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Tunisie: Déclaration du gouvernement sur les projets de budget économique et de l'Etat pour 2004

12 Décembre 2003


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Tunis — Les débats de la Chambre des Députés sur le projet de budget de l'Etat pour l'année 2004 ont démarré, vendredi, au Palais du Bardo, sous la présidence de M. Foued Mebazaâ, président de la chambre, et en présence de M. Mohamed Ghannouchi, Premier ministre, et de plusieurs membres du gouvernement.

Sur instructions du Président Zine El Abidine Ben Ali, le Premier ministre a, lors de la séance inaugurale, présenté la déclaration du gouvernement sur le budget économique et le projet de budget de l'Etat pour l'exercice 2004.

La déclaration du gouvernement a permis de faire le bilan de l'oeuvre de développement au cours de l'année 2003 et d'exposer les programmes tracés pour l'année 2004 de manière à impulser le processus de réforme et du changement dans le cadre des constantes et des grands choix adoptés par le pays et à consolider par là même les fondements d'un développement global et équilibré et les facteurs permettant de gagner les enjeux actuels et futurs.

Le Premier ministre a, en préambule, souligné que le débat qui aura lieu à cette occasion permettra d'évaluer le bilan de l'effort de développement au cours de l'année 2003 et d'examiner de manière approfondie les orientations, les programmes et les objectifs fixés pour l'année 2004, ainsi que les moyens de les concrétiser au mieux afin de consolider les fondements du développement global et équilibré et de garantir les chances de gagner les enjeux existants et potentiels.

Autant le dialogue qui se déroule dans l'enceinte de la Chambre des Députés permettra à l'opinion publique nationale d'être au fait des différents aspects de l'action de développement, de ses acquis et de ses réussites mais aussi de ses difficultés et de ses défis, a-t-il dit, autant il illustrera, une fois de plus, la coopération et la complémentarité entre les pouvoirs exécutif et législatif, sur la voie de la stimulation du processus de réforme et de changement, dans le cadre des constantes et des choix majeurs qui font l'unanimité de toutes les parties nationales concernées.

M. Mohamed Ghannouchi a poursuivi : «L'année 2003 a constitué une étape importante du processus de développement, dès lors qu'elle a été marquée par une reprise de la cadence coutumière de la dynamique de croissance, après une période difficile qui se sera prolongée durant toute l'année 2002 et jusqu'au début de l'année qui s'achève. C'est une période qui a été marquée par des facteurs négatifs qui étaient indépendants de notre volonté et qui étaient dus essentiellement à la persistance des aléas climatiques, à la régression du rythme de la croissance au niveau mondial, à la baisse des échanges commerciaux et au ralentissement de l'activité touristique dans le monde, outre la hausse continue des prix du pétrole sur le marché mondial».

Le Premier ministre a souligné que le gouvernement s'est préoccupé, sous l'impulsion du Chef de l'Etat, d'assurer un suivi attentif et continu de la situation. D'innombrables mesures ont pu ainsi être prises à temps pour parer aux incidences des facteurs défavorables et en réduire l'acuité. C'est dans ce cadre qu'a été établi un programme cohérent d'économie dans les dépenses de l'Etat et des entreprises publiques.

«Toutefois, a-t-il ajouté, un encouragement supplémentaire a été apporté, au niveau national, à certaines activités intégrées qui ont un rendement notable au bénéfice de l'emploi comme celles du secteur du bâtiment et de la maintenance. Parallèlement, nous nous sommes employés à endiguer les retombées négatives de la vague de sécheresse qui a sévi au cours de l'été dernier et des récentes inondations sur la production agricole et l'approvisionnement du marché, et cela, en recourant à l'importation pour combler les besoins enregistrés dans certains produits essentiels».

M. Mohamed Ghannouchi a souligné que le secteur touristique a bénéficié, quant à lui, d'une attention continue, le gouvernement ayant alloué des crédits supplémentaires au bénéfice de la publicité touristique et oeuvré à dynamiser les mécanismes existants pour consolider la formation des employés de ce secteur et inciter les propriétaires d'hôtels à assurer la maintenance et la réhabilitation de leurs installations afin de renforcer la compétitivité du secteur et préparer celui-ci pour un nouvel essor.

