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12 Décembre 2003
analyse
Le portrait qui nous est présenté permet sans doute de compléter notre connaissance de la personne Houphouët-Boigny, mais il nous éclaire davantage sur son auteur.
Et si les motivations de ce dernier n'apparaissent pas nettement, son récit n'en manque pas de sens pour autant. Nous devons donc restituer le portrait, dans ses dimensions positives et négatives, notamment aux niveaux psychologique et politique, tout en cherchant à comprendre les motivations du portraitiste qui ne paraît pas avoir réussi à tuer le père. Il n'y va pas que de l'image d'un mort car la logique qui est à l'oeuvre affectera sans aucun doute la vie des vivants. On ne se compare pas à un mort si ce n'est pas pour impressionner les vivants. (Tout en disant qu'il s'agit d'un débat inteme au PDCI, le Ministre J. Konan Banny, sur RFI, se demande si la perte du pouvoir ne vient pas d'un éloignement de Konan Bédié de la voie tracé par leur père commun, décembre 2003).
I- L'IMAGE POSITIVE
Houphouët-Boigny n'apparaît pas sous un jour exclusivement sombre. Il est tout de meme co-héros dans le « miracle ivoirien ». Pédagogue de la patience, il a fait montre en outre d'une certaine capacité d'anticipation et d'indépendance d'esprit. 1.1 Le portrait Quand le journaliste Eric Laurent l'interroge sur le développement du pays, M. Bédié parle de lui-même et des initiatives qu'il a prises pour que notre société soit respectée grâce à ses performances économiques. Cependant, par prudence certainement, après avoir tacitement admis qu'il est même « I'un des pères du miracle ivoirien » (p. 84), il révèle qu'il a accompli ses exploits sous l'autorité d'Houphouët-Boigny.
"Cette diversification agricole, dit-il explicitement, s'est opérée sous l'autorité d'Houphouët-Boigny qui possédait une vision rare et précieuse de la gestion d'un Etat, puisqu'il a participé à plusieurs gouvernements français" (p. 85). L'auteur affirme aussi que son prédécesseur lui a enseigné la patience (p. 241). Le bénéficiaire de cette formation commente en disant: "Ce qui n'est pas possible aujourd'hui peut l'être demain. Ce n'est pas une raison pour se décourager. La patience est faite de volonté tendue vers un but... ». Il lui prête également un visage acceptable d'homme pragmatique et visionnaire. Houphouët-Boigny a eu une vision de son destin à lui, à défaut d'en être l'architecte. Il est fier enfin de l'opinion de John Kennedy sur le président ivoirien qu'il plaçait « sur le même plan que les grands leaders du tiers- monde, comme Nasser» (p. 73). Cette image positive au niveau international se trouve renforcée quand on en arrive à l'épisode de la nomination d'Alassane Dramane Ouattara à la primature. L'esprit d'indépendance du chef de l'Etat est tel que l'auteur affirme : "Mais je pense que jamais les bailleurs de fonds n'auraient pu imposer un Premier ministre au président Houphouët-Boigny, dont je connaissais l'entêtement» (p. 139). Ce point de vue est repris et confirmé en décembre 2003). 1.2.
L'analyse L'analyse de cette dimension positive permet de faire trois observations sur les implications de cette partie illuminée du tableau. En premier lieu, I'image positive finit toujours par profiter à l'auteur lui-même, lui le héros du récit. Au moment où le président visionnaire fait de l'anticipation, c'est pour annoncer sa future carrière ministérielle. Cette "annonce à Bédié" sera faite devant Robert Kennedy (p. 84). De même, quand John Kennedy montre de la considération pour le président, c'est en filigrane et en partie parce que l'ambassadeur de celui-ci, HKB soi-même, a su avoir de l'entregent pour faire sa promotion. Cette analyse vaut également pour la patience. Celle-ci est à la fois une leçon du maître et une exigence de son statut de successeur. Elle légitime surtout son effacement pendant tout le temps qu'il a dû attendre dans l'antichambre du pouvoir, que son destin s'accomplisse (p. 146). Le profil bas qu'il a dû adopter durant le long règne de son prédécesseur se trouve ici valorisé.
