Ndakhté M. Gaye
15 Décembre 2003
Pour tous ceux qui désirent construire, il faudra désormais taper à la porte de l'architecte. C'est l'une des mesures prises par le gouvernement pour assainir le secteur de la construction, comme une réponse aux effondrements d'immeubles.
La «liberté» des propriétaires de maison de réaliser des ouvrages sans passer par un architecte va bientôt avoir un terme. Le recours à ce technicien sera en effet rendu obligatoire pour l'ensemble des bâtiments dont la superficie est supérieure à 250 mètres carrés. Cette contrainte sera aussi appliquée à tous les bâtiments classés et aux immeubles à grande hauteur qui vont faire l'objet d'études préalables à la demande d'autorisation de construire. Il en sera de même pour tous les bâtiments recevant du public, tout comme la surélévation des immeubles ne sera pas en reste. Ces nouvelles dispositions prises de concert par les ministères de l'Habitat et de la Construction, de l'Equipement et des Transports ainsi que de l'Urbanisme et de l'Aménagement du territoire, tendent à ramener de l'ordre dans un secteur où l'anarchie a causé des drames en série. On ne compte plus en effet les immeubles effondrés à Dakar, avec morts d'hommes.
Au cours de la journée internationale de la Société de services, d'inspection et de conseil (Ssic) qui a eu lieu samedi dernier et où il a annoncé ces nouvelles mesures, le ministre de l'Urbanisme a aussi annoncé la fin des travaux préparatoires du Code de la construction dans lequel vont figurer toutes ces dispositions. «Bientôt, ce texte sera présenté à la sanction du président de la République», a affirmé M. Seydou Sall. «L'État est en train de procéder au recensement de tous les bâtiments menaçant ruine. Il le fait avec les gouverneurs, les autorités locales et l'ensembles des autorités décentralisées. Et une fois que ce travail aura été finalisé, des mesures seront prises sur certains bâtiments, surtout ceux menaçant ruine». D'ores et déjà, il a été demandé aux autorités décentralisées de prendre leur responsabilité. Car, explique le ministre, c'est une "compétence qui leur revient à travers leurs attributions de police municipale".
Ces nouvelles dispositions ont été annoncées à la suite des nombreuses réactions des participants à la journée internationale de la Ssic. Ces derniers ont tous, en ce qui les concerne, fait état des difficultés qu'ils rencontrent dans le domaine de leur compétence, liées à l'anarchie constatée dans le domaine de la construction.
LEGENDE Comme dans une loi des séries, les effondrements d'immeubles se suivent.
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