Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Presse et personnes vivant avec le vih/sida : la responsabilité du journaliste en question

9 Décembre 2003


En perspective de la 6ème Conférence internationale sur la prise en charge communautaire et à domicile des personnes vivant avec le Vih (Pvvih) qui débute aujourd'hui mardi 9 décembre à l'hôtel Méridien Président de Dakar, le comité média de cette rencontre a convié les journalistes à un atelier national d'orientation, samedi dernier 6 décembre, au Service national de l'éducation pour la santé.

Deux objectifs étaient visés à travers cet atelier. C'est d'abord le renforcement des connaissances des journalistes sur la prise en charge communautaire . Vient ensuite la communication de tous les éléments utiles sur le programme scientifique de cette conférence en vue d'une bonne couverture événementielle et thématique. Sur ce dernier point, on constate, que face à la complexité de la maladie, les médecins eux -mêmes ont évolué dans leur langage.

Le Sida, c'est connu de tous, est une maladie incurable, la plus dangereuse que l'humanité ait connue. Sa progression inquiète de plus en plus l'humanité menacée à travers sa reproduction. Mais curieusement, la maladie est toujours taboue dans certains pays, principalement en Afrique, et particulièrement le Sénégal. Son taux de prévalence national estimé à 1,4% et jugé faible en comparaison à d'autres pays ne doit pourtant pas pousser les Sénégalais à dormir sur leurs lauriers.

C'est tout le sens qu'il faut donner à l'atelier que le comité média de la 6ème conférence internationale sur la prise en charge communautaire et à domicile des Pvvih, a organisé samedi dernier. Le but visé est " obtenir une meilleure participation des médias à la création d'un environnement favorable à la prise en charge communautaire et à domicile des Pvvih, par une amélioration des contenues et des formats d'information ".

Les objectifs spécifiques de cet atelier sont : le renforcement des connaissances des journalistes sur la prise en charge communautaire et à domicile des Personnes vivant avec le Vih (Pvvih), l'accroissement de la prise de conscience par les médias de leur impact lorsqu'il s'agit de favoriser l'amélioration de leur qualité de vie et de leur entourage, et rappeler les enjeux éthiques etc.

C'est à cet effet que les journalistes ont été invités à suivre, Mademba Ndiaye, El Bachir Sow et Tidiane Kassé qui ont aminé respectivement des thèmes sur les responsabilités du journaliste, les médias et le respect des droits des Pvvih et les médias et les changements sociaux.

Ils ont tous appelé les journalistes à plus d'engagement dans la croisade contre la pandémie du Sida. La cible est déjà identifiée. Alors tirons tous dans le même sens : acteurs politiques, Pvvih et leur environnement. Mais parmi toutes ces personnes, c'est le journaliste qui est le plus interpellé, parce qu'ayant une grande part de responsabilité. C'est pourquoi, ils sont appelés à " briser le silence ".

Pour Mademba Ndiaye, il est temps de faire un choix. Mademba Ndiaye remonte dans l'histoire de l'occupation française en 1940 par les nazis pour expliquer le rôle du journaliste français qui devait opter entre être un collaborateur ou lutter contre l'occupant. S'inspirant de cet exemple de la seconde guerre mondiale, il relève trois types de responsabilité dont celle dite personnelle du journaliste et relative à son engagement.

Sur ce, dira t-il ; " c"est une pandémie qui s'attaque à la reproduction de l'espèce humaine. Face à cette ampleur, la responsabilité du journaliste est engagée et elle change radicalement de perspective ". Parce que selon Mademba Ndiaye, " il ne doit plus se contenter d'informer le monde pour qu'il sache. On n'est loin du recul que prend la déontologie classique ".

Ensuite, note t-il, il y a " responsabilité lorsqu'il s'agit de prendre partie pour des groupes résolument dominés ".

Enfin , il soutient qu'il y a une autre responsabilité liée dans les engins internationaux.

