Nigeria et permettra à la fois d'exporter du gaz africain vers les marchés européens et de fournir du gaz naturel à un prix accessible aux pays traversés, le Mali et le Niger. Le second, qui reliera Lagos à Takoradi, au Ghana, avec des embranchements au Bénin et au Togo pour ensuite rejoindre la Côte d'Ivoire et le Sénégal. Les deux autres projets concernent la réhabilitation du barrage d'Inga en République Démocratique du Congo, afin de renforcer la capacité d'exportation d'électricité vers les marchés de la Southern african pool (Sapp) et, enfin, celui visant à mettre en place l'interconnexion entre l'Egypte et la République Démocratique du Congo avec le double objectif de développer l'exportation de l'électricité d'Inga vers l'Europe via le Caire et de permettre de fournir l'énergie aux pays africains moins nantis.

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