Fraternité Matin (Abidjan)
Interview réalisée par Kambiré ELIE
5 Décembre 2003
interview
Abidjan — Robert Nouzaret déballe sec. En effet, dans l'interview qu'il nous a accordée, le sélectionneur national a répondu à toutes les critiques. Sans faux-fuyant.
De l'élimination des Eléphants aux cas Tizié, Gilles Domoraud, Guillou, Wenger et son ambition pour les Eléphants.
Quels sont les principaux enseignements que vous tirez des matches que vous avez disputés au titre de la saison 2003 ?
Contrairement à l'étape psychologique, technique et tactique du groupe que j'ai récupéré en juillet 2002, il y a une grosse différence. Il ne faut pas oublier que les Eléphants restaient sur deux CAN catastrophiques et qu'il était nécessaire de tout reprendre à zéro. Le premier constat négatif, c'est notre élimination de la Can 2004.
Qu'est-ce qui a manqué aux Eléphants pour arracher la qualification ?
Il nous a manqué du temps au match aller. Nous avons fait notre premier regroupement au mois d'août à Créteil. En septembre, nous avons disputé un match important contre l'Afrique du Sud. A partir de là, nous avons disputé des matches amicaux et officiels qui ont été positifs. Malheureusement, nous avons perdu en Afrique du Sud dans des conditions particulières.
Quelle est votre part de responsabilité dans cet échec ?
Qu'on arrête de me fatiguer avec tous ces reproches. De deux choses l'une. Soit on me fait confiance, soit on ne me fait pas confiance. Parce que je ne comprends pas toutes ces critiques inutiles à mon endroit.
Si on estime qu'on ne me fait plus confiance parce que je n'ai pas qualifié les Eléphants j'ai perdu des matches amicaux, il faut le dire. Je préfère cela aux âneries que certaines personnes racontent.
Lesquelles ?
On me parle du cas Tizié. Qu'on arrête de se focaliser sur le cas Tizié. Il y a des gardiens en Côte d'Ivoire qui sont meilleurs que Tizié. Ils sont certes jeunes, mais ils sont meilleurs. Quand Gnahoua, sera qualifié il fera aussi bien, sinon, mieux que Tizié. Si je ne fais pas ce que je fais avec Tizié, c'est que je ne respecte pas les autres joueurs. Les gens qui vous prennent pour des imbéciles, il faut les laisser chez eux. Ça c'est clair.
Pour vous la page Tizié est donc définitivement tournée?
Oui. Et on peut dire ce qu'on veut. D'ailleurs, c'est du parti pris quand on revient chaque fois sur son cas. On juge Kanté Guyan sur le but contre le Sénégal. Mais que pouvait-il faire ? On juge Yébouah en Afrique du Sud. Il a fait une erreur. Mais, qu'on parle aussi des beaux matches qu'il a livrés au Burkina. N'est-ce pas lui qui a permis aux moins de 20 ans d'être au Mondial aujourd'hui? C'est de la malhonnêteté intellectuelle. Je me demande ce que les gens cherchent. S'ils veulent que je m'en aille ce n'est pas un problème.
Parmi les trois compartiments de votre équipe, lequel vous a donné le plus satisfaction à l'issue de tous ces matches ?
Pour moi, c'est le milieu. L'attaque, pour le moment, m'a laissé sur ma faim. En dépit de la qualité de nos attaquants, ils ne sont pas encore assez efficaces. En clubs, ils n'arrêtent pas de marquer des buts. Par contre en sélection, c'est comme s'ils avaient le pied carré. C'est donc le milieu qui a été la grosse satisfaction pour moi.
Et au niveau des individualités ?
Le potentiel est immense. Maintenant, nous devons espérer qu'aucun de nos attaquants ne se blesse quand la compétition va démarrer. Akalé Kanga a commencé à trottiner. Je pense que Bah Lionel sera prêt en mars ou en avril. En tout cas, j'ai du beau monde. Il y a un joueur qui est plein de possibilités, malheureusement, on sent qu'il n'a pas envie d'aller à un autre niveau que celui où il est. C'est Kader Kéita.
Pourquoi ?