«Eu égard à l'importance de l'investissement privé dans la stimulation du processus de développement, a-t-il ajouté, l'année 2003 a été marquée par l'adoption d'un ensemble de mesures et d'incitations qui consistent, notamment, en la réduction du taux d'intérêt d'environ un point et l'installation de l'organisme ad hoc de gestion du système de garantie des crédits et des participations dans les secteurs non agricoles. Ceci, outre l'encouragement accru des sociétés d'investissement à mobiliser les fonds propres, la révision des modes d'intervention du Fonds de promotion et de décentralisation industrielle (Foprodi), la multiplication du capital des sociétés régionales d'investissement pour renforcer leur aptitude à aider au lancement des projets et à leur financement, en plus du parachèvement des procédures permettant aux agents de la Fonction publique de se consacrer au lancement de projets à compte privé, avec octroi de la moitié du salaire en cas d'implantation dans les zones de développement régional».

Le Premier ministre a affirmé que grâce à la conjonction de tous ces facteurs et malgré la persistance du phénomène de ralentissement de la croissance dans l'espace européen qui polarise près de 80%de nos exportations et assure près de 77% des recettes du tourisme, la plupart des objectifs de l'exercice qui s'achève ont pu être réalisés.

Il a annoncé qu'il est prévu que le taux de croissance du produit intérieur brut (PIB) soit supérieur à 5,5% aux prix constants contre seulement 1,7% en 2002, notant que l'agriculture a contribué de manière tout à fait notable à cette progression, ce secteur ayant enregistré une évolution calculée à environ 22% après être tombé à près de 11% l'an dernier. Le secteur des technologies de la communication poursuit, quant à lui, sa course ascendante, son taux de progression au cours de l'année 2003 devant être comme prévu de l'ordre de 18%, tandis que les prévisions pour le secteur touristique avoisinent le niveau de 2002, maintenant que la baisse importante enregistrée au cours des premiers mois de l'année en cours a été palliée.

M. Mohamed Ghannouchi a ajouté que la stimulation du processus de développement s'accompagne d'un effort conséquent pour la préservation des équilibres financiers intérieurs et extérieurs. C'est ce qui s'est reflété, notamment, à travers l'atténuation du déficit courant de la balance des paiements, qui, de 3,6% du PIB en 2002, a été ramené à 3% durant l'année en cours, tandis que le déficit du budget de l'Etat a été circonscrit dans les limites de 2,6% du PIB, soit la même proportion qu'en 2002. Ceci outre la maîtrise de la dette extérieure qui a été maintenue dans les limites acceptables qui concordent avec les possibilités de remboursement dès lors que le taux d'endettement n'a pas été supérieur à 50,3% du PIB et que le service de la dette n'a pas dépassé 15% des recettes courantes.

Le Premier ministre a rappelé qu'un effort continu a été déployé pour maîtriser la hausse des prix que génèrent les variations des taux de change et la persistance des prix du pétrole sur le marché mondial à des niveaux élevés qui sont en moyenne de l'ordre de 29 dollars le baril, ainsi que les incidences des données climatiques sur certains produits agricoles, précisant que l'on s'attend à ce que la progression de l'indice des prix, cette année n'aille pas au-delà de 2,5%.

Les efforts se sont poursuivis en faveur de la création d'un surcroît d'emplois et de sources de revenus, a-t-il ajouté, rappelant que, grâce aux plans et programmes établis et aux mécanismes de soutien, dont en particulier le Fonds national de l'emploi et la Banque tunisienne de solidarité, 65.000 emplois ont été créés dans les secteurs autres que l'agriculture et le tissu des petites entreprises a été renforcé, ce qui a contribué à la regression du taux de chômage, lequel est tombé à 14,3%, malgré la progression rapide de la demande additionnelle d'emplois.

Il a expliqué que la récente évaluation opérée par le Forum économique mondial de Davos a confirmé la place honorable que la Tunisie continue d'occuper en matière de compétitivité globale, en arrivant au 38e rang sur un total de 102 pays, de même qu'en matière de compétitivité des entreprises, domaine dans lequel elle occupe la 33e place sur un total de 95 pays.

Bien qu'importants, ces résultats ont besoin d'être renforcés et inscrits dans une logique de durée, au vu des défis existants et potentiels et compte tenu des ambitions et des aspirations de la communauté internationale, a encore déclaré le Premier ministre.