Il n'est pas imposé par des circonstances extérieures au sujet mais il devient plutôt une manifestation de sa volonté et de sa maîtrise. Ainsi, quand il dit « Le chemin tortueux qui escalade la colline ne déforme pas le bassin » (p. 241), il est actif car il est le conquérant qui escalade la montagne. Le bassin qui se maintient s'oppose à l'échine qui se courbe ! En second lieu, il est utile d'insister sur l'indépendance d'Houphouët- Boigny et de mettre l'accent sur les facteurs internes de la nomination de M. Dramane Ouattara. Il sera possible ultérieurement de se fonder sur ces derniers pour le disqualiffer. (C'est tout le contraire de la logique de Marcoussis. Cependant M. Ouatfara ne peut le contredire car il n'a pas intérêt à dire qu'il a été imposé de l'extérieur.) En troisième lieu enfin, dans ce portrait structuré en trois mouvements, on peut voir que deux points de vue positifs encadrent celui qui est négatif. La stratégie discursive consiste ainsi à envelopper et atténuer la partie négative. On ne pourra pas dire qu'il a totalement noirci son tableau, même s'il l'a fait assez pour servir sa cause ou son dessein caché. Il préserve les moyens qui lui permettront de protester de sa bonne foi et de sa fidélité. Cette image positive n'a rien d'original et n'énonce rien qui ne soit déjà connu. En revanche, I'image négative, construite par un proche et singulièrement un héritier, retient l'attention et mérite qu'on s'y arrête.
Il. L'IMAGE NEGATIVE
Dans ce face à face où auto-image et hétéro-image se toisent, Houphouët-Boigny perd de sa stature et même de sa superbe. On en vient alors à s'interroger sur les motivations de son successeur. 11.1 Leportrait L'essentiel du récit toume autour de l'épisode du programme sucrier. Le portrait politique est moins surprenant que la peinture psychologique. Les deux images paraissent à certains égards contradictoires. Au niveau politique, trois aspects sont à retenir dans l'image négative du président ivoirien, son rapport à la modernité et à la démocratie, ainsi que le peu de maîtrise dont il fait preuve dans sa gestion politique. Si Houphouët-Boigny n'était pas un quelconque provincial ou « broussard », il ne paraissait pas intégré à la nouvelle modernité. "C'est peut-être exagéré, dit H. Konan Bédié, mais le président ne connaissait pas vraiment ni les Etats-Unis, ni le big business » (p. 73). Au demeurant, « Sa conception du pouvoir datait d'une autre époque » (p. 92). Ceci explique certainement pourquoi il n'a pas réussi à mobiliser les capitaux nécessaires à la réalisation du projet Kossou. Son ministre qui s'y connaissait en matière de finances internationales fera aboutir ce projet: "Je suis parti avec mon dossier rencontrer Harold Linder, un grand personnage de la finance américaine, qui dirigeait l'importante Export-lmport Bank " (p. 86). On ne pouvait tenir rigueur à Houphouët-Boigny d'ignorer les arcanes de la haute finance américaine.
En revanche, il était comptable de sa gestion économique et politique. Le chapitre qui traite de l'exercice du pouvoir est placé sous les auspices funestes des intrigues. Le président devient un manoeuvrier qui savait "créer" et "orchestrer" des mises en scène (p. 03). Son pouvoir était arbitraire puisqu'il pouvait sévir sans raison: « mes ministres ont fauté. Mais je ne saurais en donner les preuves » (ibid.). Ses victimes en cette occurrence étaient si nombreuses que son héritier parle de « future charrette » (ibid.), et fait penser aux lourdes charretées de la révolution française et de sa terreur. Tout cela se réalisait avec une duplicité qui est même culturelle et à laquelle Samba Diarra renvoyait quand il évoqua le « gbrè » dans son livre Les faux complots d'Houphout-Boigny. Mais en même temps et contradictoirement, il semblait manquer d'autorité et d'emprise sur son pays. L'auteur le cite au nombre de ses solliciteurs (p. 90). Or ce mot implique que son président lui demandait des faveurs et le dictionnaire Le Robert propose comme synonyme « quémandeur ». Cette opinion est renforcée par le fait qu'il se laisse dominer par l'opinion au lieu d'en être le « mentor » (p. 101) et qu'il cherche à l'utiliser, lui H. Konan Bédié, « dans le but de « relancer » son emprise sur le gouvernement » (p. 102). Le problème de la faiblesse politique d'Houphouët-Boigny est posé encore plus dramatiquement avec la question audacieuse de son ministre: "Qui commande?" (p. 101).
Qui peut imaginer qu'une telle question puisse se poser sous le règne du grand Nanan et lui être posée à luii-même en personne ? Pire encore, sa "gouvernance" était contestable puisque sous la pression, il avait augmenté le nombre des complexes sucriers, son ministre l'ayant en vain "mis en garde" (p. 91). Ainsi, le président apparaît comme l'un de ceux qui ont aggravé la situation de notre endettement. « Monsieur, lui écrivit en effet son ministre, vous ne pouviez tout au plus que construire deux unités, compte tenu de l'incidenoe sur la dette» (pp. 9192). Le problème n'est plus la surfacturation mais le sur-dimensionnement ! Au niveau moral, il y aurait à redire sur certaines actions d'Houphouët-Boigny, mais c'est surtout au plan psychologique que ce portrait est édifiant. Le premier problème moral est celui de l'ingratitude. C'est au retour d'un voyage en Iran qu'il avait organisé pour lui que le président est venu annoncer qu'il devait se séparer de certains de ses collaborateurs dont lui, même s'ils étaient compétents (p. 103). On ne comprend pas par ailleurs pourquoi le président envoie une jeune fille chez son ministre déchu (p. 102). Est-ce pour le consoler comme celui-ci le dit? Alors le consoler de quelle manière ?