Il est tranquille au Qatar. Il se contente du championnat, il se balade, il n'a pas trop de contraintes professionnelles. Et pourtant, il y a des clubs français qui le désirent. Mais, lui ne semble pas intéresser. Il veut bien gagner sa vie d'abord. Sans doute aussi parce qu'il n'a pas d'ambition. Parce que s'il avait de l'ambition, il y a longtemps qu'il serait parti. Peut-être que, pour le moment, il n'est pas prêt. Alors qu'il a un talent fou.
La défense ne constitue-t-elle pas le talon d'Achille de votre équipe ?
Je ne le pense pas. Toutefois, quand elle sera au complet elle aura un autre visage. Elle aura plus d'assises quand tout le monde sera là. J'ai une idée de sa composition.
Laquelle ?
Je continuerai de jouer avec des défenseurs centraux sur les côtés. Kolo est un axial qui joue aussi bien sur les côtés. Je préfère faire jouer un axial sur le côté, parce qu'il m'apporte plus, à un latéral qui est moins bon. Mais, il ne faut oublier qu'il y a des jeunes qui arrivent : Boka Arsène et Eboué Emmanuel. S'ils avaient été libres, je n'aurais pas hésité à les prendre.
Quelles sont les retouches que vous comptez opérer plus tard?
Je suis en train de discuter avec certains joueurs. Pour le moment, c'est le cas Kandia Traoré qui me préoccupe. Je suis persuadé qu'il n'évoluera plus comme un attaquant. J'ai discuté avec lui. Je compte le positionner dans le couloir gauche. Je sais qu'il est un ancien défenseur. Je suis convaincu qu'il peut devenir un super défenseur.
Est-ce parce que vous n'avez pas un latéral de métier ?
Bien sûr ! Mais, est-ce que c'est la faute de Nouzaret s'il n'y a plus de latéraux en Côte d'Ivoire ? Qu'on ne me parle pas des Badjan, Da Costa, etc. Ils ne sont pas encore prêts pour moi. Ils doivent encore prouver. Je préfère donc faire jouer des centraux sur les côtés. Je suis convaincu qu'il s'en sortiront aussi bien. Et mieux que des jeunes qui ne sont pas encore prêts. Mais qui le seront dans un ou deux ans.
Qu'est-ce qui peut expliquer cette crise de latéraux ?
A mon avis, en Côte d'Ivoire, les organisations de jeu ne sont pas assez basées sur le 4-4-2. C'est la première réponse que je donne. Ensuite, il n'y a pas assez de formation dans ce domaine-là. Le vrai problème est là. Il faut réfléchir là-dessus au lieu d'accuser gratuitement les gens.
Toutefois, votre dispositif offensif n'est-il pas aussi à l'origine de ces faiblesses défensives ? Le fait d'aligner surtout quatre attaquants... Non. Je ne le crois pas. Ce n'est pas parce qu'on épouse une philosophie offensive qu'il faut faire n'importe quoi en défense. Il ne faut pas croire qu'on ne fait qu'attaquer, sans respecter les principes. Certes, on joue offensif. Mais, il y a un positionnement à respecter une fois qu'on perd la balle. Je ne vais plus me priver de super mecs offensifs pour faire une équipe défensive. C'est comme si Jacques Santini se privait des grands attaquants qu'il a en équipe de France.
L'absence d'un véritable meneur de jeu ne constitue-t-elle pas un handicap dans votre dispositif ?
Ou voulez-vous, aujourd'hui, que j'aille dénicher un meneur ? Vais-je sortir d'une pochette surprise le numéro 10 que je n'ai pas ? Le football ivoirien ne possède pas, pour le moment, un numéro 10. Un meneur de jeu, on l'a ou on ne l'a pas. Il y a des cycles comme çà. En France, nous avons eu la chance d'avoir Michel Platini et, aujourd'hui, Zidane. Un numéro 10 ne se forme pas dans un centre. Il sort du ventre de sa mère.
Gyapi et Diaky ne sont-ils pas des meneurs ?
Gyapi n'est pas un numéro 10. Il est numéro 8. Diaky lui est numéro 10. Mais, il est encore jeune. Pour le moment, il n'est pas prêt. Dans tous les cas, je ne suis pas pessimiste. Parce qu'il y a de très bons jeunes qui arrivent.
