Nd. M. Gaye
5 Décembre 2003
Pour des raisons d'économie, les patrons boulangers ont choisi la facilité en utilisant des intermédiaires pour la distribution et la vente du pain. Mais, les consommateurs n'en veulent plus, pour des raisons d'hygiène. Et le gouvernement s'est associé à eux, en prenant des dispositions pour assainir le secteur.
La présence des intermédiaires dans le circuit de la distribution du pain inquiète les ouvriers boulangers membres de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (Cnts). Et leur secrétaire général n'a pas manqué de le signifier au directeur du Commerce intérieur, lors de la réunion du Conseil national de la consommation sur le pain. M. Bathie Sène justifie son inquiétude par la disparition de plus en plus remarquable des kiosques à pain au profit des intermédiaires. Pour le syndicaliste, les intermédiaires ne profitent ni à l'Etat, ni aux boulangers, ni aux consommateurs. Car, explique-t-il, leur distribution ne respecte pas les règles d'hygiène. Les défenseurs des consommateurs, notamment Sos consommateur de Me Massokhna Kane, sont du même avis.
Et les patrons boulangers sont à l'origine de ce désordre constaté dans la distribution du pain, car, explique le secrétaire général des ouvriers membres de la Cnts, ils ont choisi la facilité. "Au lieu de faire des kiosques et recruter des gens pour la vente du pain, ils ont préféré les intermédiaires pour se débarrasser de toutes charges", a déploré M. Bathie Sène. Et le syndicaliste d'analyser la situation : "Si chacune des mille boulangeries qui existent à Dakar construit des kiosques à pain et recrute des gens, cela ne profitera qu'à l'économie nationale et contribuera à la création d'emplois." Aussi a-t-il salué les dispositions prises dans le sens d'assainir le secteur de la boulangerie. Mais faudrait-il que le projet de décret qui date de 2001 et qui a été passé en revue lors de la réunion du Conseil national de la consommation sur le pain soit signé et appliqué. Sur ce point, le directeur du Commerce intérieur a fait une promesse ferme dans ce sens.
M. Bathie Sène a aussi fait remarquer la différence des charges qui existe entre les boulangeries industrielles et celles dites artisanales. Et c'est pour déplorer l'inégalité entre ces deux types de boulangerie. Pour lui, l'étude portant sur la production sur une boulangerie standard, c'est-à-dire qui emploie dix sacs de farine, a été focalisée sur les boulangeries industrielles. M. Bathie Sène a tenu à faire cette remarque, compte tenu de l'étude des états de la charge du coût du personnel.
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