R. M.
16 Décembre 2003
Les actes d'un colloque international organisé en avril par le mensuel Patrimoine, disponibles dans les rayons de librairies.
Pour ce qu'il aura été et a fait, Léopold Sédar Senghor est un personnage qui fascine. Sujet à thèse, l'illustre homme politique et de lettres, décédé le 20 décembre 2001, est soumis à un exercice qu'affectionne l'intelligentsia africaine à son endroit : l'exégèse de ses écrits et prises de parole. Au Cameroun, plusieurs fois déjà depuis sa disparition, le poète-président a été porté sur la place du débat critique. Le dernier espace à lui consacré, c'est le colloque international organisé à l'université de Yaoundé I les 16 et 17 avril derniers, à l'initiative du mensuel culturel Patrimoine, que dirige Marcelin Vounda Etoa, chargé de cours.
Les discussions de cet important échange intellectuel et scientifique étaient placées sous le thème : " Le siècle de Senghor ". Les intervenants se recrutaient parmi les hommes de sciences et de lettres de premier plan : le Français Jean-François Durand, Jean Tabi Manga, Marcelline Nnomo, André Marie Ntsobé, Hubert Mono Ndjana, Gervais Mendo Ze, Richard Laurent Omgba, Jacques Tchatué, Pascal Bekolo Bekolo, Rachel Efoua Zengue, Moukoko Gobina, Paré Daouda, Angèle Roberte Tsoungui, Polycarpe Oyié Ndzié et Marcelin Vounda Etoa lui-même. Chacun y était allé de sa verve, de sa rhétorique pour défendre une thèse démontrée avec force arguments. Et à travers les différents discours, on revivait à la fois l'admiration à l'égard de l'icône de la littérature et la controverse autour de son métissage culturel et même de certaines de ses idées et options, qui n'ont pas toujours valu des fleurs à ce défenseur de la Négritude.
Des mois se sont écoulés, mais le débat n'est pas clos. Il est sorti du petit amphithéâtre de l'université de Yaoundé I qui l'abritait, pour atteindre le grand public, grâce à la publication des actes du colloque, réunis par l'initiateur et édités par les Presses Universitaires de Yaoundé. Ils se déclinent sur 198 pages. L'ouvrage est préfacé par le Pr. Jean Tabi Manga ; le Pr. André Marie Ntsobé signe la postface, partant du thème : " Civilisation universelle, civilisation de l'universel : l'actualité de Senghor ". Dans son avant-propos, Marcelin Vounda Etoa écrit : " Il y a entre le Sénégal et le Cameroun, une ancienne, féconde et riche tradition d'amitié dont Engelbert Mveng, en mars 1971, a cristallisé la substance dans un poème intitulé " Tu reviendras Sénégal ". Pas lui, Senghor, mais il reste immortel, à travers sa singulière production littéraire.
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