L'un des reproches qu'on vous fait, c'est le cas Gilles Domoraud. Qu'est-ce qui explique sa convocation régulière en sélection ?
Si j'ai tout mon monde, c'est sûr que je peux me passer de lui. Ça c'est vrai. Néanmoins, Gilles reste pour moi un joueur intéressant. Il est polyvalent. Il peut donc être dans le groupe. Je n'ai jamais pris Gilles pour en faire un titulaire. Je le prends parce qu'il peut jouer à droite, à gauche ou au milieu. Sérieusement, ces critiques commencent à me gonfler. Surtout quand on touche à mon intégrité. Quand on avance certaines choses comme mes affinités avec Domoraud, ça me révolte. Et, du jour au lendemain, je suis capable de m'en aller. Même si j'aime Jacques Anouma, ça me gonfle. Gilles n'est pas un joueur exceptionnel. Je le sais. Mais, il est meilleur par rapport aux joueurs ici.
C'est discutable...
Il faut arrêter de me vacciner avec les locaux. Pour moi, y a pas photo entre les " Européens " et les locaux. Même avec ceux qui jouent la D2 en France. Maintenant, nous allons mieux nous occuper des locaux. Nous sommes, aujourd'hui, obligés de faire avec les locaux convoqués en sélection un travail qui, normalement, aurait dû se faire dans les clubs. Dans aucune sélection on ne voit cela.
Ne faites-vous pas la part trop belle aux professionnels ?
Mais, je suis obligé. Ce serait me suicider si je ne fais pas confiance aux professionnels. N'importe quel professionnel qui évolue en Europe est dans un contexte supérieur au championnat ivoirien. J'ai vu les locaux à l'œuvre en olympique. Je sais de quoi je parle. Le jeune Kassiaty Gildas m'a fait une impression extraordinaire à l'entraînement pendant une semaine. J'étais même à deux doigts de le faire débuter à Bamako. A la mi-temps, je sors Diané Amara qui était inexistant et Baki qui était blessé. Je lance Kassiaty. Il n'a pas piqué la plus petite balle. A la fin du match, il m'a dit qu'il était tétanisé.
La prochaine étape reste les éliminatoires du mondial 2006. Qu'est-ce qui va fondamentalement changer dans le comportement de votre équipe ?
Beaucoup de choses vont changer. Nous ne sommes plus dans la phase d'observation, c'est-à-dire le travail préparatoire qui a consisté à faire jouer une mi-temps seulement aux joueurs. Non, c'est fini. Les meilleurs resteront sur le terrain pour 90 minutes. J'ai été obligé de ménager les joueurs pendant les matches amicaux. C'est comme çà qu'il fallait comprendre ma méthode au lieu de critiquer bêtement.
Mais, le fait de convoquer des joueurs en fin de carrière comme Domoraud, Lassissi, Akasou, Tébyli et bien d'autres, n'est-il pas en contradiction avec votre volonté de bâtir une équipe d'avenir pour 2006 ?
Non, pas du tout. Parce que je ne peux pas, uniquement, aligner une équipe de jeunes. Il est bon d'avoir un mélange. C'est obligatoire. D'ailleurs, ces joueurs ne sont pas en fin de carrière. Lassissi manque de rythme parce qu'il ne joue pas dans son club. Même en manquant de rythme, en une mi-temps, à Nantes, il a été supérieur à certains qui jouent tout le temps. Celui qui me dira que Lassissi n'est pas un bon joueur, c'est qu'il ne comprend rien au football. Il y a des clubs qui s'intéressent à Lassissi. Mais, il a un différend avec son club. Lassissi pense qu'en quittant l'As Roma, il risque de ne pas percevoir son argent.
Le problème est qu'il est sans club ?
Ça aussi, je l'ai dit. J'ai convoqué certains joueurs pour les aider. C'est-à-dire leur remonter le moral dans ces moments difficiles qu'ils traversent. Ces joueurs-là ont été retenus pendant les matches amicaux. Mais, jamais, dans des matches officiels. J'ai toujours pris les meilleurs pour les matches à enjeu.
Mais, ne prennent-ils pas la place des locaux qui sont en activité ?
