G.m.d.
12 Décembre 2003
Au Cameroun, il semble que les filles aiment à fréquenter les piscines plus que les garçons.
Mais combien sont prêtes à participer aux compétitions de natation ? Très peu en effet. On l'a vu à Bamenda, sur les trois filles (en dehors des minimes et des poussins) présentes au championnat national de natation, seules deux se sont finalement jetées à l'eau. Et ce n'était pas facile. Surtout pour Antoinette Parr, la nageuse du Nord-Ouest, qui, après avoir abandonné l'épreuve de 100m nage-brasse, a terminé celle des 100m nage-libre à bout de souffle. Contrairement à sa concurrente Edwige Well qui a affiché une extraordinaire résistance. D'où son sacre comme championne du Cameroun dans les deux disciplines suscitées. Une performance qui exprime la progression de cette nageuse de 16 ans qui, l'an passé, à la même compétition, avait été classée troisième chez les dames. Satisfaite, Edwige Well retrace son parcours : " Je me suis engagée dans la natation comme un jeu. Au départ, c'était pour me distraire. Mais il y a à peine deux ans, un proche m'a motivé à prendre part aux compétitions. C'est ainsi que je me suis jetée à l'eau. Après avoir participé à deux compétitions, je ne regrette rien. Au contraire, je me sens de plus en plus épanouie ".
Devenue une habituée des piscines, la championne du Cameroun nourrit de grandes ambitions : " Je crois que je vais évoluer dans la pratique de cette discipline au point de devenir une professionnelle ou de participer aux compétitions internationales. Pour cela, je m'entraîne au moins trois fois par semaine à la piscine du Mont Fébé à Yaoundé. Je fais aussi beaucoup de footing sur les collines de Yaoundé. Même en classe, mes projets convergent vers mes entraînements. Ce qui m'amène, quelquefois, à sécher les cours pour aller à la piscine".
Élève en classe de première A à l'institut Ndi Samba à Yaoundé, la numéro 1 de la natation féminine camerounaise semble ne plus accorder de priorité à ses études. Une tendance qui ne semble d'ailleurs pas contrarier ses parents, qui continuent de payer les frais exigés pour avoir accès à la piscine. Ceux-ci varient entre 500 et 2000 F Cfa. Et malgré l'insuffisance des infrastructures, l'entraîneur provincial de natation du Centre proclame sa volonté de veiller à la l'évolution de ses poulains dont fait partie Edwige Well. : " Nous n'avons pas de moyens. Les uns et les autres se débrouillent. Mais au moins une fois par mois, je regroupe les nageurs de la province pour évaluer leur niveau et le réajuste au besoin ". Et parlant de sa pouliche, "Edwige Well c'est une bonne nageuse. Son endurance couplée à sa vitesse constituent les ressorts de sa mobilité dans l'eau ", affirme t-il. En plus de ses qualités, Edwige Well dispose d'une habilété à se laisser fondre dans l'eau et emporter par elle "En le faisant, ma mobilité s'accélère sans que je ne fournisse trop d'effort physique".
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