La Presse (Tunis)

Tunisie: Mesures présidentielles pour l'emploi des jeunes diplômés

Raouf Seddik

14 Décembre 2003


Une mobilisation sous le signe de la diversité

Suite aux décisions prises par le Président de la République le 7 novembre dernier, visant à renforcer les mesures d'aide à l'emploi au profit des diplômés de l'enseignement supérieur, les directeurs régionaux des agences de l'emploi et du travail indépendant se sont réunis le 9 décembre autour de la question des moyens à mettre en oeuvre en vue de concrétiser ces décisions.

Rappelons que cette mobilisation exceptionnelle correspond à une situation qui se caractérise par une augmentation continuelle du nombre de diplômés arrivant chaque année sur le marché du travail. Ils étaient 7.000 au début des années 90 : ils atteignent cette année le chiffre de 34.500. Et la progression se poursuit avec des prévisions pour 2007 et 2014 qui sont respectivement de 61.500 et de 100.000 !

Confronté à cette demande additionnelle de plus en plus forte en provenance des diplômés de l'enseignement supérieur, l'Etat a mis en place tout un dispositif dont il a veillé aussi à diversifier les mécanismes : stages de préparation à la vie professionnelle, formation au travail indépendant, stages d'initiation à la création d'entreprises à travers des sessions courtes.

Les plans mis en place à l'échelon régional et qui englobent les différents mécanismes ont touché cette année, et jusqu'à la fin novembre, quelque 24.718 bénéficiaires. Ce qui inclut les jeunes qui ont fait l'objet d'un recrutement direct et dont le nombre atteignait les 6.779 à la fin du mois d'octobre. Quant aux autres bénéficiaires, ils ont été 9.965 à participer aux programmes d'intégration et de recyclage professionnel, 1.326 à avoir lancé des projets financés par la Banque tunisienne de solidarité et 6.646 à avoir reçu une formation spécialisée.

S'agissant de l'année 2004, on sait que près de 8.400 diplômés de l'enseignement supérieur devraient intégrer la Fonction publique. Or, la décision présidentielle vise à majorer de 10.500 le nombre des bénéficiaires par rapport à ce qui est déjà prévu dans le cadre du programme normal d'aide à l'intégration des diplômés dans le monde du travail.

Ces 10.500 se répartissent en cinq catégories. Une première catégorie concerne ceux - au nombre estimé de 2.000 - qui devraient bénéficier de la mesure permettant aux entreprises privées d'être déchargées par l'Etat, et pendant la durée d'un an à partir de la date de recrutement, de 50% du salaire. Prise en charge qui ne saurait cependant dépasser le seuil des 250 dinars par mois.

La mesure s'applique dès lors que le jeune Tunisien est titulaire d'un diplôme correspondant à une durée d'études de deux ans au minimum et qu'il est, en outre, inscrit à un bureau de l'emploi. D'autre part, les entreprises doivent répondre à l'une des trois conditions suivantes: ne disposer encore d'aucun diplômé en leur sein, être des PME qui entament leur adhésion au programme de mise à niveau et, enfin, être des PME établies dans les zones de développement régional.

Le fait, précise-t-on, que le jeune diplômé le soit dans telle ou telle spécialité ou que la date d'obtention de son diplôme soit plus ou moins reculée n'a pas d'incidence sur son aptitude à bénéficier de la mesure.

Le mode d'application de cette disposition est actuellement en cours de définition et devrait être précisé par circulaire.

Cinq mille autres jeunes diplômés devraient, d'autre part, venir s'ajouter à ceux qui sont déjà prévus dans le cadre du programme d'initiation à la vie professionnelle. De sorte que leur nombre devrait atteindre 12.000 en 2004. Point important : ce type de formation, dont on se soucie d'améliorer également le niveau de qualité, a permis à ceux qui en bénéficient d'atteindre un taux de recrutement de l'ordre de 87%.

Le séminaire des directeurs régionaux insiste aussi sur la nécessité d'une gestion souple et décentralisée de ces actions.

Troisième catégorie de bénéficiaires - au nombre attendu de 500 : ceux par qui va être inauguré le programme de préparation au travail indépendant. Il s'agit donc d'un nouveau programme, qui comporte une partie théorique et une autre, pratique, en entreprise. Il vient s'ajouter, notons-le, à d'autres programmes existants tels que le «Cefe», le «Cree» et le «Germe» qui renvoient à des sessions de formation courtes, toutes initiées par l'Agence de l'emploi et du travail indépendant.

Là encore, le bénéficiaire potentiel doit être titulaire d'un diplôme équivalent à deux années d'études.

On souligne cependant que ce nouveau programme prévoit au profit des bénéficiaires les mêmes avantages prévus par la circulaire du Premier ministre en date du 7 septembre 2000 relative à la prise en charge du salaire et de la couverture sociale du stagiaire par la Caisse du Fonds national pour l'emploi 21-21.

La mise en oeuvre de ce nouveau programme, encore à l'étude quant à la définition précise de ses programmes, du profil de ses intervenants et des espaces pouvant servir d'accueil, engage une collaboration entre le ministère de l'Emploi d'une part et, d'autre part, les établissements relevant de l'Enseignement supérieur ainsi que certaines structures d'appui au développement et à l'investissement.

La quatrième catégorie de bénéficiaires est visée par la mesure visant à augmenter le nombre des sessions de formation des programmes existants précités et qui visent essentiellement à apporter aux jeunes une initiation à la création d'entreprise. Depuis leur lancement en 1996, ces programmes ont touché 11.120 promoteurs, parmi lesquels 4.371 étaient des diplômés de l'enseignement supérieur, soit 40%.

La décision présidentielle, indique-t-on, viserait à porter le nombre de bénéficiaires diplômés à 2.500. D'ores et déjà, la phase de formation des formateurs a été engagée. Elle devrait permettre de renforcer l'équipe qui anime le programme de formation au travail indépendant en portant le nombre de ses membres à 200 personnes.

Signalons encore qu'à la veille du séminaire des directeurs régionaux et de façon parallèle, quelque six sessions de formation ont débuté, consacrées celles-là aux promoteurs eux-mêmes : elles ont pour objet de développer l'esprit d'entreprise auprès de 150 titulaires de diplômes de l'enseignement supérieur, des gouvernorats de Tunis, Bizerte, Nabeul, Sousse, Gafsa et Gabès.

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Dernière catégorie de bénéficiaires : les jeunes diplômés qui, en raison de la nature des études qu'ils ont suivies, rencontrent des difficultés sur le marché de l'emploi. Pour eux, des actions de recyclage sont prévues afin de leur apporter des compétences complémentaires dans des domaines valorisés tels que l'informatique et la communication.

Les interventions du FNE dans ce domaine ont touché, depuis sa création, 15.808 bénéficiaires. Le Président de la République a ordonné le 7 novembre dernier le recyclage de 4.000 demandeurs d'emploi diplômés au cours de l'année 2004, ce qui correspond à une augmentation de 2.000 bénéficiaires par rapport à ce qui est initialement prévu dans le cadre des programmes normaux.

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