Propos Recueillis Par J.f.
12 Décembre 2003
interview
Le président du bureau de l'Aidepy voit dans le parrainage des apprenants un gage de leur réussite.
Comment "l'opération parrainage" est-elle organisée?
Cette première édition mettra ensemble dans les prochaines semaines 225 personnes dont 150 ingénieurs de l'Ecole nationale polytechnique, 75 étudiants de la première année, 75 membres fellow (des ingénieurs de polytechnique en activité depuis plus de 15 ans), 75 membres seniors ou juniors (avec respectivement 5 à 15 ans activité et moins de cinq ans d'activité). La plupart de ces parrains font partie de l'élite de l'administration camerounaise et des grandes entreprises du pays. Il y a des directeurs généraux des sociétés, des membres des conseil d'administration, des directeurs, des généraux d'armée, etc. Chaque étudiant a deux parrains: un membre fellow et un membre junior ou sénior. Le parrainage voudrait amener les parrains à encadrer les étudiants sur les plans académique, éducatif, humain, professionnel. Bref, il s'agit d'apprendre à l'apprenant à devenir ingénieur.
Concrètement, que doit attendre l'étudiant de ses parrains?
Il faut peut-être préciser que l'opération est née du constat qu'avec la suppression des bourses dans le système universitaire du Cameroun, les conditions de vie et du travail des étudiants sont devenues très difficile. En mettant les étudiants sous l'encadrement des membres fellow, nous voulons qu'ils apportent une réponse aux problèmes auxquels ils peuvent être confrontés, en l'occurrence les problèmes financiers. Pour un membre fellow, donner dix mille francs par mois à son filleul pour soutenir ses études ne relève pas d'un défi, car ils sont tous à l'abri d'un certain type de besoin. Je voudrais préciser que l'Aidepy a obtenu un consensus très large au sein de la communauté des ingénieurs diplômés de polytechnique. Le ministre de l'Enseignement supérieur, tutelle de l'Ensp, a également marqué son soutien pour cette opération expérimentale qui, à son avis, est appelée à s'étendre à d'autres grandes écoles du Cameroun.
De quels moyens l'association dispose-t-elle pour amener les membre à assumer leur responsabilité ?
Nous n'avons aucun moyens de contrainte. L'association n'a aucune raison de douter de la bonne foi de ces aînés qui ont tous adhéré à ce projet. Elle ne peut, pour cela, jouer qu'un rôle de suivi.
Pourquoi l'Aidepy est-elle restée si longtemps dans une espèce de léthargie?
Depuis une trentaine d'années, l'association a traversé une période d'hibernation d'au moins dix ans. Elle est redevenue dynamique depuis six mois seulement à la faveur de l'assemblée générale de relance qui s'est tenue le 21 juin 2003 à l'Ensp et qui aura vu l'adoption des textes réglementaires ainsi que l'élection du conseil d'administration présidé par Gilles Roger Belinga, personnalité bien connue et du bureau exécutif que j'ai l'honneur de présider aujourd'hui. Notre association entend jouer son rôle dans notre pays. Elle entend être une force de propositions, elle entend canaliser les énergies des ingénieurs de polytechnique pour le développement durable de l'institution.
L'Aidepy souhaite avoir un droit de regard sur les enseignements à l'Ensp. Y aurait-il des écarts dans la formation dispensée?
Il faut admettre qu'une institution de la taille et de l'envergure de l'Ecole nationale polytechnique ne saurait fonctionner sans une remise en cause de ses enseignements. Cette remise en cause doit permettre à l'école d'adapter en permanence ses programmes pour répondre aux exigences du monde industriel qui est le première destination de ses produits. Les ingénieurs de polytechnique, en tant que moteur de l'économie du Cameroun, ont donc un rôle à jouer dans ce processus. Le programme de l'Ecole, les innovations qui permettent aux futurs de l'Ecole de s'adapter aux mutations du monde professionnel.
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