Délon's Zadé
8 Décembre 2003
L'article 27 de ce décret place sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur les universités publiques et privées et les grandes écoles publiques et privées.
L'article 29 du même décret stipule à ses alinéas 7 et 8 que le ministère de l'Enseignement technique et de la formation professionnelle a "la tutelle des grandes écoles techniques privées et s'occupe du suivi de l'organisation et du fonctionnement des grandes écoles techniques privées". Cette disposition de l'article 29 a fait penser au rebelle-ministre Youssouf Soumahoro qu'il avait la gestion de toutes les écoles techniques et professionnelles. Mais l'annexe qui accompagne le décret détermine les structures sous tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur. Et parmi ces structures, outre les universités de Bouaké et d'Abidjan, les Crou, l'ENS, l'ENSEA, le CAMPC, L'INP-HB, les URES de Korhogo et de Daloa, se trouvent en bonne place le Celia de Treichville, les CBCG et l'IPNETD. Contournant l'annexe, le rebelle-ministre Youssouf Soumahoro a démis de leurs fonctions les directeurs des CBCG d'Abidjan et de Daloa et du CELIA pour, dit-il, mauvaise gestion. Malgré les injonctions à lui faites par le cabinet du ministère de l'Enseignement supérieur, Youssouf Soumahoro soutient à toutes les tribunes que ces chefs d'établissement (qui ne dépendent pas de lui) partiront. Pour comprendre cet acharnement, il faut savoir que ces établissements engrangent de fortes sommes d'argent. Prenons, par exemple, le cas du CBCG de Cocody qui accueille au moins 3000 étudiants. Si chaque étudiant paie 165.000 FCFA, cela fait 495 millions à l'inscription. Ces chiffres rapportés aux autres établissements totalisent plusieurs centaines de millions.
Or selon des sources proches du cabinet, le ministère a convoqué au mois de septembre les intendants et économes des établissements pour leur ordonner de verser les fonds-écoles à M. Koné Moussa, son chef de cabinet. En réalité, cette décision a été prise, selon notre source, parce que le directeur des Affaires administratives et financières (DAAF), M. Gilbert Assi qui, jusque-là gérait ses fonds, refuserait de tomber dans les petites combines. Aujourd'hui, la preuve est établie que c'est M. Koné Moussa qui gère l'argent des inscriptions des élèves et étudiants. Un chef d'établissement a même confié ceci : "le ministre Soumahoro veut s'enrichir rapidement et illicitement. Cela transparaît dans les nominations".
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