Le journaliste a, dit-il, " le droit de faire entendre sa voix lorsqu'un pays européen déclare que le sang d'une personne ayant séjourné pendant un certain temps en Afrique ne peut être admis dans les laboratoires. C'est le cas lorsque des médecins vendent à Kolda des Anti retro viraux à 5000 F Cfa ou encore lorsque la radio 1000 collines (au Nigeria, Ndlr) appelle à l'extermination d'une ethnie ".

El Bachir Sow quant à lui, a essayé de répondre à la question : Que faire quand on veut aider les malades tout en respectant leur vie privée ? Il s'est inspiré de l'exemple malien où on a décoré à l'ordre national des Pvvih qui ont décidé de vivre pleinement leur maladie. Notre confrère conclut par le proverbe wolof " nit, nit ay gara bam " (l'homme est le remède de l'homme).

Tidiane Kassé pense qu'il y a une manière de dire ce qu'il ne faut pas taire avant de se s'interroger sur la responsabilité sociale du journaliste . Notre confrère pense alors que l'information utile doit impliquer la société. Avant de poursuivre : " Pour changer les comportements, il faut sortir de certaines attitudes typées et dépasser les comptes-rendus ". Parce que dit-il " le journaliste n'imagine jamais que l'effet son papier peut-il avoir sur la population ".

Concepts clefs pour une meilleure prise en charge des Pvvih

Après l'appel à cette forme d'engagement lancée par les confrères, le Dr. Pape Salif Sow, président du comité scientifique de la sixième conférence internationale des Pvvih est revenu sur quelques concepts devant faciliter une meilleure compréhension devant déboucher sur les angles de traitement possibles.

C'est à cet effet qu'il va parler de Continuum des soins (continuité des soins) qui est une chaîne de prise en charge des Pvvih. Selon le Pr. Sow, " après le dépistage, il faut un suivi et un accompagnement psychosocial ".

C'est donc avec l'aide de toute une équipe multidisciplinaire qui les Pvvih vont vivre pleinement leur vie. Ensuite, intervient l'Adhésion qui est une motivation du sujet à accepter son statut, de vivre sa vie, de prendre ses médicaments. A ce stade, on dit qu'il est adhérent.

L'Observance, elle, est l'adéquation entre les comportements et les résultats cliniques obtenus sur le plan de la charge virale et le plan huminologie. Ce qui fait qu'elle est considérée comme le résultat de l'adhésion. Le Pr. Sow a également révélé l'utilité de Soins palliatifs qui sont donnés aux Pvvih. Ces soins, dit-il, " permettent de lutter contre les infections opportunistes qui profitent de l'état défectueux du malade pour le diminuer davantage ". Avant de terminer par la Médiation qui est un ensemble d'activités de facilitation.

L'équipe du Pr Mamadou Ndoye de Dantec réussit un exploit

PREMIERE SEPARATION DE SŒURS SIAMOISES EN AFRIQUE DE L'OUEST

L'équipe chirurgicale du professeur Mamadou Ndoye, chef de service de chirurgie pédiatrique du centre Hospitalier Université le Dantec de Dakar, a procédé le 2 décembre dernier à une séparation de soeurs siamoises, indique un communiqué du Centre hospitalier universitaire Le Dantec.

" Ces jumelles conjointes nées au Centre de santé Philippes Maguiléne Senghor de Yoff le 26 novembre dernier d'une mère multipare étaient unies au niveau de la région ombilico sternale ", indique le communiqué.

Le professeur Mamadou Ndoye, signataire du communiqué, précise que " c'est une malformation extrêmement rare (un cas pour 50 à 100 000 naissances vivantes) . Et à notre connaissance, c'est le premier cas de séparation réalisé avec succès dans la région ouest africaine ".

Selon les indications données, l'opération a nécessité la mobilisation de six médecins anesthésistes réanimateurs et quatre chirurgiens. " Bien que délicate et munition, elle s'est très bien passée ", commente le Professeur Mamadou Ndoye. Après un séjour de 72 heures en réanimation, les enfants ont été transférés à l'unité de néonatologie du service de chirurgie pédiatrique où ils ont repris une alimentation au lait maternel, note t-il.

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