Ben Cheikh
9 Décembre 2003
« Au creux de la vague, il y a encore plus d'un an que les réceptifs hôteliers du Sénégal sont frappés de plein fouet par des retombées causées par le conflit casamançais et les effets désastreux d'une indéterminable agitation politico-sociale à travers le monde. Mais c'est avec beaucoup de stratégie et au prix de mille et un sacrifices que les chefs d'établissements hôteliers du Sénégal notamment ceux de la station balnéaire de Saly Portudal ont réussi à sortir la tête de l'eau ».
Ces propos sont de Ousmane Masseck Ndiaye, ministre du Tourisme, qui a ouvert un séminaire national axé sur le recyclage et la formation de plus de 300 guides touristiques venus de toutes les régions du Sénégal. C'était à Saly Portudal. Après avoir dégagé les tenants et les aboutissants de ce séminaire, M. le ministre a mis l'accent sur le grand intérêt que revêt cet évènement pour les professionnels et les observateurs du tourisme. Il a évoqué les motifs qui ont conduit à organiser cette rencontre, entre autres les comportements malsains qu'ont certains guides touristiques vis-à-vis des touristes, comportements qui n'honorent pas notre pays. Ces guides doivent tenir compte de ces remarques pour améliorer leur façon de travailler en faisant preuve d'une nouvelle prise de conscience, de changer de méthode de travail et de savoir-faire pour mériter la confiance du gouvernement, des hôteliers et des professionnels du tourisme.
Ce n'est qu'en ce moment que les guides touristiques joueront pleinement leur rôle d'ambassadeurs parce qu'étant des interprètes entre les touristes et les populations que ces touristes rencontrent. C'était une occasion pour le ministre de rendre hommage à M. Sakho qui oeuvre pour la consolidation des acquis réalisés à Saly. Il révèle que le balnéaire est le produit le plus recherché au Sénégal où les 54 % des nuitées globales enregistrées il y a deux ans dans les réceptifs des régions de Thiès et de Ziguinchor ont quintuplé en 2003. C'est l'étude d'impact du tourisme sur l'économie sénégalaise par l'OMT que gain obtenu de ce domaine par notre gouvernement porte sur 273 milliards de francs, à cela s'ajoute la production totale tirée de ce secteur qui génère aussi une valeur ajoutée de plus de 140 milliards de francs d'où une participation à la formation du produit intérieur brut courant qui est de 4,6 %, la même source révèle que ce secteur a également créé en deux ans près de 75 000 emplois non salariés en provenance du secteur public des entrées fiscales directes d'un montant de plus de 27 milliards de francs d'où l'essor du tourisme qui n'est plus à démontrer au Sénégal. M. Barham Dianka, cadre de formation hôtelière, a précédé à M. le ministre par un module axé sur l'aspect technique et scientifique du programme établissant les contenus comme termes de références pour les séminaristes.
Le président national des guides touristiques du Sénégal, Abdoulaye Mboup, a salué la tenue par les autorités de ce séminaire qui ont la volonté d'assainir leur profession qui du reste est incontournable dans le système actuel, il a mis l'accent sur la délicatesse de leur profession mais combien noble et exaltante, dans la mesure où le travail qui leur est assigné se fasse dans le respect, la discipline avec dignité, il a aussi souligné les rapports de bon voisinage et de partenariat qui doivent exister entre les hôteliers, les touristes et les responsables des agences de voyage. Il ne fait pas de doute que le tourisme est un des facteurs qui favorisent le brassage des cultures, il est courant de voir des touristes faire du social lors de leur séjour. Abdoul Aziz Guèye conseiller technique au ministère du tourisme a qualifié ce secteur d'industrie de voyage devenu une activité où tous les états sont parties prenantes, pour lui notre pays ne fait pas l'exception dans la mesure où il s'est ouvert au tourisme international depuis l'indépendance.
Il n'était pas question, pour Abdoul Aziz Guèye, de procéder au classement dans un ordre quelconque des pays émetteurs de touristes ves le Sénégal, mais il était aussi nécessaire d'identifier les performances des uns et des autres en matière d'émission du flux, dira en outre le conseiller technique du ministre, qui a rappelé qu'environ 50 % des arrivées internationales proviennent de la France, d'où la nécessité de savoir que notre pays reste tributaire du marché de l'ancienne vieille patrie. La dernière intervention faite avant la rédaction de la résolution générale formelle sur la nouvelle voie que les guides doivent suivre au terme de ce séminaire portant sur le tourisme, environnement, industries culturelles. Pape Massène Sène, conseiller technique au ministère de la Culture, a traité divers sujets annoncés, axés entre autres sur la richesse de la production de l'habitat, de l'art et de l'artisanat, des traditions orales, des lieux de mémoire, des sites touristiques et du patrimoine naturel.
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