Guillaume T. Gbato, envoyé spécial à Lomé
8 Décembre 2003
"Quand j'étais venu à Abidjan pour présider une réunion avec les partis politiques ivoiriens, j'avais dit ceci : Quand on a un héritage, si on ne peut pas l'améliorer, il faut éviter de le détruire.
Je continue de le penser. C'est pourquoi j'ai insisté auprès des hommes politiques ivoiriens pour qu'ils tiennent les militaires à l'écart de leurs querelles. Il ne faut pas mélanger les deux". Vendredi dernier, à l'hôtel 02 février à Lomé, le président Eyadema répondait ainsi à la délégation de chefs traditionnels ivoiriens allée solliciter de sa part une plus grande implication dans la résolution définitive de la crise ivoirienne.
"Nous sommes venus supplier le président Eyadema de prendre son bâton de pèlerin pour rapprocher ses frères de la rébellion et le reste de la Côte d'Ivoire", a déclaré, au nom des chefs traditionnels, nanan Amichia Jacob, roi de Tiapoum. A cette requête des têtes couronnées ivoiriennes, le chef de l'Etat togolais a donné une réponse positive. rappelant les efforts personnels qu'il avait déjà faits, notamment dans le cadre des négociations de Lomé, le président Eyadema s'est dit optimiste. "Nous sommes au bout du tunnel", a-t-il lancé à l'endroit de la délégation ivoirienne.
Au cours de cette cérémonie, MM. Dahouet Augustin, petit-fils du président Félix Houphouet Boigny, et Koffi Koffi Jean Etienne, président de l'Union fraternelle des peuples de l'Afrique de l'Ouest, ont tour à tour rendu hommage au chef de l'Etat togolais pour son action en faveur de la paix dans la sous-région. Au terme de la rencontre, M. Koffi dont la structure était l'initiatrice de cette visite n'a pas caché sa joie devant la promesse d'une implication plus grande du président Eyadema dans la résolution de la crise après la fin prématurée des négociations de Lomé restée comme un os dans la gorge des autorités togolaises et de tous les défenseurs de l'amitié ivoiro-togolaise.
"Nous avions déjà tout obtenu. Tout ce dont on parle aujourd'hui avait déjà été acquis par le président de la République. A savoir, l'intégrité territoriale, le maintien du président Gbagbo, la loi d'amnistie, tout ça, on l'avait déjà. Quand, aussi bien les rebelles que le président Fologo ont demandé à aller faire les fêtes de Noël à Abidjan alors qu'on les attendait ici, on a appris qu'ils sont allés ailleurs", a commenté le ministre de la Défense, Hassani Tidjani, au cours du déjeuner offert à la délégation ivoirienne après la cérémonie. Rappelant que le président togolais ne voulait que la paix pour la Côte d'Ivoire. Rien d'autre.
Au terme de la visite, des sources proches du président de l'UFRAPAO faisaient état d'une prochaine visite en Côte d'Ivoire du chef de l'Etat togolais qui est pourtant apparu très affaibli physiquement. Et qui, de ce fait, n'a pu recevoir en sa résidence de Lomé II les chefs traditionnels et la presse ivoirienne comme le prévoyait le programme initial.
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