Fraternité Matin (Abidjan)
F. M . B
6 Décembre 2003
Abidjan — Il est peut-être trop tôt pour crier victoire. Au lendemain de la réunion de Yamoussoukro, la perspective d'un retour immédiat à la paix et à la réunification du pays reste encore floue. Deux réactions en provenance des Forces nouvelles n'incitent pas à un optimisme béat.
Le jour même de la tenue de la réunion, soit jeudi, dans un communiqué rendu public, Konaté Sidiki (porte-parole des Forces nouvelles) signifiait que les décisions énoncées ou annoncées n'avaient pas encore l'adhésion des Forces nouvelles. Avec détachement, non seulement il banalise, mais n'accorde aucun crédit à ces informations parvenues "dans certaines rédactions tendant à faire croire que des décisions ont été prises pour le désarmement des Forces nouvelles à compter du 15 décembre 2003". Car, pour lui, rien, pour l'instant ne les engage dans la mesure où "les propositions qui ont été faites au cours de cette réunion seront examinées lors du prochain conclave des instances de décision des Forces nouvelles".
Le colonel Soumaïla Bakayoko, chef d'état-major des Forces armées des Forces nouvelles, a aussi joué les rabat- joie. Hier, sur les antennes de la Radio mondiale, le chef d'état-major des FAFN a émis des réserves sur ce qui est apparu, à la lecture du communiqué final, comme points d'accord. Sur le désarmement, il a relevé les difficultés techniques concernant l'aménagement ou la réhabilitation des dix-sept sites choisis dont neuf en zone rebelle; ce qui en fait un processus long.
Pour le retour des huit ministres issus de la rébellion, le colonel Bakayoko a mentionné qu'il reste subordonné à la satisfaction des conditions soulevées par le secrétaire général, Soro Kigbafori Guillaume, à savoir la reprise de la nomination des ministres de la Défense et de la Sécurité, la délégation pleine et entière des pouvoirs au Premier ministre et subsidiairement la démission du Président Laurent Gbagbo.
Les rebelles ont le beau rôle. Le communiqué final, certes lu par les lieutenants-colonels Yao Yao Jules (FANCI) et Bamba Sinima (FAFN), mais, contrairement à la déclaration commune du 4 juillet dernier, il n'a pas été signé. De sorte qu'ils font déjà semblant de ne pas se reconnaître dans les engagements pris à Yamoussoukro. De ce fait, rien ne semble donc joué. Et tout Reste encore possible.
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