Le président ajoute que la jeune fille lui est chère. En quel sens précis ? Et si elle l'était, pourquoi l'envoyait-il dans cette mission équivoque ? En tous les cas, le ministre se montre plus moral, lui qui renvoie la jeune fille à son père, c'est-à-dire à la Loi, à l'ordre moral. M. Bédié a d'autant plus de mérite qu'elle vient en chair et qu'il rappelle que son président lui avait demandé "de lui ouvrir l'esprit" (ibid). Le trait qui frappe le plus dans ce portrait est manifestement la faiblesse de caractère. Houphouët-Boigny est hésitant, sentimental et embarrassé dans cet épisode du remaniement de 1977. Il cherche à apitoyer son ministre qui fait preuve de plus de résolution et de verve. Intimidé par ce dernier, il utilise l'opinion pour faire passer sa décision et la faire accepter (p. 100). A la limite, il apparaît presque comme un personnage falot. Le lecteur l'imagine près de celui qui parle au micro de la radio nationale et en train de lui souffler « Bédié, répète, Bédié ! » (p. 101). Bien sûr afin que tous sachent qu'il est bel et bien limogé ! En français ivoirien, on dirait « Houphouët devait être serré ! ». 11.2 L'analyse Ceux qui ont connu Houphouët-Boigny ne peuvent que s'étonner de cette image de chef émasculé qui nous est présentée.
Chacun peut imaginer l'écart qui existe entre l'homme et sa représentation. Ce qui nous préoccupe, c'est le sens du portrait qui permettrait d'avoir accès à ses motivations. Pour faire apparaître ce sens, il faudrait mettre dans le révélateur l'image de l'auteur, celle qui est implicite dans son discours, puis indiquer le bénéfice symbolique qu'il en retire. Face à l'homme ci-dessus décrit, que fait M. Bédié ? Il est un véritable héros qui ne se dérobe pas. Il affronte le président et lui parle « franchement » ou même durement. Il I'interroge et l'accule jusque dans ses derniers retranchements puis, après l'avoir quasiment sermonné, prend congé de lui sans y avoir été invité. M. Bédié a mis Houphouët-Boigny «en garde» sur le programme sucrier. Ce verbe signifie sans doute prévenir, mais en Côte d'lvoire tout au moins, il a une connotation d'agressivité. Dans l'affrontement homérique final, alors que son président le tutoie, il lache a Monsieur, faites ce que vous voulez » (p. 101). Cette façon de parler traduit son agacement qui expliquerait ou justifierait qu'il prenne tant de liberté. Mieux encore, il garde assez de lucidité politique pour se souvenir de ses lectures et donner des leçons à son maître. On se souvient qu'au début de livre, Houphouët-Boigny s'était excusé auprès de M. Bédié de l'avoir nommé comme diplomate sans l'avoir rencontré.
On peut s'interroger à perte de vue sur les raisons de cette faiblesse envers son ministre. Ce dernier écarte la thèse de la filiation qui serait une malveillance de ceux qui ne veulent pas reconnaître ses mérites personnels (p. 215). Est-ce sur une base ethnique ? Il n'est pas le seul Baoulé dans les rouages du pouvoir. Mais la raison importe moins que le sens. Au-delà de sa réhabilitation dans l'affaire de la surfacturation, il est rehaussé et legitimé. Par son discours, M. Bédié se donne une légitimité à la fois morale et politique. Au plan moral, la noirceur du portrait de son prédécesseur accrôît la lumière qui éclaire le sien. Houphouët-Boigny l'a accusé sans raison et cela d'ailleurs tout en reconnaissant sa compétence professionnelle. Si ce dernier a eu peur de lui et si Bédié ne s'est pas laissé faire, c'est qu'il a de la personnalité. Cette force de caractère vient couronner ses qualités intellectuelles de major a "permanent" qui n'auraient pas été suffisantes pour l'exercice du pouvoir. Au plan politique, il n'est plus un simple héritier mais assurément un digne successeur.
