Le Journal de l'Economie (Dakar)

Sénégal: Transport ferroviaire : la privatisation dope le trafic

Mbaye Thiam

15 Décembre 2003


Dakar — Deux mois seulement après la reprise du trafic de marchandises sur la ligne Dakar Bamako, la société Transrail affiche de bons résultats. Entre octobre et novembre, le volume de marchandises est passé à 35 000 tonnes mensuellement alors qu'il était 21.000 tonnes.

Le trafic de voyageurs du Petit train de banlieue a connu une augmentation de 10 % par jour en passant de 22 000 passagers à 24 000 passagers. Dans les cinq prochaines années, la nouvelle société compte investir 35 milliards de francs pour acquérir du matériel roulant et rénover les infrastructures.

Deux mois après la mise en concession effective de la ligne du chemin de fer Dakar-Bamako, des pas importants sont faits par la société Transrail. Le trafic de marchandises est passé d'une moyenne de 21.000 tonnes avant le démarrage de la concession au mois d'octobre dernier par mois à 35.000 tonnes. La révélation a été faite le 12 décembre 2003 au cours d'une séance d'évaluation du travail effectué par cette entreprise sur les des deux derniers mois à la direction du Société nationale du chemin de fer du Sénégal à Thiès. Sur le plan technique, environ 75 wagons ont été réhabilités pendant 8 semaines selon Richard Proulx, directeur du matériel roulant.

Pour faire face à la modernisation et à la sécurisation de l'outil de travail, la société Transrail projette d'investir 35 milliards dans les cinq années à venir pour acquérir du matériel roulant et rénover certaines infrastructures a annoncé son directeur Daniel Masse.

Le concessionnaire veut aussi acquérir 35 conteneurs frigorifiques en fin 2004 pour permettre aux Maliens d'exporter une partie de leur production de mangues au Sénégal sans problème. Où trouver les financements ? Le président de Transrail Investissement M. Bara Tall souligne qu'"au cours de la rencontre de Paris avec les bailleurs de fonds, tout s'est bien passé et même les propositions de financements sont au-delà des montants demandés".

Pour l'avenir, Transrail nourrit de grandes ambitions. Ainsi, elle prévoit d'augmenter son fret sur la ligne Dakar-Bamako à 45.000 tonnes par mois au cours de l'année 2004. S'agissant du trafic voyageur, Transrail veut encore patienter en attendant que toutes les normes de sécurité soient réunies en la matière mais aussi l'acquisition de nouvelles voitures. En plus, il faut aussi faire des efforts d'entretien, sécuriser la billetterie et régler le problème de locomotives selon les responsables de l'entreprise pour que les voyageurs puissent se déplacer entre Dakar et Bamako en toute sécurité.

Concernant le respect des dispositions de mise en concession, le ministre de l'équipement M. Mamadou Seck a déclaré que "Transrail a respecté l'essentiel de ces dispositions". Le ministre de l'équipement s'est félicité du départ des 1500 travailleurs avec la mise en place de cette concession, un plan social qui s'est fait sans beaucoup de bruit.

En dehors, de l'augmentation du trafic de marchandises sur la ligne internationale Dakar-Bamako, le trafic du Petit train de banlieue a progressé de 10 %. Le Petit train bleu, devenu une filiale de Transrail depuis le 2 juin 2003 a vu le nombre de ses usagers passer à 24 000 par jour contre 22 000. Pour accompagner cette augmentation du nombre des usagers, "il faut renforcer la sécurité en signifiant les interdits", a déclaré le directeur du Petit train bleu M. Lô. Les problèmes ont pour noms : occupations illégales de l'emprise du chemin de fer comme à Thiaroye où un marché se fait sur les rails chaque jour. Il y a aussi la construction de cantines et de maisons sur cette emprise du chemin de fer qui est de 50 mètres de chaque côté de la voie ferrée. Certains riverains des rails n'hésitent pas à y déverser des ordures qui peuvent engendrer des déraillements selon les techniciens.

Pour trouver un remède à ce fléau, le ministre de l'équipement et du transport a déclaré qu'un mur de clôture de 24 kilomètres sera érigé pour sécuriser la voie des deux côtés, de Thiaroye à Bargny. Son coût est estimé à 12 milliards de francs CFA selon M. Seck. Le financement est acquis grâce à la Banque mondiale. Les travaux pourront démarrer incessamment. Des passerelles pour les piétons sont prévues de même que des passages à niveau dénivelés.

"Avec l'édification de ce mur, la vitesse du Petit train bleu pourra être augmentée pour améliorer la mobilité urbaine", a déclaré le ministre de l'équipement. En plus, "des locomotives seront bientôt acquises pour soulager la route".

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