M. Ghannouchi a souligné que l'année 2004 revêt une importance toute particulière dans la mesure où elle sera marquée par un événement politique majeur, à savoir l'organisation des élections présidentielle et législatives, après la réforme fondamentale introduite dans la Constitution, et après la suite positive que le Président Zine El Abidine Ben Ali a donnée à l'appel qui lui avait été lancé par le peuple tunisien, afin qu'il se porte candidat à la prochaine élection présidentielle. L'année 2004 revêt également une importance particulière, parce qu'elle constitue l'année durant laquelle se parachèvera la concrétisation des choix, programmes et objectifs énoncés dans le programme du Président de la République pour l'avenir. C'est aussi, a-t-il ajouté, une année déterminante dans l'exécution du Xe Plan national de développement, en même temps qu'une étape avancée, sur la voie de la concrétisation de l'accord de partenariat avec l'Union européenne.

M. Ghannouchi a, d'autre part, indiqué qu'en référence au discours historique prononcé par le Président de la République à l'occasion du seizième anniversaire du Changement du 7-Novembre, les priorités de l'action du gouvernement au cours de l'année 2004 s'articuleront autour du renforcement de la compétitivité de l'économie nationale, de manière à accroître les exportations au rythme de 5,9% aux prix constants, et de la réalisation d'un rythme de croissance du PIB qui soit de l'ordre de 5,6% aux prix constants, sur la base d'une participation équilibrée des diverses activités de l'économie.

Il a expliqué qu'au nombre des priorités figure, également, l'encouragement de l'investissement intérieur et extérieur, de telle sorte qu'il atteigne 24,5% du PIB ainsi que la préservation des équilibres financiers, au moyen de la réduction du déficit courant de la balance des paiements, dans les limites de 2,8% du PIB, du déficit du budget de l'Etat dans les limites de 2,1% et de la dette extérieure dans les limites de 47,3%, outre la création de pas moins de 70.000 emplois nouveaux dans les secteurs autres que l'agriculture, le développement des ressources humaines et l'action continue en faveur du gain du pari de la société du savoir.

Le Premier ministre a ajouté que tous ces efforts sont en corrélation étroite avec la poursuite de la consécration du volet social de la politique de développement, l'amélioration du niveau et de la qualité de la vie de toutes les catégories sociales, ainsi que la consécration du processus de démocratie, de pluralisme et de droits de l'homme, dans leurs significations les plus exhaustives, dans le cadre d'une société cohérente et solidaire au sein de laquelle prévalent les valeurs de juste milieu, de modération et de tolérance.

M. Mohamed Ghannouchi a indiqué que l'action se poursuit avec détermination et assurance, pour renforcer la compétitivité de l'économie, d'autant quelle représente l'une des conditions fondamentales de la conquête de nouveaux marchés pour l'écoulement du produit tunisien, la consolidation des opportunités d'investissement et d'emploi et l'accélération du rythme de croissance.

Il a relevé que l'élargissement de l'Union européenne avec l'adhésion de dix nouveaux Etats, à partir du 1er mai 2004, et l'étape avancée dans laquelle se trouve aujourd'hui l'accord de partenariat avec l'espace européen, outre le démantèlement total des conventions multifibres au début de 2005, conduiront à une concurrence plus exacerbée sur le marché intérieur tout autant que sur les marchés extérieurs, ce qui nécessite d'agir en vue de continuer à moderniser l'arsenal législatif et réglementaire, à améliorer les services fournis à l'entreprise et à consolider l'infrastructure, pour mieux adapter l'environnement du monde des affaires aux exigences de l'étape à venir.

Le Premier ministre a ensuite passé en revue les efforts déployés en vue de réduire les taux en vigueur des taxes douanières, améliorer les performances du commerce extérieur, au moyen du parachèvement du système de la liasse unique pour qu'il englobe les volets relatifs au transport, parfaire le fonctionnement de l'administration et des services qu'elle rend à l'entreprise, moderniser l'infrastructure et les communications, poursuivre la mobilisation des eaux et l'aménagement des périmètres irrigués et des zones industrielles.

