Hasna Yacoub
13 Décembre 2003
17 enseignants, membres du CNAPEST, sont empêchés de rejoindre leurs postes
Le Conseil national autonome des professeurs de l'enseignement secondaire et technique a décidé d'observer une journée de protestation pour mardi prochain. A cette décision, le Conseil national des enseignants du supérieur (CNES) a déjà manifesté son accord alors que l'appel aux enseignants des autres paliers (moyen et primaire) ainsi qu'à ceux de la formation professionnelle est lancé pour qu'ils se joignent à l'arrêt de travail. Cette protestation, selon le secrétaire général de ce syndicat, M. Meriane, qui a tenu une conférence de presse hier au siège du CNES, vise à prendre à témoin la société civile et l'opinion publique face «au discours mensonger de la tutelle». En fait, après l'appel du CNAPEST à la reprise des cours le 8 décembre dernier, le ministère de l'Education a, officiellement, annoncé l'annulation de toutes les sanctions administratives et des poursuites judiciaires ainsi que des ponctions sur salaires décidées à l'encontre des PEST. Ces décisions ont été publiquement réitérées à travers la télévision algérienne. Mais leur mise en application tarde à voir le jour. Du moins pour certains PEST qui sont considérés comme «meneurs» de la grève.Selon M. Meriane, qui a reçu sa radiation du corps de l'enseignement, 16 autres enseignants, membres du CNAPEST, sont empêchés de rejoindre leurs postes. Certains sont radiés, d'autres demeurent encore suspendus et une autre partie des enseignants a reçu sa suspension juste après la reprise des cours.
Suite à ces «flagrantes contradictions de la tutelle qui, reniant ses engagements, pousse au pourrissement», le CNAPEST a tenu à rappeler que l'arbitraire de ces mesures «répressives» n'entamait en rien la détermination des PEST quant à l'aboutissement de leurs revendications. Le secrétaire général du CNAPEST s'interroge sur les raisons qui poussent «certains clans» du pouvoir à empêcher l'application des mesures d'apaisement et à pousser donc au pourrissement : «Est-ce une volonté d'affaiblir le bureau national en tentant de le séparer de sa base ? Ou peut-être, est-ce une tentative de retourner l'opinion publique -contre les PEST- qui s'interrogera sur la reprise de la protestation ?» A ce sujet, une question a été posée à M. Meriane sur l'intervention d'un représentant du ministère de la tutelle sur les ondes de la radio, qui aurait déclaré ignorer l'identité des personnes entravant l'application des directives du ministère de l'Education. «La tutelle est bien placée pour connaître le clan qui entrave l'application de ses directives. Elle demeure responsable si jamais la crise atteint le pourrissement», déclare M. Meriane. Une question s'impose : S'il s'agit réellement d'un clan du pouvoir, vise-t-on au pourrissement de la crise pour pousser au "détrônement" de M. Benbouzid ?
Revenant sur le double langage de la tutelle et la non-levée des sanctions, le secrétaire général du CNAPEST tire à boulets rouges sur l'UGTA : «Il y a aussi le silence complice des syndicats soit-disant représentant la majorité.» Il nommera même l'Union générale des travailleurs algériens en l'accusant : «Des membres de l'UGTA ont participé à casser notre mouvement de protestation.» Pour ce qui est des déclarations de Sidi-Saïd qui aurait affirmé participer au dénouement de la crise et à la levée des sanctions pour les PEST, M. Meriane répond : «Sidi-Saïd se targue d'avoir participé à la crise du CNAPEST comme il s'est targué d'avoir négocié le SMIG de 10 000 DA alors que tout le monde sait que c'était convenu dans la loi de finances 2004». Enfin, le CNAPEST réitère son appel aux PEST à la vigilance et à la mobilisation comme il les invite à réfléchir sur des propositions d'actions afin de faire aboutir les revendications tout en invitant, par ailleurs, la tutelle à l'ouverture de sérieuses et véritables négociations dans les délais les plus brefs.
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