Linus Onana Mvondo
16 Décembre 2003
La circulaire du ministre de la Santé publique, s'inquiétant de la recrudescence du phénomène de divagation des animaux domestiques dans nos villes, vient relancer le fameux débat sur le respect des interdits par les Camerounais. Il faut bien le dire, la divagation des animaux est bel et bien interdite par les lois et les règlements de la République.
Ils sont des millions, les animaux qui vivent à nos côtés, parmi nous. Leur nombre, l'élevage aidant, augmente d'année en année. Dans l'économie nationale, les animaux assurent de nombreux emplois et participent grandement à l'alimentation de nos concitoyens. Ils sont donc nos familiers : les chiens, les chats, les boeufs, les moutons, les chèvres.
Quant aux boeufs, moutons et chèvres, les dégâts qu'ils causent et le tournis qu'ils donnent à nos agriculteurs sont suffisamment graves, qu'il serait léger de les noyer dans un papier. Pour les chats, leur chasse permanente aux souris qui piquent notre nourriture et qui rongent nos céréales, nous amène à nous en accommoder. Ce d'autant plus que leurs coups de griffes ou de dents sont suffisamment rares et ne nous causent par conséquent que peu de souci. Viennent alors les chiens jadis élevés davantage pour la chasse à courre pratiquée par nos sociétés traditionnelles. Ils ont dépassé de nos jours ce stade pour faire partie de notre standing. D'où leur nombre élevé. Ils sortent donc de leurs cages pour envahir les rues de nos villes et les routes de nos villages. Bonjour les dégâts !
Les chiens ! Nos chers compagnons à quatre pattes. Regardez-les dans nos villages et nos quartiers s'ébattre à l'aise et lever la patte. Ils doivent être tenus en laisse. Partout, vous risquez fort d'être mordu par le doux médor que certains n'arrivent pas à enchaîner. Encore heureux si dans la rue ou sur la cour, vous vous en tirez à bon compte en mettant le pied dans les traces odorantes laissées sous vos pas par le charmant animal et ses congénères. Regardez la plupart des trottoirs de nos villes et les rigoles de nos villages. Ils sont devenus des bourbiers ou des crottoirs.
Et dans tout ceci, que sont devenus les cages et les enclos ? Où sont les fourrières municipales où devraient être parqués les animaux en divagation et plus particulièrement les chiens errants ? Bien sûr, il y a de plus graves défauts dans notre société. Mais des petits riens, comme la divagation des animaux, peuvent nous créer d'importants soucis. Ils recouvrent trop souvent, en fait, notre égoïsme et notre sans-gêne et empêche la vie en société d'être plus facile et plus agréable.
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