Moussa Ouyougoute
13 Décembre 2003
Le président de l'APN, M. Karim Younes, a animé hier un imposant meeting au Théâtre régional de Béjaïa.
L'escale béjaouie, attendue et suivie avec attention par tous les observateurs politiques, a permis au troisième homme de l'Etat de prendre le pouls à quelques mois d'un rendez-vous décisif mais aussi de préparer les citoyens face aux menaces qui pèseraient sur la République si le scénario qu'il a eu à développer tout au long de son exposé venait à se vérifier sur le terrain. En effet, bien qu'il se soit montré confiant quant aux chances de succès du FLN lors du scrutin à venir, il n'a pas cessé de mettre en garde l'assistance composée majoritairement de militants et sympathisants du FLN sur les graves conséquences qui pourraient découler d'une autre fraude électorale. Le président de l'Assemblée a affirmé, en effet, que le risque d'une crise majeure n'est pas à exclure si le processus électoral, en cours, est entaché d'irrégularités. «Personne ne le souhaite, mais le sang va couler», a-t-il déclaré avec insistance. Et il s'adressera ensuite sur un ton grave à tous les militants politiques, toutes tendances confondues, aux animateurs de la société civile, aux délégués du mouvement des archs présents dans la salle. Le numéro trois de la hiérarchie de l'Etat leur a rappelé que dans cette grave crise «ce n'est pas seulement le FLN qui est concerné, mais toute la classe politique, aujourd'hui diabolisée». «Votre devoir est de réagir et d'agir pour imposer un changement.
Aidez alors vos partis», a-t-il poursuivi. L'insistance du président de l'APN sur cette question est justifiée notamment par l'approche des présidentielles : «On peut se retrouver pour que les élections soient libres et honnêtes. Car nous devons sortir du truquage des urnes, du bricolage.» D'autant plus, a-t-il déclaré en substance, que «l'administration est de leur côté. Elle fait même partie du complot». M. Karim Younes n'a pas manqué au passage de dénoncer le parti pris de certains juges mais aussi des walis bien que quelques-uns d'entre eux aient reconnu qu'ils ont subi des pressions de toutes sortes. Le président de l'APN n'excuse pas pour autant les commis de l'Etat qui doivent normalement être au-dessus des contingences politiques. En clair, un ministre ou un wali doit démissionner ou se taire à jamais. Et devant la «sombre perspective» qui guette les Algériens, M. Younes a souligné : «Nous ne devons pas rester passifs. Faisons parler nos consciences sinon nous serons complices du complot contre la République».
Il énumérera alors en détail la cabale judiciaire contre le FLN, le mouvement de «débenflisation» par le clan présidentiel.
Le numéro deux du FLN citera tour à tour les mouvements anormaux qui se sont déroulés et qui se poursuivent dans plusieurs ministères, l'exemple le plus frappant, celui de l'ex-secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, M. Djerad, relevé de ses fonctions alors qu'il était l'élément central de ce département. Et pour terminer, M. Younes a affirmé sur une note optimiste : «En 2004, les choses vont changer car l'Algérie a évolué.»
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