Attendez ! Il y a des joueurs qui à 50 pour cent sont plus forts que ceux qui sont à 100 pour cent. Ça, vous ne me l'enlèverai pas de la tête. Je suis entraîneur depuis 1974. Et j'ai connu tous les niveaux. J'ai aussi vécu toutes les situations. Je suis, de ce fait, capable de gérer et de juger cela. Je ne suis pas maso. Je ne vais quand même pas me filer un coup de poignard pour le plaisir de contenter quelqu'un. Quand je fais quelque chose, je réfléchis d'abord dans ma tête. Ensuite, je le fais de concert avec mes adjoints. La différence entre ceux qui critiquent et moi, c'est que je détiens toutes les clés du problème.
Vous n'acceptez donc pas ces critiques ?
Non, ce n'est pas que je n'accepte pas les critiques. Je sais que je fais un métier à critique. Mais, ce que je n'accepte pas, c'est l'incohérence et la malhonnêteté intellectuelle. Il faut qu'on arrête aussi les procès locaux-européens. Tout le monde dit que le football ivoirien n'a pas le niveau. Il n'y a pas que moi qui le dis. Vous ne pouvez donc pas me demander de faire jouer des locaux moins bons que des " Européens ". Si Gilles Domoraud joue dans le championnat ivoirien, il va " manger " tout le monde. Pourtant, il n'est pas un super joueur. Il est tout juste un bon ouvrier du football. Alors, vous pensez que je ne le sais pas ? Croyez-vous que je le convoque parce que son frère me le demande? Me croyez-vous capable d'agir dans ce sens ? Je n'ai peut-être pas toutes les qualités, je ne suis pas un homme à me faire manipuler. Je dis bien, personne ne peut me manipuler. Ni dirigeants, ni joueurs, ni entraîneurs. Quand, ça ne me plait pas je m'en vais. Je suis parti de Bastia pour cela. Quand j'aurai tout mon monde, Gilles Domoraud ne sera plus dans le groupe.
Sincèrement, pensez-vous qu'on vous fait un faux procès avec cette histoire des locaux ?
Mes adjoints et moi, connaissons la plupart des meilleurs joueurs locaux. Chaque fois que nous avons eu la possibilité, nous les avons sélectionnés. Gama, Romaric, Junior et Badjan ont été convoqués régulièrement. Mais, pour moi, ils ne sont pas comparables aux joueurs qui jouent à Arsenal, à Marseille et autres.
Si j'opte pour les locaux, et que je ne gagne pas de match, on va me traiter de fou. Je ne peux pas disposer d'éléments qui jouent à un niveau supérieur et les laisser pour contenter ceux qui évoluent dans un championnat qui n'a pas le niveau de CFA II en France.
Est-ce à dire que le niveau du football ivoirien est bas ?
Le fait que l'Asec soit championne en gagnant ses trois derniers matches, avec une équipe de minots, en est certainement la preuve. Sinon, comment expliquer cela ? Si j'étais à la place des autres entraîneurs, j'aurais eu honte.
Pourquoi ?
Quand l'Asec avait son équipe au complet, elle n'avait pas le même niveau que l'année dernière. Lorsque Romaric, Badjan, Junior et autres sont en forme, sur le plan mental et physique, vous en convenez avec moi qu'ils sont les meilleurs joueurs. Mais là, l'Asec avait des problèmes. Elle avait mal à la tête à cause de ses démêlées avec Beveren. Cependant l'équipe a su relever la tête en jetant dans le bain de jeunes joueurs. Elle a bien fait. Parce qu'au finish, elle a gagné tous ses matches. Elle a été championne. Moi, je m'interroge sur le niveau des autres.
Selon vous, comment peut-on améliorer le niveau du football ivoirien ?
Il faudra travailler sur le long terme. Déjà au niveau de la DTN, nous avons commencé avec les moins de 13 ans et les moins de 15 ans. Nous sommes dans la phase de préformation des gamins de moins de 15 ans. Nous allons travailler comme cela se passe en France à Claire Fontaine avec les centres de préformation. L'aboutissement de tout ce travail sera de constituer une sélection des moins de 17 ans pour la Can en 2005. Nous pensons aussi que les clubs doivent nous donner leurs joueurs pour des regroupements qui dureront dix ou quinze jours par mois.
