Karima Mokrani
14 Décembre 2003
Les services du ministère des Ressources en eau rassurent les populations d'Alger et de sa périphérie que les réserves actuelles en eau potable suffisent largement à répondre à leurs besoins et ce, jusqu'à 2005.
Et pour cause, les chutes de pluie enregistrées entre le 10 et le 13 du mois en cours ont permis aux barrages en exploitation dans le Centre du pays d'atteindre des apports de 14,4 millions m3, soit un taux de remplissage de 47,5%. Le barrage de Keddara, qui alimente en grande partie Alger, enregistre un taux de remplissage de 77,93%, soit un volume total de 112,06 millions m3, alors qu'il était presque à sec l'année dernière. Le barrage d'El Hamiz, qui alimente lui aussi la capitale, enregistre un apport de 11,36 millions m3, soit un taux de remplissage de 72,82%. Le barrage de Lazib, situé dans la wilaya de Médéa, relié à celui de Bouroumi dans la wilaya de Aïn Defla et qui rentre dans le système d'alimentation en eau potable de la capitale, enregistre également un apport de 13,9 millions m3. Interrogé par l'APS, le directeur central chargé de l'AEP au ministère des Ressources en eau, M. Messaoud Terra, rappelle que l'unité de l'Algérienne des eaux (ADE) produit 660 000 m3/jour, provenant essentiellement des barrages de Lazib, Bouroumi, Boukerdene et des nappes souterraines de Mazafran, Barraki et El Hamiz.
En ce qui concerne la cadence de la distribution de l'eau, précise-t-il, l'opération se déroule à raison d'une moyenne de 10 h/jour, et de 1 jour/2 pour les «points noirs», comme Bouzaréah, Chéraga et Aïn Benian. M. Terra indique, par ailleurs, que le problème d'approvisionnement en eau potable au niveau de ces quartiers est dû principalement à une mauvaise gestion de l'opération de distribution. Pour y remédier, estime le représentant du ministère, il faut mener à terme le projet de modernisation des réseaux de distribution, en assurant une maintenance efficace. Pour rappel, le projet en question, financé par la Banque internationale de développement, est en cours à l'ouest de la capitale (Ben Aknoun, Chéraga, Bir Mourad Raïs et El Biar). En plus des eaux provenant des barrages et des nappes phréatiques, le directeur central chargé de l'alimentation en eau potable au ministère des Ressources en eau rappelle que les autorités algériennes ont décidé de mettre à exécution le projet de réalisation de stations de dessalement de l'eau de mer pour éviter la crise d'eau connue en Algérie durant 2001 et 2002.
A ce propos, M. Terra précise qu'une société étrangère a été choisie pour la réalisation de la station d'El Hamma, d'une capacité de 200 000 mètres cubes/jour. Les travaux seront prochainement entamés pour une durée de deux ans. Notons enfin que les populations du Centre du pays ne profitent pas seules des dernières chutes de pluie. Les précipitations enregistrées dans différentes régions du Nord ont permis, en tout, un apport de 98,3 millions m3, ce qui représente un taux global de remplissage de 43,23%. Autrement dit, les réserves actuelles sont de 2,42 milliards m3, alors que l'année dernière, il n'y avait dans l'ensemble des barrages en exploitation que 1,4 milliard m3. Le communiqué du ministère des Ressources en eau indique que la région Est du pays a enregistré un volume de 40,9 millions m3, ramenant le taux de remplissage à 45,69%. Dans l'Ouest du pays, les apports enregistrés sont de 24,04 millions m3, soit un taux de remplissage de 40,35%. Le barrage de Gargar (wilaya de Relizane), qui alimente Oran en eau potable, a enregistré 10,6 millions m3. Son volume actuel est de 211,72 millions m3. Pour ce qui est de la région du Chellif, 18,8 millions m3 sont emmagasinés au niveau des barrages. Le taux de remplissage est de 39,50%.
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