Aimée Florentine Kabore Kaborette@yahoo.bf
15 Décembre 2003
L'Association des femmes unies pour le développement (AFUD) a organisé une causerie-débat sur la prévention et la transmission du Sida en faveur du public du secteur n° 17 de Ouagadougou, dans l'arrondissement de Boulmiougou.
C'était le 6 décembre 2003 en collaboration avec "Médecins sans frontière" et treize associations-soeurs. Cette manifestation qui s'inscrit dans la campagne mondiale contre le Sida, a été agrémentée d'une projection vidéo, d'un repas communautaire et d'une prestation théâtrale.
"Quarante (40) millions de personnes dans le monde dont vingt-six (26) millions pour l'Afrique noire souffrent actuellement du Sida. 6,5% de la population du Burkina Faso est touchée par cette maladie", selon la doyenne de l'AFUD, Mme Awa Drabo, juste après la prestation théâtrale de la troupe de l'AFUD. Elle a également soutenu que : "plus que ces chiffres, ce sont les causes de l'expansion de la maladie, causes encore vivaces dans notre société qui nous interpellent davantage : le lévirat, l'infidélité conjugale et la dépravation des moeurs". Dans cette logique, elle a affirmé qu'il faut stopper dans un premier temps, la progression du Sida et des IST, et faire reculer dans un second temps, les maladies qui compromettent le développement de la nation.
La nécessité de se protéger
La causerie-débat a permis aux agents de "Medecins sans frontière" de sensibiliser la population et particulièrement, de porter à sa connaissance que les vieilles femmes qui s'occupent de la toilette de leurs filles ou belles-filles qui viennent d'accoucher, peuvent, malgré leur âge et leur abstinence, être infectées par le VIH, si elles ne portent pas de gants. Parce que si celle qui vient d'accoucher est porteuse du virus, son sang l'est obligatoirement. Et la vieille qui fera la lessive de cette porteuse de virus est elle aussi exposée tant qu'elle n'est pas protégée. Il en est de même pour toute personne qui sera en contact avec le sang infecté.
Comme pour illustrer ces propos, Mme Honorine Kabré, sage-femme, enseignante à l'ENSP, et travaillant aux côtés de Médecins sans frontière, a précisé qu'une femme de 65 ans, veuve depuis des années et menant une vie d'abstinence a été dépistée séropositive. Après des recherches sur les causes de cette séropositivité, il s'est avéré qu'elle a contacté le virus en lavant des vêtements trempés de sang d'une femme qui venait d'accoucher.
Prendre soin des malades
La pièce théâtrale a fait ressortir l'histoire d'une femme dont le mari est atteint du VIH et qui se retrouve abandonnée par les siens. "Personne ne veut me voir, même pas ma femme. Ce qui me torture, c'est ce que disent les voisins...". Mais grâce à un de ses amis, il a eu recours aux antirétroviraux. Les conseils de ce même ami ont permis à la femme malade de changer de comportement envers son mari, devenant ainsi une épouse attentionnée, gentille, soumise pour le bonheur de son mari et du couple.
La pièce théâtrale a fait également ressortir les conséquences du "vagabondage sexuel" et la nécessité de toujours se faire dépister à temps.
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