Quelle est la place qui sera réservée aux encadreurs ?
Nous inviterons les entraîneurs des clubs à venir voir le travail que nous faisons. Pour qu'ils prennent exemple. C'est dix fois mieux que des stages de formation de cadres. Parce que sur le terrain, c'est concret. L'autre mission consistera à former de jeunes entraîneurs que personne ne connaît. Mais que nous avons vu travailler lors des compétitions de jeunes. Nous allons leur demander de jouer en 4-4-2. Et de faire un équilibre pied droit, pied gauche. Nous leur demanderons de former des latéraux etc. Cela va payer dans quatre où cinq ans.
Etes-vous sûr de pouvoir bâtir une bonne sélection pour attaquer les éliminatoires du prochain mondial 2006 ?
Assurément. Je suis optimiste. Il n'y a aucun problème. Cependant, une seule chose m'inquiète. Il faut éviter que l'esprit défaitiste de certaines personnes puisse déteindre sur certains de nos joueurs. Et, comme nos joueurs connaissent la presse plus que moi, je pense qu'il n'y aura pas de problème. Je n'ai pas de crainte au niveau de l'équipe. C'est le même sentiment que j'ai éprouvé en acceptant de prendre l'équipe olympique. Sinon, on ne m'a pas demandé de m'occuper des olympiques. C'est moi qui ai accepté de le faire.
Pourquoi ?
J'ai cru que je pouvais mettre en place une sacrée équipe. Cela m'aurait permis de gagner du temps sur le travail que j'avais à faire, tant avec les " A " qu'avec les olympiques. Sachant que certains olympiques allaient intégrer par la suite les " A ". Malheureusement, toutes les données sont maintenant faussées.
Comment ?
D'abord, au niveau des règles du jeu. Le règlement ne nous permet plus d'utiliser les professionnels comme nous le souhaitions. Ensuite, il y a cette affaire de Beveren. Pour nous, c'est une histoire mortelle.
Mais comment comptez-vous gérer cela ?
J'ai discuté avec Guillou. Je lui ai dit ce que je pensais. Sincèrement, je trouve cela scandaleux qu'on puisse permettre des choses pareilles. Je n'accepte pas qu'on puisse empêcher les joueurs de venir s'exprimer dans une sélection nationale. Mais, ce que je regrette, au-delà de tout, c'est que ces joueurs-là manquent de personnalité.
Mais que peuvent-ils faire face aux menaces et chantages de leurs clubs ?
Ils doivent avoir la personnalité de dire non. Comme l'a fait Gyapi. Pour moi, les joueurs de Beveren n'ont pas su oser. Parce qu'ils auraient pu adopter l'attitude de Gyapi. Cela aurait pu amener Guillou à réfléchir. Ils devaient refuser le chantage de Guillou. Ils n'auraient pas dû signer la pétition. Mais là, Guillou n'a que des moutons. Il n'a formé que des moutons. C'est-à-dire des mecs qui disent oui quand il dit oui. Qui disent non quand il dit non. Ces joueurs-là vont se fourrer.
Vous êtes très remonté contre Guillou...
Je ne le cache pas. Il y a encore plus grave dans le comportement de Guil-lou. Non seulement il empêche ses joueurs de Beveren de venir en sélection, mais, en plus, il téléphone à ceux qui sont dans les autres clubs d'Europe, pour leur demander de ne pas venir jouer en équipe nationale. C'est méchant de sa part.
Dans le cas de Kolo, avez-vous discuté avec l'entraîneur d'Arsenal, Arsène Wenger ?
Il y a eu des discussions entre Kolo, Wenger et moi. Les discussions ont été claires. Le seul problème est qu'Arsène Wenger a agi comme tous les entraîneurs qui menacent les joueurs. Il a menacé Kolo de ne plus le faire jouer, s'il répondait à la convocation de la sélection olympique. Tout Wenger qu'il est.
Pour conclure avez-vous une idée définitive de votre équipe type ?
Je connais parfaitement mon équipe. Vu mon potentiel et si je n'ai pas de blessés, je sais qui je vais aligner. Après le mondial juniors et les éliminatoires des J.O 2004, lorsque je vais intégrer les meilleurs juniors et olympiques chez les seniors, les places coûteront cher.
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