Il a souligné que par-delà l'importance qu'elle revêt pour le renforcement de la compétitivité de l'économie, l'amélioration de l'environnement général du monde des affaires commande qu'elle soit exploitée au mieux par l'entreprise elle-même, d'où la nécessité pour celle-ci de fournir un effort continu de mise à niveau et de modernisation, sur le plan de l'organisation et de la gestion, de la modernisation des équipements et de l'adhésion aux réseaux mondiaux de commercialisation et de distribution.

Il a précisé que dans le but de consolider ce processus, le gouvernement continuera à inciter l'entreprise à mettre à profit les mécanismes de la formation continue auxquels ont été alloués, pour l'année à venir, pas moins de 25 millions de dinars de crédits, et que l'effort sera porté sur la stimulation du processus de mise à niveau, à la lumière des résultats encourageants qui ont été enregistrés par les entreprises qui en sont à un stade avancé dans leurs programmes de mise à niveau.

M. Mohamed Ghannouchi a indiqué que le programme pour l'année à venir prévoit l'insertion de pas moins de 300 nouvelles entreprises industrielles, avec un accent particulier sur le secteur des textiles et du prêt-à-porter, en vue d'accélérer le rythme d'amélioration de ses performances, compte tenu de l'ampleur des défis de l'étape à venir. D'autre part, le programme de mise à niveau intéressera, également, 50 entreprises de services, en plus du démarrage d'un programme cohérent pour la mise à niveau du secteur touristique dans le but d'en améliorer le rendement.

M. Mohamed Ghannouchi a, par ailleurs, souligné que, parallèlement à ce processus, l'on a entrepris de mettre en oeuvre le programme de modernisation de l'industrie dont le Chef de l'Etat avait ordonné l'application et qui constitue le complément du programme de mise à niveau et un facteur efficient qui permet à nos entreprises industrielles nationales d'entrer dans une nouvelle phase de développement, en plus de l'action entreprise en vue de faciliter les conditions de création des groupes de sociétés, eu égard à leur rôle agissant dans le renforcement de la compétitivité de l'entreprise et dans la consolidation du tissu industriel, de façon à renforcer son aptitude à coopérer avec le monde extérieur.

Le Premier ministre a ajouté que le gouvernement aspire à voir les chefs d'entreprise et les promoteurs faire preuve d'esprit d'initiative et d'audace, pour intensifier les investissements dans le sens des priorités nationales, en vue de porter à 56% la contribution du secteur privé à l'investissement global au cours de l'année 2004.

L'année 2004, a indiqué le Premier ministre, verra la poursuite de cet effort dans le sens du renforcement de la capacité d'identification des projets et de l'appui aux jeunes promoteurs en vue de réaliser des projets innovants. Cette orientation, a-t-il dit, se concrétisera par la poursuite de la généralisation progressive des pépinières de projets autour des établissements d'enseignement supérieur pertinents ainsi qu'à travers la concrétisation de la nouvelle orientation décidée par le Chef de l'Etat et consistant à associer les grandes entreprises publiques à cet effort, et grâce aux opportunités d'investissement offertes au secteur privé dans le cadre de la poursuite du programme de privatisation, qui concernera, en 2004, près de 20 entreprises, ou dans le cadre du régime de concession, pour épauler l'effort de l'Etat dans le domaine de l'infrastructure et de l'équipement.

Le Premier ministre a indiqué que ces mesures seront renforcées par l'accroissement des liens et de la complémentarité entre la recherche scientifique et le monde des affaires, en vue de mettre à profit les innovations scientifiques, pour impulser les investissements innovants et diversifier le tissu économique national. En outre et en concrétisation des mesures annoncées par le Chef de l'Etat, sera créé un fonds de valorisation des brevets d'invention à travers l'aide à la production de prototypes, considérée comme une étape indispensable préparant le passage à la phase industrielle.

M. Mohamed Ghannouchi a, par ailleurs, fait remarquer que, compte tenu de l'importance de la polarisation des investissements étrangers pour soutenir l'effort national et favoriser l'insertion du tissu économique dans le circuit économique mondial, les efforts seront impulsés en vue de faire connaître le climat et les opportunités d'investissement dans les secteurs prioritaires. Un certain nombre d'études, a relevé le Premier ministre, ont été menées en vue de définir le positionnement concurrentiel de nombreuses activités économiques dans l'industrie et les services, de manière à renforcer nos capacités d'écoulement et à nous permettre d'élever le volume global des investissements directs extérieurs à 1.220 millions de dinars en 2004.

