Edmond R.
15 Décembre 2003
La présence du ministre de l'Industrialisation, du Commerce et du Développement du Secteur Privé Mejamirado au 3ème Forum de l'Agoa les 8, 9 et 10 décembre derniers à Washington D-C (voir communiqué par ailleurs) a été très utile dans la mesure où elle constituait un autre moyen d'essayer de préserver la zone franche textile des pays en développement, en général, et de Madagascar, en particulier, contre la menace réelle que constitue l'industrie textile chinoise à l'horizon 2005, à l'expiration des quotas mondiaux en termes de textile et d'habillement.
En effet, dès janvier 2005, les règles des quotas bilatéraux qui donnent un certain nombre d'avantages à certains pays émergents sur le marché mondial du textile, prendront fin. Une éventualité qui mettra la Chine, un grand producteur mondial qui dispose de beaucoup d'avantages comparatifs, au premier rang des exportateurs. Le péril jaune sera là et n'épargnera pas l'industrie malgache si des dispositions ne sont pas prises rapidement.
Difficultés
« Si l'on ne prend pas dès maintenant les mesures qui s'imposent, la zone franche textile malgache aura beaucoup de difficultés à survivre à partir de 2005 », lance cet opérateur économique malgache qui pose par ailleurs la question de savoir si le pays dispose réellement d'une vision à long terme du processus de développement économique. En prenant justement l'exemple de Maurice qui a pris cette initiative d'opter pour la zone franche informatique afin de pallier à ce que pourraient être les effets néfastes de l'expiration, prévue en janvier 2005, des quotas mondiaux en termes de textile et d'habillement, les opérateurs économiques deviennent de plus en plus sceptiques sur l'avenir de l'industrie textile malgache.
Démantèlement des quotas
En effet, en vertu de l'accord sur le textile et l'habillement, il existe une règle qui détermine des quotas bilatéraux spécifiques sur certains produits, dont le textile. La règle commande à certains grands pays importateurs, dont les Etats-Unis, le Canada et l'Union Européenne, de limiter leurs fournisseurs à des pays préalablement déterminés. Or, l'on sait que sous l'égide de l'Organisation Mondiale du Commerce, le démantèlement de ces quotas spécifiques est prévu dès janvier 2005. Ce qui veut dire en gros que tous les quotas disparaîtront. Le grand danger dans cette expiration des quotas mondiaux, c'est que les entreprises basées dans les pays fortement industrialisés et exportateurs comme la Chine, ne seront plus obligées de diversifier leurs bases industrielles hors de la Chine. Ce qui bouleversera le marché mondial du textile au détriment des petits pays comme Madagascar dans la mesure où, déjà, les entreprises américaines ont déclaré leur préférence pour un approvisionnement à partir de la Chine.
Concurrencer
Bref, l'échéance 2005 représente une menace pour l'industrie textile malgache, l'audit de la compétitivité de la chaîne Coton-Textile-Habillement à Madagascar (Madagascar Agoa Jumstart Project) prévoit : « Après le 1er janvier 2005, les exportateurs d'habillement malgache doivent être capables de concurrencer à la fois en termes de coûts et de non-coûts, c'est-à-dire répondre aux demandes qualitatives exprimées sur le marché, s'ils veulent encore figurer sur la liste des fournisseurs potentiels ». En somme, dès 2005, le textile malgache aura non seulement à récupérer le marché pris par la Chine, mais aussi à concurrencer les autres fournisseurs qui survivront à ce péril jaune.
Pour en revenir à la délégation malgache conduite à Washington D-C par le ministre Mejamirado Razafimihary, outre l'Ambassadeur de Madagascar aux Etats-Unis, Narisoa Rajaonarivony, celle-ci était également composée de 8 délégués du secteur privé, émanant notamment de Madagascar US Business Council, du Groupement des Entreprises Franches et Partenaires et de l'EFERD. Preuve que le 3 P est réel dans ce département.
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