Youcef Salami
16 Décembre 2003
Le gros des crédits à l'investissement (70%) revient aux entreprises publiques, contre seulement 29% aux grandes sociétés nationales privées. Cette préférence pour l'entité publique est-elle basée sur des critères économiques ?
Les contraintes économiques continuent de peser sur les entreprises nationales, qu'elles soient privées ou publiques. Elles les empêchent ainsi de tourner à plein régime comme elles le veulent. Ces contraintes venaient d'être mises en exergue dans une étude élaborée par le CNEAP (Centre national des études approfondies), rappelées par la CNUCED (Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement) dans son dernier rapport et précisées par le CNES (Conseil national économique et social). Confectionnée sur un échantillon de cinq cent cinquante deux entreprises, secteur public et secteur privé confondus, l'étude du CNEAP fait ressortir trois contraintes majeures : l'accès au foncier, le financement et les impôts. Par les chiffres, il est noté dans l'étude en question que 70,7% des entreprises qui ont fait l'objet de l'enquête s'autofinancent pour les besoins de leur fonds de roulement et que seulement 11,4% bénéficient de financement bancaire. Et c'est dans les mêmes proportions ou presque qu'elles se font financer quand il s'agit d'investissement : 70,6% recourent à l'autofinancement et 18,1% aux banques ou à leurs fournisseurs.
Le diagnostic fait par la CNUCED ne s'éloigne pas de celui notifié par le CNEAP au sujet du financement. La conférence des Nations unies fait en effet part d'une situation peu enviable pour les petites et moyennes entreprises. Les PME/PMI, surtout celles du privé, s'estiment lésées dans l'accès aux crédits bancaires, avance-t-elle. Le gros des crédits à l'investissement (70%) revient aux entreprises publiques, contre seulement 29% aux grandes sociétés nationales privées. Cette préférence pour l'entité publique est-elle basée sur des critères économiques ? Difficile d'y répondre, si l'on s'en tient aux déclarations de banquiers, lesquels martèlent que le temps des crédits de complaisance est fini. C'est-à-dire des crédits attribués généralement à des entreprises publiques dont le chiffre d'affaires, par exemple, est en nette régression. Cette forme de gestion des rapports entreprises/banques, comme tout le monde le sait, est, en partie, à l'origine des créances douteuses accumulées par certains établissements financiers avant qu'elles ne soient épongées par le Trésor public.
Le système de bancarisation, tel qu'il fonctionne aujourd'hui, a été à maintes reprises mis sous le microscope des services du CNES. Ce système qui n'aide pas à la rentabilité de l'investissement (coût élevé des crédits) est un fait connu, rappelé par le CNES dans ses différentes sessions. Conjuguées ou prises séparément, ces contraintes, parce qu'elles perdurent, empêchent l'appareil productif de se mettre en forme et en phase avec ce qu'est l'économie libérale. Conséquences immédiates : une économie au ralenti et des indices macroéconomiques fragiles, même régentés par les pouvoirs publics au fil des conférences et des débats sur l'économie nationale, estiment des spécialistes.
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