Rousseau-Joël Foute
9 Décembre 2003
Le secteur représente l'activité industrielle la plus répandue au Cameroun. Mais la qualité du pain et des pâtisseries est à améliorer.
Le pain figure parmi les aliments les plus consommés dans les centres urbains du Cameroun. Généralement, il se consomme le jour même de la production. Pendant les prochaines fêtes de fin d'année, la consommation des produits issus des boulangeries va croître de façon significative. La multiplication des boulangeries dans les deux principales villes que sont Yaoundé et Douala témoigne de la grande vitalité de cette filière.
L'étude diagnostique de la compétitivité de l'économie camerounaise qui vient d'être réalisée révèle que la boulangerie est l'activité industrielle la plus répandue au Cameroun. En 1995 déjà, l'on a dénombré 235 unités de boulangeries et pâtisseries, soit un tiers de petites et moyennes industries (PMI). En dehors des provinces anglophones où les unités informelles de fabrication du pain sont nombreuses, les unités informelles dans le secteur des boulangeries et des pâtisseries sont surtout constituées de petits fabricants et vendeurs de beignets. En 1994, d'après l'étude, on dénombrait environ 4 500 unités informelles de fabrication de beignets et de pain, employant 15 000 personnes.
Les statistiques relatives à la demande ne sont pas récentes. En 1993 en effet, d'après les données disponibles, la demande potentielle des produits de boulangerie est estimée à 49 milliards de F CFA, soit près de 2% de la consommation finale des ménages. Douala et Yaoundé, les deux métropoles, absorbent 46% de la demande urbaine des produits de boulangerie, soit près de 16% de la demande totale. C'est dire que la demande des produits de boulangeries est largement influencée par le phénomène d'urbanisation. Ainsi, la consommation des ménages est faible en proportion dans les provinces faiblement urbanisées ( Adamaoua, Est, Sud, et Sud-Ouest).
Le pain est principalement concurrencé par les beignets de farine, le poids des autres produits étant négligeable. Malgré l'élaboration il y a quelques mois des normes relatives à la production du pain par le ministère du Développement industriel et commercial, la qualité de cet aliment, notamment sa légèreté, laisse parfois à désirer. Interrogés, les boulangers avancent un certain nombre de raisons. D'abord la crise de liquidités. Il faudrait souligner à ce niveau que les principaux équipements de production des boulangeries sont le four et le pétrin, et qu'en 1995, le prix moyen d'un four était estimé à 25 millions de F CFA. C'est la principale barrière financière à l'entrée de cette filière. Le prix du pétrin se chiffre en moyenne à sept millions de F CFA. A ces équipements, il faut ajouter deux à trois véhicules de distribution. Les autres problèmes sont liés au coût élevé des consommations intermédiaires, notamment de la farine, de l'électricité et des transports, l'atomicité du marché, la fiscalité élevée, et la concurrence déloyale des producteurs clandestins.
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