Le Premier ministre a également indiqué que les instances concernées oeuvrent vigoureusement à orienter cet effort vers les zones de développement régional après avoir réussi à améliorer, de manière continue, l'infrastructure dans ces régions et institué nombre d'incitations fiscales et financières spécifiques.

M. Mohamed Ghannouchi a déclaré que le maintien d'équilibres financiers sains demeure l'une des principales préoccupations de l'action gouvernementale, du fait qu'il constitue une condition essentielle de la poursuite du processus de développement, de la préservation de la crédibilité du pays et de son autonome de décision.

Il a ajouté que le schéma de développement adopté pour l'année 2004 reflète ce souci de manière très claire, que ce soit à travers la poursuite de l'action tendant à rationaliser les dépenses ou à travers la promotion de l'épargne et le soutien à l'exportation.

Le Premier ministre a affirmé le souci de maintenir le rythme de la consommation dans les limites compatibles avec les moyens du pays, de manière à éviter le recours excessif à l'emprunt extérieur avec les charges qu'il entraîne pour la communauté nationale.

Il a précisé que le gouvernement a adopté une méthode médiane qui concilie les aspirations en matière de poursuite de l'amélioration du niveau de vie avec la nécessité de maîtriser l'endettement et d'honorer les engagements.

Dans ce contexte, il a indiqué que le projet de budget de l'Etat soumis à la Chambre reflète le souci de consacrer cette équation, En effet, a-t-il ajouté, les dépenses de l'Etat en matière de gestion et de développement ont été arrêtées dans les limites de 8.180 millions de dinars, soit une augmentation de 5,9%, ce qui est de nature à contribuer à la rationalisation de la consommation globale dont l'évolution reste dans les limites de 7,7%, soit un taux inférieur à celui de la croissance prévue du PIB aux prix courants, soit 8,3%.

Dans le même ordre d'idées, M. Mohamed Ghannouchi a assuré que le gouvernement s'emploiera à impulser davantage l'épargne nationale avec pour objectif de l'élever à 22,2% au moins du PIB en 2004, contre 21,7% cette année.

Le Premier ministre a précisé que, dans le but de dynamiser le marché financier, eu égard à son rôle dans la mobilisation de l'épargne à long terme, et de procurer à l'entreprise les financements adéquats, le gouvernement poursuivra l'incitation des entreprises à faire leur introduction en Bourse. Il a ajouté que le projet de loi de finances comporte, à cet effet, une mesure importante qui consiste à exonérer de l'impôt sur les sociétés la plus-value réalisée dans le cadre de l'opération de l'introduction en Bourse. De même, le gouvernement a, conformément aux décisions annoncées par le Chef de l'Etat dans son dernier discours, entamé l'élaboration d'un projet de loi visant à garantir la régularité des transactions financières et à renforcer la crédibilité du marché financier.

D'autre part, M. Mohamed Ghannouchi a affirmé que les efforts seront intensifiés pour impulser l'exportation à la lumière du potentiel de production répondant aux normes mondiales, et en s'appuyant sur les mécanismes qui continueront à être mis en oeuvre pour aider les entreprises à conquérir les marchés extérieurs.

Dans le même but, le Premier ministre a assuré que le gouvernement oeuvrera également au soutien de la mobilisation des ressources extérieures dans le cadre de la coopération internationale, en plus de l'accélération du rythme d'attraction des investissements extérieurs.

Nous avancerons sur la voie de la libéralisation de l'économie à mesure que s'améliore la situation des finances extérieures, et ce, conformément à la politique des étapes que nous avons adoptée, a ajouté M. Ghannouchi.

Il a déclaré, en outre, que conformément aux décisions annoncées par le Chef de l'Etat le 7 novembre dernier, le gouvernement a entrepris une évaluation approfondie du code des changes en vue de l'harmoniser avec l'ensemble des textes législatifs nationaux ainsi qu'avec la réglementation en vigueur chez nos partenaires à l'extérieur, de manière à renforcer notre aptitude d'insertion dans l'économie mondiale.

D'autre part, a-t-il ajouté, les mesures adéquates ont été prises en vue de concrétiser la décision présidentielle consistant à faire passer de 50 à 70% la part des recettes en devises étrangères que l'entreprise peut conserver afin de renforcer ses capacités à couvrir les risques de change et à réaliser des transactions extérieures.

