Libération (Casablanca)

Maroc: Festival international de danse de Casablanca : la chorégraphe belge Michèle Noiret présente «Stockhausen»

Alain Bouithy

8 Décembre 2003


La chorégraphe et interprète Michèle Noiret présentera «Stockhausen» le 10 décembre courant à 20h, au Complexe Moulay Rachid, dans le cadre du Festival international de danse de Casablanca.

«Stockhausen» est un spectacle de danse riche qui requiert une rigoureuse maîtrise du corps au service d'une imagination créatrice. Michèle Noiret qui aime à surprendre le spectateur et se surprendre elle-même, développe à travers cette prestation, une chorégraphie d'une extrême précision avec une parfaite maîtrise et une présence fascinante.

Son travail chorégraphique s'intéresse aux nouvelles technologies qu'elle met au service de la danse et de l'imaginaire, sans jamais succomber à la tentation de l'effet démonstratif. Les « Nouvelles technologies ne sont que des instruments qui permettent d'aller un peu loin dans le propos et dans l'imaginaire, d'explorer par exemple de nouveaux rapports entre danse, image et musique. Je ne l'utilise jamais de manière évidente, le but n'est pas démonstratif », confie-t-elle aux médias.

Fille de Joseph Noiret, poète, écrivain, co-fondateur du mouvement expérimental Cobra, Michèle Noiret fit ses études à l'école Mudra fondée à Bruxelles par Maurice Béjart. Elle a 16 ans lorsqu'elle y rencontre le compositeur allemand Karlheinz Stockhausen. Sa longue collaboration avec ce dernier l'a mise à l'épreuve d'une immense personnalité musicale, ce qui lui a permis d'explorer corporellement le système de notation inventé par le compositeur et dont elle s'est faite l'interprète durant une quinzaine d'années. Cette expérience, dira-t-elle plus tard, l'aurait profondément marquée au point d'influencer sa gestuelle.

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Grâce à une recherche expérimentale et à une rigueur au travail, Michèle Noiret passe du stade d'interprète à celui de chorégraphe et s'ouvre à d'autres disciplines artistiques comme les arts plastiques, les métamorphoses de l'espace scénique (architecture, scénographie).

La chorégraphe belge fonde sa compagnie en 1986. Après une quinzaine d'années de création au cours desquelles elle explore, scrute l'univers du langage chorégraphique et, collabore avec divers artistes plasticiens et compositeurs, elle décide de retrouver l'univers musical de Karlheinz Stockhausen.

Michèle Noiret que le Théâtre Les Tanneurs a accueillie en résidente à Bruxelles depuis septembre 1999, compte à son actif plus d'une vingtaine de productions chorégraphiques. Parmi ses créations, on peut citer notamment : «Le Crevèche» (1987), «Vertèbre» (1989), «Louisiana Breakfast» (1990), «L'espace oblique» (1991), «Avna» (1993) et «Tollund» (1994).

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