Serges Olivier Okole
16 Décembre 2003
Chiens, chats et rats de plus en plus nombreux dans les rues et les quartiers donnent un mal fou aux populations.
Deux voisines se crêpent pratiquement le chignon. Le chien de la première, dont les voisins se plaignent depuis qu'il n'est jamais enchaîné, a mordu une petite fille, alors qu'elle revenait de l'école. La mère de la gamine, venue vérifier que l'animal était vacciné, est tombée sur une propriétaire plutôt enragée, hystérique. Juste un tableau, pourtant très courant dans nos quartiers. Tout comme un tour à Nkolndongo, aux alentours de la pharmacie du coin. Une bande joyeuse de chiens batifole bruyamment sur le trottoir, sans se soucier des passants. Un mâle éconduit, efflanqué, le poil rêche et l'oeil fou de rage, exhibe ses canines et grogne méchamment, sous le regard effrayé d'une passante. Ce n'est pas tant la peur de la morsure elle-même que ses conséquences qui force la passante à un vif détour sur le trottoir opposé. Un récent communiqué du ministre de la Santé publique est venu raviver la conscience des populations sur les risques de contamination à la rage et les autres dangers que représentent ces animaux qui, comme certains de leurs maîtres, ont pris la rue pour domicile. Toute laisse et retenue abandonnées.
Depuis le temps que ça dure, les populations avaient presque commencé à s'accommoder de ce voisinage peu rassurant. Le soir chez la vendeuse de poisson braisé, ou dans les marchés, on se discute pratiquement sa pitance avec ces vagabonds, la langue pendante et le regard presque suppliant. Un " mouf " bien senti ou un coup de pied suffisent généralement pour décourager le mendiant. Mais il y en a qui sont plus agresseurs que mendiants. Les cas d'enfants qui se font chiper leur paquet alors qu'ils reviennent de la boutique, ou qui se font mordre par un de ces enragés ne se comptent pas.
Dans les villes, la possession d'un chien est souvent une source supplémentaire de dépenses, pour des familles qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts. Du coup, le gardien qu'on s'est acheté devient un dangereux vagabond, parfois porteur de maladies, dont la plus redoutable est la rage.
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