Le Premier ministre a souligné le souci de promouvoir l'emploi sur des bases saines et durables, conformément aux orientations du programme du Chef de l'Etat pour l'avenir, précisant que les mécanismes créés à cet effet, notamment le Fonds national de l'emploi et la Banque tunisienne de solidarité, ont aidé à la concrétisation de cette approche, en parvenant à maîtriser le taux du chômage.

Il a précisé, dans le même ordre d'idées, que cette orientation sera confortée pour l'année à venir par la création d'au moins 70.000 nouveaux emplois dans les secteurs non agricoles, soit 5.000 emplois de plus que l'année en cours.

Il sera procédé au recrutement de 13.400 agents dans la Fonction publique, dont 9.400 titulaires de diplômes universitaires, et ce, grâce à la réalisation de mille nouveaux recrutements, en application de la décision annoncée par le Chef de l'Etat, a ajouté le Premier ministre, qui a passé en revue les divers programmes de formation de mise à niveau et d'emploi qui profiteront à environ 29.000 diplômés de l'enseignement supérieur, grâce au programme additionnel décidé par le Chef de l'Etat en faveur de 10.500 bénéficiaires figurant dans cette catégorie.

Gagner le pari de la société du savoir constitue une priorité nationale absolue, s'agissant là d'une condition incontournable pour la réalisation de la prospérité économique et du bien-être social, l'ouverture de larges perspectives pour le développement, l'exportation et l'emploi, a encore déclaré le Premier ministre, relevant que le budget 2004 réserve plus de 2.500 millions de dinars au secteur de l'éducation, de l'enseignement et de la formation.

Il a indiqué, dans le même contexte, que l'année 2004 verra aussi, la poursuite de la concrétisation de la réforme éducative, dans le cadre de la consécration des fondements de l'école de demain.

De grands efforts seront également déployés pour faire face à l'accroissement de l'effectif des étudiants dont le nombre dépassera, au cours de la prochaine année universitaire, les 330.000, a-t-il ajouté.

Par ailleurs, M. Mohamed Ghannouchi a précisé que d'importants crédits seront consacrés, l'an prochain, aux centres, laboratoires et unités de recherche et au développement de la technologie, en allouant 1% du PIB à ce secteur, conformément au programme du Chef de l'Etat pour l'avenir.

Il a souligné que, dans le but d'enraciner la culture numérique et la société du savoir, les décisions annoncées par le Président de la République, le 7 novembre dernier, permettront aux familles d'avoir accès à l'internet et d'accélérer le parachèvement du programme de connexion des écoles primaires à ce réseau, outre les initiatives présidentielles portant réduction à hauteur de 25% du coût des services de transmission de données par internet.

Le Premier ministre a souligné que le souci d'élargir la base économique, de promouvoir l'emploi et de bâtir la société du savoir, s'accompagne de l'effort soutenu visant à améliorer le revenu et la qualité de la vie, parallèlement à l'intérêt accordé aux aspects sociaux, en concrétisation du choix fondamental de la Tunisie qui considère les dimensions économique et sociale comme étant indissociables.

Il a indiqué que, sur la base de cette approche, l'amélioration du revenu par tête d'habitant se poursuivra pour le porter, conformément au programme présidentiel pour l'avenir, à 3.540 dinars en 2004, relevant que cette amélioration profitera à toutes les catégories sociales et que l'année qui s'annonce sera marquée par le versement de la troisième tranche du programme triennal d'augmentation des salaires et le renforcement des transferts sociaux qui représentent, actuellement, plus de 20% du PIB.

Il a fait remarquer que le projet de budget de l'Etat reflète cette tendance, en consacrant 50,7% du total des crédits de fonctionnement et de développement aux volets sociaux, soulignant que le renforcement des transferts sociaux s'explique aussi par l'évolution constante du nombre d'affiliés aux caisses sociales, qui représente environ 86% de la population bénéficiant d'un régime légal de couverture sociale.

