Brice Mbeze
15 Décembre 2003
Beaucoup de familles s'habillent chez le tailleur.
Emilie et son amie fréquentent le lycée d'Elig Essono. Mercredi dernier, leurs sacs ne contenaient pas seulement les manuels scolaires. En sortant le matin, elles ont glissé les pagnes dans leurs sacoches. A la sortie des classes, elles se sont dirigées vers le marché du Mfoundi, derrière la SCB Crédit lyonnais. La ruelle reliant la cathédrale Notre Dame des victoires au lieu dit " Renault " s'est construite une réputation. Elle est considérée comme l'une des places fortes de la friperie et de la vente des tissus dans la capitale. Cet endroit a surtout une face cachée. Il abrite les ateliers de couture. Les deux lycéennes qui préparent déjà leurs fêtes ont donc jeté leur dévolu sur ce marché.
Elles sont allées solliciter les services de Amatoukour. Un peuhl de la Guinée Conakry qui tient un atelier derrière la SCB depuis une dizaine d'années. Emilie et son amie ont discuté pendant quelques minutes avec le tailleur. Elles ont fini par s'entendre avec l'homme en chéchia. Il leur a demandé de payer 12.000 francs. Pour les deux tissus, elles ont payé une avance de 5000 francs. Le tailleur leur a donné rendez-vous lundi pour le retrait. Elles sont retournées chez elles après avoir fait le tour du marché. Pourquoi préfèrent-elles faire coudre les habits au lieu d'en acheter ? Emilie répond qu'elle " aime particulièrement les pagnes. Je préfère les faire coudre moi-même au lieu de les acheter dans un prêt à porter où ils coûtent cher ". Un point de vue qui contraste avec celui de Régine Abanda. Elle pense que " coudre les habits ne fait pas tendance. Beaucoup de jeunes filles et de garçons préfèrent être à la mode ", note-t-elle.
La confection des tissus continue d'occuper néanmoins une place de choix dans la politique du vêtement de certaines familles. La couture résiste à la percée de plus en plus grande de la friperie et du prêt-à-porter. A Yaoundé, certains couturiers sont très sollicités. Les plus célèbres sont localisables à Nkolndongo, à " Dragages " ou encore au quartier Golf, du côté de la foire. Thierno, un tailleur installé au marché de Mokolo, autre place forte de la confection des habits, indique que " pour le moment, il ne reçoit que des commandes pour des enfants. Les personnes d'un certain âge arrivent le plus souvent après la fête de Noël. Un costume d'un enfant de 5 ans coûte 15.000 francs. Une robe d'une petite fille revient à 10.000 francs", révèle-t-il. Les mêmes prix sont pratiqués à la Briqueterie, autre point " chaud " de la couture.
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