Pr- Mbaye FAYE
11 Décembre 2003
Au moment où quelques milliards de la population, sur la planète, vivent dans un dénuement total et une pauvreté criarde, la science doit se tourner davantage vers les aspirations de la société pour un meilleur devenir, un mieux être.
La réflexion pourra se tourner autour de quelques axes: Alphabétisation scientifique, développement et production nationale par les nationaux: En effet, des problèmes cruciaux de sous-développement comme la pandémie du sida, le Paludisme qui nous guette d'avantage, les problèmes de malnutrition d'analphabétisme constituent un Grand frein à la société. Ainsi, avec l'alphabétisation pour tous, dans le formel comme dans l'informel (c'est-à-dire au niveau des E.C.B = classes ou écoles communautaires de base et dans les C.A.F ou classes d'alphabétisation fonctionnelle, on quitte les ténèbres pour accéder à la lumière d'épanouissement et de développement, une fois la formation initiale à l'écriture et à la lecture acquise avec sa langue maternelle. Cette formation initiale amorcée et bien entretenue, il faut démultiplier à la base tout en pensant à une formation continue des formateurs. Ainsi, le premier séminaire national de la semaine nationale de l'alphabétisation des 70.500 fonctionnaires et personnalités de l'Etat du 8 ou 14 septembre 2001, doit échoir progressivement vers une alphabétisation scientifique. A ce moment, les sciences exactes, expérimentales et de la nature seront plus accessibles. Ceci Va contribuer à l'élévation de la culture scientifique et technologique de notre pays ; donc la réalisation d'un développement endogène par un projet culturel qui ne demande pas de financement ou très peu, sinon une expertise nationale constituée de nationaux.
Voici par exemple un projet pratiquement non bancable et qui engendre un développement national voire continental en nous référant au N.E.P.A.D africain où l'éducation et la formation occupent une place de choix. Je voudrais citer mon projet scientifique intitulé : «Projet de recherche sur la didactique des mathématiques et langue nationale» en citant mon livre «Na-u Xayma». «Il est préférable dans le domaine de l'alphabétisation scientifique de travailler dans le bilinguisme pour être dans le concert de la mondialisation. Comme le disait le poète Léopold Sédar Senghor: il faut un enracinement dans ses valeurs culturelles, mais il faut aussi une ouverture pour tendre vers la civilisation de l'universel c-à-d.: son grand thème: " enracinement et ouverture ". On peut aussi se référer à l'ancien D.G. de L'UNESCO, Monsieur Frédéric MAYOR, quand il disait qu'il faut développer la citoyenneté de proximité tout en renforçant la citoyenneté du monde.
Ainsi nous devons développer et encourager les productions nationales faites par les nationaux? C'est à ce moment que les initiatives personnelles, l'originalité puissent être en ligne sur le Web; nous prendrons vraiment notre place dans le concert des pays en développement. Tant que nous ne mettrons pas nos produits littéraires, scientifiques, artisanaux sur Internet, pour exporter notre savoir, savoir- faire dans une boutique électronique comme tout bon participant à la mondialisation, nous serons toujours en reste. Ceci demande de bien travailler et à produire, à développer l'excellence surtout chez nos jeunes élèves, étudiants. Car comme le dit bien la sagesse "les Anciens, c'est les souvenirs, l'expérience alors que la jeunesse, c'est la créativité" Donc les jeunes ont besoin des conseils des Anciens pour éclore leur talent. Cela explique la création d'associations des anciens élèves de certains grands lycées préparatoires comme le lycée d'état PIERRE de FERMAT et Dumont d'Urville (lycée polyvalent), dont je suis membre élu depuis deux ans et je participe à leurs activités pour avoir fréquenté ces Grandes Ecoles en C.P.G.E, il y a Un quart de siècle respectivement à Toulouse et Toulon.
Pour une formation continue:
J'exhorte nos élèves, étudiants, enseignants, cadres civils et militaires à continuer dans la persévérance; ainsi nous pouvons vaincre ou résoudre cette équation du développement. Certes, nous avons des ressources humaines, mais il faut que nous acceptions de nous remettre toujours à l'école, d'être toujours de «grands élèves» quelle que soit la profession que nous occupons. Un pédagogue, Alain, bien connu, disait que : «l'enseignant est un élève perpétuel» de la petite enfance au supérieur. Ceci n'épargne personne si vraiment nous voulons aspirer au progrès. C'est ainsi que, si nous ne faisons pas attention, «certains diplômes meurent au bout de cinq ans après une école de formation» par faute de documentation, de revues ou de préparation de concours professionnels
Rôle du scientifique dans la société
Avec ce bref aperçu, le scientifique ayant la maîtrise de la trouvaille, le suivi et l'encadrement de ses étudiants, son laboratoire ne doit plus se contenter de cette exaltante tâche mais il doit davantage se préoccuper des aspirations les plus élémentaires de la population pour essayer de leur créer un mieux être, en s'intéressant à des projets endogènes de recherche qui deviendront exogènes par développement. L'avantage du choix de tels projets est qu'ils sont facilement finançables, coûtent moins chers, pratiques et directement au bénéfice de la population. Pour essayer de faire profiter la science à la société pour un développement durable au 21e siècle, il faudrait que le scientifique retrouve sa vraie place. La recherche scientifique doit être subventionnée par le privé pour une bonne partie et par l'Etat, surtout pour les projets scientifiques déjà éligibles; ensuite favoriser l'émergence de jeunes équipes de recherche. La recherche étant au service du développement car il n'y a pas de science sans recherche. «Cultivons notre jardin» et avec nos actions emboîtées, nous pouvons converger vers un développement durable avec comme credo : l'intérêt général.
Pr Mbaye FAYE , seul sélectionné en mathématique au Grand Prix du Président de la République pour les Sciences (éditions: 1998 et 1999 bis). fayemb@refer. sn
Be the first to Write a Comment!
Copyright © 2003 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.
AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.