Le Premier ministre a indiqué que, dans le droit fil de ces orientations, un intérêt accru sera porté aux catégories sociales ayant des besoins spécifiques, à travers, notamment, la poursuite des interventions du Fonds de solidarité nationale en vue de parachever la réalisation du programme d'éradication des habitations rudimentaires, ainsi que la poursuite de l'exécution des divers programmes d'aide aux familles nécessiteuses ou à revenus limités, aux personnes âgées, aux handicapés et à l'enfance sans soutien ou en difficulté.

Il a, dans le même ordre d'idées, mis l'accent sur les efforts qui seront déployés en vue de conférer aux interventions de la BTS et au dispositif de microcrédits davantage d'efficacité en matière de création et de consolidation des sources de revenus au profit des sans-soutien et des handicapés, de manière à faciliter leur intégration dans la vie active, au même titre que la sollicitude accrue qui sera accordée à la femme à besoins spécifiques, en particulier en milieu rural.

Après avoir mis en exergue l'attention toute particulière que le Président de la République accorde à la jeunesse, le Premier ministre a souligné que les efforts porteront davantage sur l'intensification des canaux d'écoute permettant de répondre aux attentes et aux aspirations des jeunes, ainsi que sur le renforcement du système d'enseignement et de formation et la consolidation des installations et des infrastructures sportives et de loisirs destinées à la jeunesse dans toutes les régions du pays.

Il a mis en évidence la considération internationale dont bénéficie l'approche tunisienne en matière d'encadrement de la jeunesse, illustrée, de nouveau, à travers l'adoption par l'Assemblée générale des Nations unies du projet de résolution proposé par le Président Zine El Abidine Ben Ali et consacrant le droit des jeunes à la pratique du sport et de l'éducation physique dans des conditions convenables.

M. Mohamed Ghannouchi a, par ailleurs, souligné l'intérêt particulier que le Chef de l'Etat ne cesse d'accorder au secteur de la culture, eu égard à son rôle dans le raffermissement des attributs de l'identité nationale, l'enracinement du sens civique et l'épanouissement des énergies créatrices et innovatrices. C'est ce que reflète le projet de budget de l'Etat pour l'exercice 2004, qui consacre, pour la première fois dans l'histoire de la Tunisie indépendante, 1% de l'enveloppe totale des crédits au secteur culturel, conformément au programme présidentiel pour l'avenir, a-t-il ajouté.

Ces orientations et programmes, a-t-il poursuivi, sont confortés par l'accroissement des efforts en vue d'améliorer davantage la qualité de la vie, de manière à consolider les fondements d'un environnement équilibré, où il fait bon vivre et où les attributs du bien-être se trouvent assurés.

Il a fait remarquer que des efforts plus soutenus seront déployés, dans ce contexte, en vue de la préservation d'un environnement sain, à travers la concrétisation des mesures décidées par le Chef de l'Etat à l'effet d'accélérer la finalisation du plan directeur d'aménagement du territoire national, en plus de la consolidation des ouvrages de protection des villes contre les inondations et de l'intensification des campagnes de propreté et d'embellissement des villes et des agglomérations urbaines.

M. Mohamed Ghannouchi a indiqué, à ce propos, que le projet de loi de finances prévoit la création d'un fonds spécial auquel sera allouée une enveloppe de crédits de 40 millions de dinars.

Il a, par ailleurs, relevé que les efforts seront axés, également, sur l'élargissement des programmes de loisirs au profit des familles et sur la multiplication des espaces qui s'y prêtent, en associant à cet effort le secteur privé.

Dans un autre volet de sa déclaration, le Premier ministre a souligné que parmi les constantes du projet de civilisation, figure la consolidation des fondements de l'état de droit et des institutions, qui préserve les libertés publiques et individuelles et conforte les attributs de la société civile, où prévalent la tolérance, la solidarité et les rapports civilisés entre ses différentes composantes.

L'impulsion du processus démocratique et pluraliste, a-t-il fait observer, demeure un choix fondamental que le Chef de l'Etat s'attache à conforter en permanence, selon une démarche claire et assurée, dans le cadre des principes et valeurs de la République, ajoutant que cette orientation a trouvé sa concrétisation dans la réforme constitutionnelle fondamentale qui a renforcé les valeurs-références du régime républicain, consolidé les bases de la démocratie et du pluralisme et conforte les garanties personnelles et les attributs du développement intégral.

