Sadibou Marone
10 Décembre 2003
Si les structures de base que sont les Facultés et les écoles supérieures parviennent à mettre en place, d'ici au mois d'octobre prochain, de nouvelles offres de formation, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar va basculer dans le " système LMD ". C'est le sigle de Licence-Master-Doctorat. L'UCAD ne va ainsi délivrer que ces trois diplômes, selon les révélations fournies par son directeur de l'Enseignement et de la Recherche, Abdou Karim Ndoye dans un entretien exclusif qu'il nous a accordé lundi dans l'après-midi.
Il en a profité pour décliner les enjeux de cette réforme dont les objectifs " sont prospectifs et novateurs ". Abdou Karim Ndoye les résume en plusieurs termes : Il y a d'abord la nécessité de " rénover et moderniser le système pédagogique ". A cela, M. Ndoye ajoute la volonté du Rectorat de mettre en place un cursus de formation souple et performant, " de caractère académique fondamental ou professionnalisant ". Ce cursus offre à tous les niveaux la possibilité à l'étudiant de s'insérer dans le tissu économique. Il instaure également un système de contrôle continu des connaissances et " renforce les capacités méthodologiques et communicationnelles de l'étudiant, en le préparant à l'insertion dans l'activité économique ". Cette réforme que les nouvelles autorités du Rectorat de l'UCAD veulent mettre en place a beaucoup d'enjeux comme le reconnaît Abdou Karim Ndoye. Elles ont d'ailleurs profité de l'Assemblée de l'université du 30 juillet dernier pour la partager avec les différents doyens et directeurs d'écoles supérieures. Le 8 novembre, la direction de l'Enseignement et de la Réforme a présenté le projet en conseil restreint et, une semaine plus tard, aux chefs de départements, assesseurs, responsables syndicaux et représentants d'étudiants. Abdou Karim Ndoye se dit convaincu que la mise en place de cette réforme permettra à l'UCAD " d'enseigner et d'évaluer autrement ".
Pour cela, explique-t-il, il nous faut nous appuyer " sur les espaces pédagogiques, les centres de ressources, favoriser le développement de l'autonomie des étudiants, et introduire les technologies de l'information ". Selon lui, cette réforme fédère toutes les initiatives. " C'est aussi une réponse aux besoins exprimés déjà par l'université et au-delà par toutes les conférences organisées sur l'enseignement supérieur ", ajoute notre interlocuteur. L'architecture de cette réforme se présente comme suit : à partir du baccalauréat, l'étudiant peut atteindre trois grades dans ses études supérieures. Ces grades équivalent aux types de diplômes. Ce sont la Licence après trois années d'études supérieures, le Master après cinq années et le Doctorat après 8 ans. La Licence et le Master s'obtiennent après un certain nombre de semestres successifs durant lesquels l'étudiant va suivre la formation qu'il aura choisie. Les enseignements sont regroupés en un certain nombre de crédits. Un diplôme est constitué d'un ensemble d'unités d'enseignement, chacune affectée d'un nombre de crédits.
L'ensemble des unités d'enseignement qui conduisent à une mention et une spécialité constitue un parcours. Les parcours de chaque diplôme sont découpés en semestre. L'ensemble des unités d'enseignement proposées chaque semestre totalise 30 crédits. Les unités d'enseignement sont " créditables et capitalisables ", c'est-à-dire transférables dans l'espace et le temps, indique M. Ndoye. L'étudiant passe en deuxième année après avoir validé 60 crédits. S'il ne les obtient pas tous, il passe les épreuves de la session de rattrapage. Au bout de six semestres (trois ans) il est supposé obtenir 180 crédits, donc son diplôme de licence. Si l'étudiant décide de poursuivre ses études pour obtenir un Master, il devra suivre une formation de 4 semestres supplémentaires (2 ans) qui lui rapporteront les 120 crédits nécessaires à l'obtention de ce diplôme et grade. Le Master offre des formations ciblées. L'accès aux écoles doctorales est conditionné par la possession d'un Master avec les mentions requises.
Tout ce schéma fait dire à Abdou Karim Ndoye que cette " réforme est globale et va toucher les contenus ". Il est, dès lors, important d'actualiser les programmes d'enseignement, " avoir des descriptifs lisibles partout et adopter des modes d'évaluation comme ceux des universités performantes du monde ". Dans le dispositif LMD, les formations universitaires sont proposées par des Unités de Formation et de Recherche (UFR). Par exemple on pourrait dire UFR de Lettres, Langues et Sciences Humaines (LLSH). Les UFR sont structurées en domaines comme : Lettres et langues (LL) et Sciences Humaines et Sociales (SHS). Pour les autorités rectorales qui sont actuellement dans une perspective de partage, de sensibilisation et de débat avec tous les acteurs de la communauté universitaire, l'UCAD qui a une vocation sous-régionale " ne peut pas être en marge des mutations du monde ".
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