Fraternité Matin (Abidjan)
Correspondant Local (ettien Essan)
11 Décembre 2003
Abidjan — Nombre de personnes préfèrent les pattes de porc relativement moins chères, au kg de viande de boef ou de mouton qui n'est pas à la portée de toutes les bourses. Pour cela, le nombre de femmes qui s'adonnent à la vente de cette viande s'est accru sur les marchés, et dans les coins de rues à Daoukro, Ouellé, Arrah, Bongouanou.
Des consommateurs ont déclaré qu'au début du déclenchement de la guerre, les frontières étaient fermées. Ce qui a provoqué une pénurie de viande. D'où le prix du kg de viande de bœuf élevé. La viande de brousse est devenue introuvable. Parce que les chasseurs ont peur de rencontrer des ex-rebelles dans la forêt.
Pour M. Kouakou Kan, instituteur et père de six enfants, les pattes de porc présentent des avantages. Elles se conservent facilement. Souvent, les gens préfèrent celles qui sont fumées. Au niveau de la distribution, la région de Daoukro ne souffre aucune difficulté d'approvisionnement en pattes de porc fumées ou fraîches. Mme Ama, commerçante, a indiqué qu'elle est la première à avoir introduit la vente de pattes de porc dans la région du N'zi Comoé en 1995. Elle achète le carton à 8.000 F et le revend aux détaillants. Les femmes tirent profit de ce commerce. Mme Ahou Odette, vendeuse, arrive à réaliser des bénéfices de 50.000 f par mois.
A Arrah, Mme Atté n'a d'autre boulot que le commerce de pattes de porc. Parce qu'après la mort de son géniteur, elle est la seule à nourrir ses frères et sœurs en vendant cette viande. Quant à sa sœur, Tanoh Akoua Catherine, elle arrive à écouler 16 cartons au marché chaque mois.
" Les pattes de porc sont prisées, avec 200 ou 400 F, je peux bien faire manger ma famille ", soutien Mme Brou Hélène. En outre, avec la baisse du pouvoir d'achat dans les ménages à cause de la crise, il n'est pas aisé de nourrir une famille nombreuse. C'est pourquoi des femmes se sont lancées dans cette activité, à la recherche de ressources indispensables à leur survie. C'est l'exemple de Mme Afamy Suzanne, une veuve qui, grâce à un prêt bancaire, a ouvert un dépôt de vente de pattes de porc qui lui rapporte 100 000 frs par mois. Ce commerce, devenu rentable suscite beaucoup d'engouement. La patte en petits morceaux coûte 200 ou 250F.
Les jeunes ne sont pas demeurés en marge de cette activité. Ils ont multiplié les magasins où les pattes sont dans un réfrigérateur. C'est le cas de M. Koffi du grand marché de Daoukro. Il ravitaille les détaillantes. Ce qui lui permet de gagner environ 200 000 F par mois. Grâce à ce commerce, il a acheté un moulin.
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