La Tribune (Algiers)

Algérie: La Kabylie absente des institutions ?

Malik Boumati

16 Décembre 2003


Les pouvoirs publics ont décidé d'organiser des élections pour le renouvellement partiel du Conseil de la nation sans les wilayas de Tizi Ouzou et de Béjaïa, suite aux événements ayant émaillé les élections locales du 10 octobre 2002 qui ont vu l'invalidation du scrutin dans plusieurs communes.

En fait, la représentation de ces deux wilayas à la chambre haute du Parlement dépend aujourd'hui du processus de dialogue enclenché, à distance pour l'instant, entre la structure des arouch et le pouvoir. Un processus qui est appelé, selon les voeux des arouch, à évoquer la question de la dissolution des assemblées locales des wilayas de la région de Kabylie, comme indiqué dans les six incidences énumérées lors du conclave interwilayas de Raffour tenu en août dernier. Ce processus, s'il se transforme en dialogue autour de la même table, ne peut aboutir avant la tenue de l'élection sénatoriale prévue à la fin du mois en cours. Ce qui, en définitive, consacrera encore une fois, l'absence d'une partie de l'Algérie dans les institutions, après une représentation partielle au niveau des assemblées locales et une autre factice au sein de l'APN. Devant cet état de fait unique dans l'histoire de notre pays, le FLN, le RND et le MSP présents dans les assemblées communales de ces deux wilayas n'ont pas réagi à la décision gouvernementale de ne pas inclure ces deux wilayas dans la course vers le Conseil de la nation, estimant peut-être qu'ils n'ont pas une grande chance d'arracher les deux sièges en jeu.Seul le FFS, majoritaire au sein des assemblées de la région, a réagi pour dénoncer «l'exclusion de la Kabylie» et annoncer sa décision de boycotter cette échéance électorale dans toutes les wilayas où ses élus locaux sont présents.

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Cette décision de boycott, le FFS de Hocine Aït Ahmed refuse de l'expliquer par l'exclusion des deux wilayas du processus électoral. Mais elle constitue «une position politique à une situation nationale où le citoyen est représenté par des assemblées préfabriquées», selon un responsable de ce parti qui réaffirme la revendication de toujours, chère au FFS, c'est-à-dire «une assemblée constituante qui permettra aux citoyens de décider de leur sort». D'ailleurs, la Tribune a eu écho de l'intention des élus locaux de ce parti de mener des actions de protestation le jour du scrutin pour réitérer leur revendication de la Constituante et dénoncer «la singularisation de la Kabylie». Cette information a été démentie par un responsable du parti qui reconnaît qu'un débat est ouvert au sein du parti autour de cette question de l'élection sénatoriale.

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