Fara Sambe
6 Décembre 2003
La presse a été conviée jeudi, au Novotel, pour la présentation de l'initiative Afrique 2015.
C'était devant un panel prestigieux réunissant le directeur du bureau des communications du PNUD, Djibril Diallo, le promoteur et président du Label Africa-Fête, Mamadou Konté, Christian Saglio, le directeur du Centre culturel français de Dakar, et les musiciens Baaba Maal, Alioune Mbaye Nder, et Didier Saintrix, autour de leur doyen, le Camerounais Manu Dibango. Sous cette dénomination, Afrique 2015, c'est l'engagement d'artistes, d'hommes de culture et de sportifs pour relever le défi de réaliser les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dans les mêmes délais que sur les autres continents.
Pour camper le débat, Djibril Diallo, maître d'oeuvre de l'initiative Afrique 2015, a d'abord rappelé une précédente mobilisation autour du thème de la survie de l'enfant africain, avant de se réjouir de retrouver les mêmes partenaires pour accélérer le pas des Africains dans la réalisation de ces objectifs définis par les chefs d'Etat, lors de l'Assemblée générale des nations Unies de septembre 2000. Le directeur du bureau new-yorkais des communications du PNUD a ainsi expliqué aux journalistes venus nombreux que là où les autres pays comptaient atteindre ces objectifs touchant, « entre autres, la réduction de la faim et de la pauvreté, l'éducation primaire universelle et l'égalité des sexes, la lutte contre le VIH/SIDA », en 2015, on n'attendait l'Afrique qu'en 2040. C'est donc dans un sursaut de refus de rester en arrière qu'ils ont lancé l'enseigne « Afrique 2015 », étant convaincus qu'il est possible, en accélérant le processus sur le continent, d'y arriver en même temps que les autres. Pour autant, constatant que le public est peu informé de ces objectifs, des acteurs de la société civile, du monde des arts, de la musique, du sport ou du cinéma ont manifesté leur engagement à travers une campagne panafricaine à travailler avec « tous ceux qui veulent traduire les OMD dans la réalité quotidienne et à obtenir des résultats concrets d'ici à 2015.
C'est ainsi qu'avec ce cri du coeur, ils ont lancé le slogan « pour une génération sans Sida », tout en maintenant tous les objectifs du millénaire qui devront être déclamés partout. Djibril Diallo a ainsi expliqué comment les musiciens se sont mobilisés derrière leur doyen Manu Dibango, qui fête en même temps ses 70 ans, et derrière l'ambassadeur du Pnud Baaba Maal, ainsi que d'autres gosses pointures, pour produire, dans un premier temps, une chanson intercontinentale de lancement. Au même moment, les sportifs profiteront de la CAN 2004, à Tunis, pour commencer dans leur pays d'origine à mener campagne pour Afrique 2015 et contre le Sida. À cet égard, Mohamed Ndao Tyson du Sénégal est en train de constituer un groupe de lutteurs qui vont relever le défi. Les cinéastes ne seront pas en reste, autour de Cheikh Oumar Cissokho du Mali, a conclu Djibril Diallo qui en appelle aux communicateurs qui devront jouer leur partition. Parce que, a-t-il dit, « lorsqu'il s'agit du Sida, chacun est concerné ». Elhadji Baaba Maal s'est réjoui de la participation de Manu Dibango dont il dit qu'il les a tous inspirés « sur le plan artistique, mais aussi par l'africanité ». L'artiste a tenu à préciser qu'en dépit des guerres et de tout, « l'Afrique garde encore l'espoir ». Et c'est dans ce sens qu'il a inscrit son engagement en citant Nelson Mandela, selon qui « lutter contre la pauvreté, c'est lutter contre le Sida ». Quant au maître du makossa, qui a eu droit à toute l'attention du public et des journalistes, il a d'abord replacé le contexte dans un triple anniversaire : celui des 25 ans d'Africa-Fête ; celui de son passage à la salle mythique de l'Apollo, en 1973 et ; celui de ses 70 ans ». Pour l'auteur de « Soir au village », il s'agit d'abord de mettre en chantier la chanson, une compilation à laquelle toutes les voix et divers styles vont contribuer. « Ça nous savons le faire »,a-t-il dit, en demandant aux journalistes d'en relayer les messages. Plus important encore, Manu Dibango estime qu'il s'agit d'y mettre l'esprit et d'y croire. Ensuite « si le monde entier chante la chanson, on aura gagné », a-t-il conclu avec humour. Didier Saintrix a dit l'honneur qu'il a de participer aux côtés de ses aînés, alors que les musiciens Ndongo Lô et Alioune Mbaye Nder ont réitéré leur engagement aux côtés de Mamadou Konté, l'initiateur d'Africa-Fête qui a eu droit à un hommage appuyé. Un réseau est donc en place à partir du bureau des communications du PNUD, à New York, qui reliera tous les directeurs de la communication dans les différents bureaux du système des Nations Unies disséminés à travers le continent. On n'attend plus que la chanson qui pourrait être de la même veine que celles des campagnes « We are the World » ou « Tam-tam pour l'Ethiopie ».
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