Sud Quotidien (Dakar)

Sénégal: Accès au crédit et services sociaux : l'AFDS mobilise 800 millions de F Cfa

Pape Seck

12 Décembre 2003


De véritables progrès ont été accomplis dans la mise en oeuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté dans la région de Louga. Mais durant la période 2002-2003, quelque 800 millions de nos francs ont été mobilisés pour résoudre les contraintes relatives à l'accès des populations les plus démunis aux services sociaux de base au crédit et la disponibilité d'infrastructures rurales.

Dans le département de Linguére, l'Agence du Fonds de Développement social a procédé à la remise d'attestations de financement à une trentaine d'organisations communautaires de base (OCB) de Gassane, Barkédji et Louga Thiolmy d'un montant global de 227 millions en sus d'un appui institutionnel de 104 millions à la mutuelle d'épargne et de Crédit aux groupes vulnérables. La cérémonie qui a vu la participation d'une délégation de la Banque Mondiale s'est déroulée à Gassane, village situé à une centaine de kilomètres au Sud de Linguère.

" La pauvreté va reculer dans cette contrée " s'est exclamé Pathé Guissé, le Vice Président du Conseil Régional de Louga. Cette réaction spontanée a été largement partagée par la majorité des populations, des autorités locales et nationales et des représentantes des organisations communautaires de base qui assistaient à la présentation des réalisations de l'agence Régionale de Développement du Fonds Social de Louga. En effet en termes d'atteinte des objectifs de développement du millénaire, à savoir réduire de moitié le nombre de personnes vivant avec moins d'1 dollar par jour devra réduire de moitié le taux de mortalité juvénile et assurer l'accès universel à l'enseignement élémentaire. Les performances sont encourageantes dans les communautés rurales de Linguére.

ACCES AUX SERVICES SOCIAUX ET AU CREDIT

Le problème majeur a toujours été l'accès aux services sociaux de base (école-structures sanitaires-magasins d'approvisionnement etc ) à l'eau et au crédit. Ces contraintes ont longtemps constitué des facteurs limitant pour les efforts des populations et des pouvoirs publics pour accélérer la croissance. Ainsi la mise en oeuvre de la stratégie de réduction de la pauvreté a été déclinée dans le Djoloff en ayant en priorité le souci de résoudre la question de l'accès à l'eau, à l'école, à la santé; au crédit. Dans la communauté rurale de Barkédji ou l'eau éloigne encore populations et enfants d'âge scolaire des écoles qui se ferment à certaines périodes au profit de zones où l'eau est disponible et le pâturage disponible, ce spectre va disparaître sous peu: les forages de Barkédji et Diagui vont désormais desservir une trentaine de villages grâce au fonds de développement social. Ces villages ont opté pour l'adduction d'eau et la construction de magasin d'approvisionnement en denrées et aliments de bétail. A Gassane, la priorité a été accordée à l'école et à la santé. Ainsi des villages de Touba Oldou et Guélodé Diop ont respectivement étrenné leurs salles de classe et cases de santé pour une trentaine de millions.

La construction des deux salles de classe entièrement équipées pour abriter une centaine d'enfants dont 36 filles dotées en fournitures scolaires et blouses, gourdes, a coûté 16.730.000 F Cfa dont une contribution de 836.460 F de ces populations venues s'y installer en 1981 en provenance des départements de Bambey et Diourbel. Appréciant l'opération Abdou Diouf le chef de village a déclaré : "Désormais nos enfants ne feront plus des kilomètres pour aller apprendre à Gassane. Les fournitures scolaires, les sacs, les blouses et les gourdes sont des acquis qui soulageront les parents. Cela contribuera à résoudre le maintien des enfants à l'école".

Mais le plus important des acquis reste sans nul doute la large participation et la responsabilisation des communautés locales du début à la fin des processus, du diagnostic à l'exécution des micro-projets et sous-projets. Mbata Pouye membre du Comité Technique de Mise en Œuvre (CTMO) du micro projet de Touba Oldou l'illustre en ces termes : " Du début à la fin des travaux nous avons tout suivi et tout contrôlé. Nous avons nous-mêmes choisi l'entrepreneur et à chaque fois que nous avons eu des appréhensions, nous avons fait appel à des personnes ressources pour redresser ou rappeler à l'ordre l'entrepreneur." Résultat : en 4 mois deux classes ont été construites, équipées en plus d'une clôture surélevéé de grillage et de bloc sanitaires pour les garçons et les filles.

Cela a été transparent " renchérit un autre qui montre une classe dont les travaux commencés en 1998 éprouve toutes les difficultés à sortir de terre. Baba Ousseynou Ly, l'inspecteur d'académie de Louga apprécie très positivement la diligence et la qualité de travail accompli en si peu de temps. Après Gassane, Barkédji et Louga Thiolly vont étrenner leurs magasins de stockage, cases de santé et excéder au crédit pour de l'embouche et du maraîchage à l'instar des femmes de Gassane qui ont bénéficié de financement pour l'artisanat (teinture, couture) ".

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