M.N.TRAORE (stagiaire)
15 Décembre 2003
Après une saison 2002/2003 jugée satisfaisante, la nuit des Arts martiaux s'annonçait sous les meilleurs auspices pour les amateurs. Et la soirée du samedi dernier a comblé les attentes.
Tous les ingrédients étaient réunis : démonstrations de kata et kumité, prestations d'artistes de renommée, remise de diplômes de reconnaissance et projection de documentaire, pour donner un cachet particulier à cette fête qui se tenait dans un contexte fastidieux pour le karaté sénégalais. Douze ans, c'est un anniversaire qui se fête. En effet, c'est le temps qui s'est écoulé depuis la mise en forme de cette initiative heureuse jusqu'à sa pérennisation. Ils étaient tous présents ou presque, samedi soir dans le temple Marius Ndiaye de Dakar : les adeptes du taekwondo, du karaté, du judo, kung-fu, nanbudo, coporeira, etc., pour savourer ces bons moments dédiés à leur discipline respective. L'engouement relatif noté autour de la fête de cette année, etait à vrai dire tributaire de la bonne forme d'un art martial sénégalais au sein du gotha d'élite africaine et mondial et de la volonté de perfection affichée par les initiateurs dont la ligue de karaté de Dakar et ses partenaires. On le sait, le karaté sénégalais vient de vivre au cours de la saison écoulée quelques instants glorieux, à travers les seniors accrédités d'un bon parcours aux derniers jeux africains à Abuja, surtout les « Lionceaux » qui se sont installés sur la troisième marche du podium lors du championnat du monde de leur catégorie.
La manifestation qui a tiré en longueur jusqu'au-delà de minuit a d'abord commencé par la prestation d'une jeune artiste Adja Sy interprétant à la perfection l'hymne national du Sénégal, sous des applaudissements nourris du public. Ensuite, les différents arts martiaux se succéderont sur le tatami pour des démonstrations de kumité et d'exhibition de kata Et les intermèdes étaient meublées par l'un des frères Guissé, Cheick et d'autres talents. D'autres temps forts de la soirée ont été la remise des diplômes de reconnaissance par les promoteurs à certaines anciennes gloires des arts martiaux sénégalais et la projection d'une cassette vidéo sur le kumi-kata. Ainsi Abdoulaye Djiba, ancien international de judo, Mamadou Sarr, ancien directeur technique national, ancien arbitre et international de judo, Elhadj Diagne, les maîtres Abdou Latif Yatin et Fernand Nunes, recevaient des mains du ministre des Sports, Youssoupha Ndiaye, des diplômes d'honneur pour services rendus aux sports sénégalais et africains en général et aux arts martiaux en particulier.
L'occasion était donc opportune pour que Fernand Nunes, initiateur du kumi-kata au Sénégal, rappelle certains contours de cette nouvelle formule de karaté. Pour l'ancien président fondateur de l'Union africaine de karaté et ancien directeur technique continental, l'esprit du karaté qui est de faire la distinction entre le kumité (combat) et le kata (démonstration des prises), est désuet, il faut nécessairement chercher à associer les deux options pour rendre le karaté plus attrayant et compétitif. Tel est l'objectif que s'est fixé maître Nunes, réalisateur de ladite cassette qui a été projetée au cours de la cérémonie. Si l'on croit aux propos de Fernand Nunes, l combinaison kumité-kata est le point de passage obligé pour faire admettre le karaté comme discipline olympique. Contrairement à ce que beaucoup pourraient penser, le karaté n'est pas encore inscrit sur les tablettes du CIO, alors que le taekwondo qui s'apparente bien au kata et le judo y figurent depuis fort longtemps. La 12è édition a vécu, vivement une autre plus relevée et agréable.
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