Demba Silèye Dia
11 Décembre 2003
les images du réveil d'un dragon
Il y a cinquante ans, Taïwan était pauvre et vivait du travail manuel. Aujourd'hui, il est une référence dans le domaine des nouvelles technologies. Par la force du travail. Néanmoins, le peuple conserve ses traditions.
En moins d'une demi-décennie, la république de Chine (Taïwan) est passée de l'état primitif (celui du travail manuel et archaïque) à celui de l'industrialisation à outrance. C'est pour montrer aux Sénégalais ce grand bond en avant que son ambassade à Dakar a organisé, la semaine dernière, une exposition d'une cinquantaine de photos sur cette évolution. Les images qui seront décrochées ce jeudi ont été classées en six grands domaines : Témoignage du développement de Taïwan - Les mutations sociales, Apprécier les ressources de la terre - Les paysages naturels, Préserver la biodiversité - La protection de la faune, L'héritage culturel - Coutumes et festivals, Diversité - Art et culture, Egalité pour tous - La place privilégiée des Droits de l'homme.
Pour le premier point, une partie en photos en noir et blanc et une autre en couleur montrent que le pays est devenu un des principaux champions du monde de produits de haute technologie. Alors qu'au plan politique, les 23 millions d'habitants viennent d'expérimenter l'alternance des partis au pouvoir. N'empêche que Taïwan a connu une grande mutation économique, avec son corollaire de transformations sociales. Et depuis le démarrage de la réforme agraire, dans les années 50, les dix grands projets de construction des années 70 et d'autres programmes économiques, le pays est passé d'une économie basée sur l'agriculture à celle de l'industrie informatique. Cela grâce aux efforts conjugués du gouvernement et des citoyens. Un contraste entre la pauvreté passée et la prospérité actuelle qui fait de Taïwan un modèle pour les pays en voie de développement.
La deuxième partie laisse voir des montagnes élevées, des vallées profondes, des torrents et des îlots éparpillés face à une chaîne de montagnes culminant à 4 000 m d'altitude. A côté du paradis des alpinistes et des touristes, les gorges creusées dans le marbre, il y a les plages sablonneuses, les forêts et les bois. L'on peut tomber sur l'oeuvre de l'érosion naturelle sur une formation de grès et qui a reproduit la tête de Néfertiti.
Pour recommander la préservation de la biodiversité, les photos font parler les oiseaux (dont l'un, le faisan Mikado, habite couramment à une altitude moyenne de 1 800 m) les grenouilles, les papillons, les poissons Sur le plan culturel, l'on indique qu'à la veille du Nouvel An lunaire, des diptyques sur lesquels sont inscrites des sentences augurales sont collées de part et d'autre de l'entrée principale des maisons et des bureaux pour attirer la bonne fortune et éloigner l'adversité. L'on passe par les feux d'artifice lors de la Fête des Lanternes, les courses des bateaux-dragons héritées d'une ancienne pratique, les lanternes flottantes pour délivrer les noyés, pour aboutir aux activités du Festival des fantômes et à celles célébrant l'anniversaire de Confucius. Pour la diversité des arts et de la culture, les masques du lion, les marionnettes, es opéras, le théâtre, le sport alliant danse et arts martiaux sont mis en exergue. Dans le cadre de la légalité, Taïwan s'inscrit dans les principes respectés à travers le monde.
A la cérémonie de vernissage, le chargé d'affaires de l'ambassade indique que la manifestation entre dans le cadre du raffermissement des relations entre son pays et le Sénégal. Les photos exposées permettent de se faire une meilleure idée de Taïwan. La photographie est choisie parce que, selon le chargé d'affaires, "une bonne photo vaut mieux que mille mots". Pour lui, cette exposition rapproche davantage les peuples sénégalais et chinois, car permettant de découvrir des ressemblances, et son ambition légitime est de souder ces peuples. Et il souhaite que ces images qui offrent des ressemblances culturelles donneront un aperçu vivant de la Chine.
A son tour, le ministre de la Culture Saphiatou Ndiaye Diop souligne que cette exposition qui montre la progression de la Chine, allant des travaux champêtres manuels à la modernisation, indique que "seul le travail paye". Mais en même temps, le pays a su garder ce qu'il a de plus cher : sa culture, ses tradition et ses valeurs. Cette richesse qui est conservée constitue un "modèle qui peut nous inspirer aussi", estime-t-elle.
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