Grégoire Djarmaila
16 Décembre 2003
Les journées locales de vaccination démarrent aujourd'hui.
Les journées locales de vaccination (JLV) ont lieu dès aujourd'hui et ce jusqu'au 20 décembre prochain pour la première phase et du 20 au 24 janvier 2004 pour la seconde phase, dans la province du Nord. Le Cameroun est déjà sorti du cas de poliovine sauvage depuis 2000. Le dernier cas de polio était signalé en 1999 à Kousseri chez une fillette de 9 ans. Son père avait non seulement refusé de la faire vacciner, mais encore, carrément éconduit l'équipe de vaccinateurs. Mais la province du Nord partage une longue frontière avec le Nigeria et le Tchad, où des cas de Poliovirus sauvage sont toujours signalés. Selon les derniers résultats de la surveillance épidémiologique, deux cas ont été signalés le 27 août dernier au Tchad. Au Nigeria, ce sont 21 cas qui étaient enregistrés en septembre 2003. Et compte tenu de la perméabilité de ces frontières et surtout de l'extrême contagiosité de la maladie, le Cameroun voudrait prendre les devants pour se prémunir. Les JLV qui devaient initialement se tenir en octobre et décembre ont été décalées pour diverses raisons. Aujourd'hui, onze pays sont en situation endémique. Ce qui donne de sérieuses inquiétudes à l'OMS qui voudrait bouter cette maladie hors d'ici à 2005.
Pour préparer ces deux étapes de manière efficiente, le délégué provincial de la Santé publique du Nord, le Dr. Jermias Inmombe, a réuni autour de lui le 2 décembre dernier dans la salle de conférences de cette délégation les 13 médecins chefs de district de santé de la province. Pendant une journée, ils ont évalué les JLV 2002 et proposé des solutions pour la campagne 2003. Pour ce qui est des JLV 2002, ils ont relevé la bonne collaboration des autorités administratives et traditionnelles et l'adhésion des populations. Cependant, certains problèmes ont entravé le déroulement de la campagne : marquage approximatif des maisons, manque d'utilisation de la cartographie et formation approximative des vaccinateurs. Pour ce qui est de Garoua ville, les participants ont relevé pour le déplorer l'accueil des équipes de vaccinateurs par des chiens bien retranchés derrière les barrières dans les quartiers résidentiels.
Pour briser cette barrière sociale, les collaborateurs du délégué ont proposé une grande mobilisation sociale à travers la radio, les églises, les mosquées, les marchés et les affiches pour expliquer le bien-fondé de ces vaccinations. Les participants ont aussi planché sur des modules tels que les éléments de la qualité des JLV, la formation de superviseurs et des vaccinateurs ainsi que du budget des JLV. Les débats ont été francs et particulièrement enrichissants. Le délégué provincial a surtout insisté sur la surveillance épidémiologique qui connaît un grand recul dans la province. " Rien ne sert de vacciner si on ne peut pas surveiller l'évolution de la maladie " souligne le Dr. Jermias Inrombe.
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