Le Premier ministre a fait remarquer que la promotion du secteur de l'information, de façon à le mettre au diapason des mutations intérieures et extérieures et à lui permettre de s'acquitter au mieux de sa mission, constitue une orientation constante qui ne cesse de s'affermir, à la faveur des réformes et mesures qui ont contribué à faire évoluer le paysage médiatique, à élargir les tribunes de dialogue et à consolider la liberté d'opinion et d'expression dans notre pays.

Il a affirmé que les acquis enregistrés sur ce plan demeurent, malgré leur importance, une étape dans un processus aux objectifs clairs que le Président de la République s'attache à ancrer et à valoriser, à travers les initiatives successives qu'il prend pour répondre aux attentes des gens de la profession et aux aspirations de la communauté nationale.

C'est dans ce cadre, a-t-il poursuivi, que s'inscrivent les décisions que le Chef de l'Etat a annoncées dans son discours à l'occasion du 16e anniversaire du Changement et qui ont pour objectif, notamment, d'ouvrir l'espace audiovisuel aux radios et télévisions privées, de promouvoir les tâches dévolues au Conseil supérieur de la communication et d'élargir ses prérogatives, pour qu'il soit habilité à étudier les demandes de création de radios et de télévision privées et à donner son avis à leur sujet.

Dans ce contexte, le Premier ministre a déclaré que la responsabilité d'accélérer le rythme de cette démarche incombe aux gens de la profession, faisant valoir qu'une telle responsabilité doit être également assumée par les différentes parties en s'imprégnant de la culture du dialogue, de la tolérance et du pluralisme d'idées, dans l'attachement à la déontologie et aux règles de la profession et au respect des lois de la République et des valeurs de notre société.

M. Mohamed Ghannouchi a, d'autre part, déclaré que grâce à la sagesse de la direction et à l'efficience des politiques nationales, la Tunisie a réalisé des acquis et des succès multiples qui lui ont valu une place honorable sur la scène internationale.

Il a formé l'espoir de voir s'accomplir davantage de réalisations au cours de la prochaine année, afin de pouvoir mieux répondre aux aspirations de la communauté nationale dans tous les domaines. C'est là, a-t-il poursuivi, une tâche qui n'est guère aisée, au vu d'une situation internationale floue et marquée, de surcroît, par une concurrence de plus en plus âpre, à tous les niveaux, ainsi que par des défis et des enjeux de plus en plus graves.

«Nous n'avons d'autre choix,a encore dit M. Mohamed Ghannouchi, que de continuer d'approfondir les réformes, d'accélérer le rythme de mise à niveau et de stimuler l'esprit d'initiative et d'innovation. Nous sommes tenus à un surcroît de labeur et d'efforts et à la diffusion de la culture de la qualité et de la perfection, sur la plus large échelle possible. Tout cela en comptant en premier lieu, sur nous-mêmes et en stimulant les bonnes volontés et les énergies créatrices, d'une part, et en oeuvrant à l'élargissement des champs de la coopération avec les pays frères et amis et avec les institutions et les espaces économiques de notre environnement immédiat et lointain, d'autre part».

Le Premier ministre a affirmé, à ce propos, le souci de la Tunisie de demeurer cette terre de rencontre, de dialogue et de rapprochement, au service des intérêts des peuples de la région et de la consolidation des hautes valeurs universelles.

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Il a fait valoir dans cet ordre d'idées que le Sommet du dialogue 5+5, que la Tunisie a accueilli la semaine dernière, a été une occasion privilégiée pour la consécration de cette voie, de manière à ce que ce sommet représente une importante étape dans le processus visant à réaliser davantage de rapprochement et de coopération entre les deux rives de la Méditerranée.

Le Premier ministre a conclu en affirmant que les Tunisiens s'engagent dans la prochaine étape avec confiance et assurance, mus par une détermination totale à conforter les attributs du développement équilibré et du progrès continu, forts, en cela, de la direction sage du Président Zine El Abidine Ben Ali, de ses choix pertinents, de l'adhésion des forces vives du pays à ses choix, ainsi que de l'aptitude des compétences et des cadres nationaux en matière d'analyse, de prospection, de conception et d'élaboration des réformes et des projets adéquats, de manière à garantir l'enrichissement des acquis et des réalisations et la poursuite du processus de réforme et de changement à pas sûrs, pour le bien de l'ensemble des Tunisiens et des Tunisiennes.

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