Le Soleil (Dakar)

Sénégal: Journée internationale de la SSIC : l'impératif de recourir aux professionnels du bâtiment

Abdoulaye Thiam

15 Décembre 2003


Près de 500 personnes ont pris part, samedi dernier, à la journée internationale 2003 de la Société de services d'inspection et de contrôle (SSIC). Cette manifestation annuelle a été co-présidée par MM. Seydou Sy Sall et Salif Bâ, respectivement ministres de l'Urbanisme et de l'Aménagement du Territoire, et de l'Habitat et de la Construction, en présence d'un parterre de personnalités, des spécialistes et techniciens du secteur.

Le thème de " la problématique de la justification des études dans le bâtiment et les travaux publics " a été présenté par l'ingénieur-conseil Allé Diouf, maître d'oeuvre de la rencontre qui a accueilli des invités de la sous-région, d'Europe et des Amériques. Parmi les décisions retenues, le ministre de l'Urbanisme et de l'Aménagement du Territoire a annoncé la tenue des assises sur l'aménagement, la construction et les travaux publics dont la date sera déterminée avec le secteur privé. En tirant les conclusions de la journée, le ministre Seydou Sy Sall a indiqué que les études doivent être des préalables avant toute construction au sens large. " Nous devons agir, produire des textes, les adapter au contexte et que chacun prenne ses responsabilités ", souligne M. Sall. Mieux, il ira plus loin en recommandant les études géotechniques pour avoir une connaissance plus pointue du sol avant de réaliser des travaux.

Le ministre a cité le cas de la 2ème tranche de la ZAC de Mbao qui repose sur un sol argileux. Aux constructeurs, le ministre a appelé de recourir aux professionnels du bâtiment. L'Etat va identifier les bureaux d'études agréés pour ne pas instaurer des lourdeurs administratives. Par rapport à la classification des entreprises, il a révélé que bientôt ce travail connaîtra ses résultats qui mettront fin aux confusions. Le recours à l'architecte, selon le ministre de l'Urbanisme, garantit la qualité du travail. " Depuis quelques temps, nous travaillons avec les ministères de l'Intérieur, de l'Habitat et de la Construction, et des Infrastructures, de l'Equipement et des Transports, pour réformer les textes et il a été décidé que tout bâtiment à l'exception de ceux dont la surface ne dépasse pas 250 m2, il faudra recourir à un architecte ", a annoncé le ministre de l'Urbanisme. Cette mesure va également concerner les nouveaux immeubles et bâtiments recevant du public. Aucune autorisation de construire ne sera délivrée sans ces études, confirme Seydou Sy Sall. Ces textes, déclare-t-il, vont figurer dans le nouveau Code de la construction. S'agissant des bâtiments en ruine et qui s'affaissent souvent, le ministre a dit que l'Etat ne peut se substituer au maire de commune que quand une carence est constatée.

Il appartient aux élus locaux de démolir tout bâtiment en danger, en attendant que les textes soient modifiés pour confier cette responsabilité aux autorités administratives) préfets et sous-préfets). Quant au ministre de la Construction et de l'Habitat, M.Salif Bâ, il a recommandé une sécurisation des investissements. Pour lui, il est possible d'instaurer un partenariat entre les Sénégalais de l'Extérieur et le projet Jappo-Bac. M. Bâ a également souhaité la tenue des assises avec les professionnels, les trois départements ministériels concernés pour faire ensemble le tour de la question et enfin mettre la charte sur la construction. Introduisant le sujet, le conférencier revient sur la loi du 4 janvier 1978. Cette date coïncide avec l'entré en vigueur, le paysage législatif français, du contrôle technique. Cette loi, rappelle-t-il, définit la mission de contrôle technique et indique " qu'elle consiste à contribuer à la prévention des différents aléas techniques susceptibles d'être rencontrés dans la réalisation des ouvrages ". Ce besoin de clarification, selon l'ingénieur-conseil, est indispensable à l'activité de construction dans le domaine du BTP.

Et l'exposant d'ajouter : " nous pensons nécessaire de définir de façon plus précise la notion de contribution dans l'acte de construire afin que chaque acteur aborde sa mission avec méthode et ne s'arrête pas seulement à l'aspect technique ". Il espère que les changements de comportement qui en découleront seront accompagnés d'une meilleure communication. Aussi, précise-t-il, " le contrôleur technique ne peut, en aucun cas se substituer aux différents constructeurs qui procèdent, chacun en ce qui le concerne, à l'élaboration des documents techniques, des calculs justificatifs, à la direction, à l'exécution, la surveillance et la réception des travaux ". Pour remplir sa mission, a dit Allé Diouf, le contrôleur technique accomplit des actes qui relèvent de deux catégories : les actes techniques et les actes d'information. En conclusion, dans l'esprit de la " tolérance zéro " annoncée par les autorités, il a attiré l'attention du public sur la notion de responsabilité. Pour lui, il faut s'assurer qu'une étude sérieuse a été effectuée. Enfin, il a constaté que les effondrements d'immeubles et des ouvrages d'art emportés par les eaux pluviales imputables aux fautes de calcul sont nombreux.

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Les causes, indique-t-il, sont l'absence de calcul, les erreurs dans les hypothèses de calcul, les erreurs de modélisation de la structure en calcul automatique ou manuel, les erreurs d'application des règles de calcul et la non-vérification des déformations. Avant les débats, le colonel Mbareck Diop président du comité de réflexion Jappoo-Bac avait fait la synthèse du concept lancé en décembre 2002. Pour sa part, Mansour Cama président du CNES a salué la tenue de la rencontre.

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