Non seulement il a gravi patiemment la colline (p. 241), mais il a eu, comme dans les légendes, à affronter le dragon. A défaut de lui trancher la tête, il lui a tenu tête. Il est un résistant et même un conquérant,qualités acquises qui viennent s'ajouter à son ascendance royale qui le prédestinait à gouvemer. Ceux qui étaient dans la clandestinité ont moins de mérite que lui et ainsi, il n'a pas usurpé sa place. En tuant symboliquement le père, ne vient-il pas mériter sa place ? Au demeurant, ce portrait est un avertissement à ses adversaires. S'il a fait preuve de fermeté vis-à-vis d'un président, que ne fera-t-il pas face à des fauteurs de trouble ? (C'est ici que le débat souhaité par J. Konan Banny sera utile) Pour finir, on peut s'interroger sur l'impact de ce portrait et sur l'efficacité de ce discours. A-t-il véritablement tué le père et sommes-nous impressionnés par ce tableau ?
Ill. LE PERE N'EST PAS MORT
M. Bédié n'a pas réussi à tuer le père. D'un point de vue théorique d'abord, son portrait lui porte préjudice à lui-même. Sur le plan pratique ensuite, il ne réussit pas à faire mieux que le père en matière démocratique. Le livre n'atteint pas son but en raison de ses excès qui sont confirmés par le scepticisme d'Eric Laurent, le joumaliste censé être son complice. Alors cherche-t-on aujourd'hui à s'accrocher à son fantôme ? 111.1 Le niveau théorique L'élément crucial de ce portrait se situe au niveau de l'épisode du programme sucrier et du départ de M. Bédié du gouvernement. Le récit est si peu vraisemblable que rares sont les personnes qui peuvent le croire. Malgré les ambiguités qu'on lui connaît, on ne peut croire que ce personnage se soit mis à trembler devant son ministre. Et s'il était alors un comédien reconnu, comment accorder du crédit au récit qui rapporte sa mise en scène ? En ce qui concerne les affrontements qui auraient suivi à Treichville l'éviction de M. Bédié du gouvernement, I'information n'est pas accompagnée de preuve. Peu de gens ont souvenance de cette commotion sociale. Le scepticisme du lecteur est renforcé par celui du journaliste qui fait l'interview.
A deux reprises, il reprend M. Bédié. Quand il affirme qu'il avait parlé franchement à son prédécesseur qui appréciait son courage, la question qui est significative: « Et c'était vrai ? » (p. 92). La question exprime un doute qui ne peut venir que du caractère excessif du propos. Il en va de même, un peu plus loin, quand le journaliste demande: « Vous avez vraiment été très dur ? » (p. 101). Les réponses à ces deux questions ne réussissent pas à effacer l'incrédulité du lecteur. Il est resté dans son coin si sagement pour attendre son heure et prendre son trône qu'il est difficile de croire qu'il a eu tant de poids. L'observateur de la vie politique ivoirienne savait qu'au moindre éternuement, il risquait de perdre sa place. Au total, comme pour toutes les victimes, la sympathie va au père dont les opposants ont fini par oublier les exactions, eux qui l'ont combattu dans la loyauté pendant que lui il criait au complot. 111.2 Le niveau pratique Au plan pratique, on pourrait comparer les deux personnages dans leur manière de gérer les crises sociales. Houphouët-Boigny apparaît comme un maître tandis que son successeur ne fait que décevoir à chacune de ses interventions publiques sur les conflits sociaux. (Je ne saurais retourner le couteau dans la plaie en évoquant le 24 décembre 99) La meilleure manière de tuer le père aurait été d'engager une rupture franche avec son système politique, d'aller plus loin en matière de démocratisation et d'unité nationale.
(Celui qui avait refusé une commission électorale autonome souhaite aujourd'hui l'intervention de l'ONU) Le portraitiste a plus de problème que son modèle car ce dernier n'avait pas de prétentions modernistes ni intellectuelles. Il était en harmonie avec les paysans qu'il pouvait mystifier sur la base de la pensée ancienne. L'héritier est contradictoire parce qu'il ne modernise pas et ses théorisations sont incertaines. Le temps où on pouvait utiliser les mythes est passé. Les hommes parlent et la presse est fort active.
CONCLUSION
Le portrait d'Houphouët-Boigny par son successeur est à situer dans le cadre d'une a dé-houphouétisation » qui n'a pas dit son nom et qui a échoué. Ce parricide raté prend plaoe dans une quête de légitimité qui se poursuit avec le présent vent de « re-houphouétisation » qui souffle sur le pays. Chercher à l'innocenter, c'est vouloir s'innocenter. D'aucuns crient qu'il est vivant pour se rassurer sur leur propre situation. Or si on ne saisit pas cette ultime chance pour battre sa coulpe et retrouver son esprit, on ne trouvera que son fantôme. L'un inspire quand l'autre hante. Nul ne peut nous faire peur avec Houphouët-Boigny. Nous ne sommes plus des enfants pour craindre les fantômes. Nous ne sommes pas des rancuniers pour refuser de valoriser un héritage national. Prof Sery Bailly (écrit en juillet 1999 et mis à jour en déoembre 2003) NB : Le titre est de la rédaction
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