Lakhdar Siad
9 Décembre 2003
interview
Depuis la très large victoire ramenée d'Oum El Bouaghi face à l'US Chaouia, l'ambiance au sein du onze phare du Djurdjura semble se détendre et la sérénité s'installer définitivement au sein de Canaris qui apprennent à voler de leurs propres ailes. Oubliés le semi-échec de Chlef et les soucis d'un coach qui s'impose petit à petit à la barre technique et redonne le goût de gagner à une équipe désormais de retour au premier plan. Aït Djoudi, qui dit maîtriser son sujet et surtout sait où il va, parle des ambitions d'un club qui retrouve sa véritable place au sommet de la hiérarchie nationale
Quelle appréciation faites-vous de la situation de la JSK en cette fin de la phase aller ?
Je pense que, dans l'ensemble, nous avons réalisé un bon parcours. Jusque-là, on a eu de bons résultats. Faut-il rappeler que la JSK a vécu cette saison une période difficile avec l'élimination en coupe de la CAF qui a porté un coup au moral du groupe, puis cette intersaison où on n'a pas été brillants. Des paramètres qui ont fait que l'équipe commençait à douter. Mais, el hamdoullah, on a pu reprendre la sérénité. On a engagé chez les joueurs une certaine joie de jouer.
La JSK a perdu sa coupe de la CAF cette saison, un mot sur cet échec
Il faut dire qu'il y a eu un certain épuisement. Quand on joue quatre fois la même coupe, ce n'est pas toujours facile de se maintenir au sommet. C'est une tâche très dure pour tout le monde de remporter la coupe de la CAF quatre fois consécutivement. Psychologiquement, la JSK ne pouvait pas tenir le coup.
Pour revenir un peu en arrière, quel bilan faites-vous de votre passage à l'USMA et la suite malheureuse du parcours de votre ex-club en Champions' League qui a échoué aux portes de la finale ?
Je dirai el hamdoullah. J'ai eu cette chance et cette occasion d'être impliqué et mêlé à l'une des meilleures périodes de l'USM Alger. On a quand même gagné une coupe d'Algérie, le championnat national et assuré ensemble la qualification aux quarts de finale de la League. Les dirigeants de l'USMA ont fait leur choix et préféré rompre notre relation de travail, c'est leur droit. Cela dit, je pense que l'USMA pouvait remporter cette coupe, car, et il faut le dire, les potentialités pour un tel défi existent au sein du club et lui permettaient de gagner le trophée. Malheureusement, il y a eu beaucoup de maladresses et de malchance.
Peut-on connaître la durée de votre contrat avec la JSK ?
C'est un contrat à durée indéterminée. Je suis venu à la JSK les yeux fermés. Je suis un enfant de la région et c'est mon club. C'est pour cette raison que je n'ai fait aucun calcul en y venant. Je me suis engagé pour un objectif commun à réaliser. On verra après.
On voit que la JSK continue de recruter des attaquants malgré la disponibilité de jeunes promus. Une raison ?
On doit songer à recruter des attaquants parce qu'il y a quand même un manque sur le plan offensif. Dans l'ensemble, et pour cette saison, on est à la recherche de deux autres attaquants. Les contacts établis sont en bonne voie. Il y a une concertation avec le président concernant ces éventuelles recrues.
Le fair-play ne domine toujours pas la scène footbalistique nationale, notre pays à un retard
Le fair-play est une culture à promouvoir et à pratiquer dans la réalité. Je crois que c'est à nous, éducateurs, de donner le meilleur exemple en étant strict quant à son respect par nos joueurs. Il faut relever qu'il y a des sanctions exemplaires prises cette saison en championnat, ce qui est déjà un bon point. C'est une sorte de précaution et je pense qu'on arrivera ainsi à réaliser quelque chose dans ce domaine.
Etes-vous pour un entraîneur étranger à la tête de l'équipe nationale ?
Qu'il soit étranger ou national, il faut choisir le meilleur technicien. Notre football a besoin d'un redressement, on doit y mettre le paquet pour le faire. Les entraîneurs nationaux doivent être encouragés et aidés à se recycler. La fédération (FAF) doit s'intéresser de près à cette perspective.
Un mot sur le public de la JSK
Le public de la JSK est exigeant et c'est son droit. Quand on voit que toute la Kabylie est derrière son équipe, on ne peut que lui offrir de la joie en contrepartie.
On vous laisse conclure
Je pense que les gens ne doivent pas nous juger sur un simple match, une performance ou un échec. Il y a un travail qui se fait, la restructuration du club est en bonne voie car des gens travaillent pour maintenir la JSK au plus haut niveau. Nous avons besoin d'aide pour y arriver et comptons sur la patience de nos supporters.
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