Le Soleil (Dakar)

Congo-Kinshasa:Forêts du bassin Congo : un patrimoine mondial à préserver

Nicole Sarr

16 Décembre 2003


Le ministre de l'économie forestière et de l'environnement du Congo Monsieur Henri Djombo a "planché" le mardi 2 décembre 2003 à Bruxelles devant le parlement européen. Il s'exprimait également au nom de tous les pays membres du bassin du Congo en tant que président en exercice de la COMIFAC (conférence des ministres en charge des forêts d'Afrique Centrale).

L'objet de la réunion était de faire le point des réalisation dans le domaine de la préservation des forêts du bassin Congo et de lancer par la même occasion un appel vibrant à l'Union Européenne et à la communauté internationale pour qu'elles s'investissent davantage dans cette tâche qui revêt un enjeu mondial. En effet, le bassin du Congo qui s'étend sur 5,20 millions de km2 couvre les pays suivants : Angola, Cameroun, Centrafrique, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, République du Congo, soit une population d'environ 100 millions d'habitants. Les forêts y représentent 200 millions d'hectares (38,4% de la superficie du Bassin) et 30 % de la couverture forestière du continent africain. Ces forêts sont le deuxième massif d'un seul tenant du monde après l'Amazonie, ce qui en fait un gigantesque réservoir de biodiversité. D'où leur rôle primordial au plan économique, écologique et socioculturel. Les gouvernements des pays concernés ont pris conscience rapidement des enjeux. C'est ainsi que le 17 mars 199 à Yaoundé, les chefs d'Etats des pays d'Afrique Centrale ont signé une déclaration par laquelle ils s'engagent à une gestion durable et concertée des forêts du bassin du Congo. Le 4 septembre 2002 à Johannesburg, a été lancé entre les pays concernés, l'Afrique du Sud et les Etats Unis d'Amérique, le partenariat pour la gestion durable des forêts du bassin du Congo.

C'est bien la preuve que la préservation et le développement durable des pays du bassin du Congo sont devenus une préoccupation planétaire. D'autant que ces forêts en absorbant le carbone, jouent un rôle dans la lutte contre l'effet de serre qui est un des défis du 21e siècle. Il faut aussi souligner que la mise en valeur du bassin figure comme la plus grande composante forestière du plan d'action environnemental du NEPAD. dans sa brillante intervention devant les députés européens, le ministre Djombo a réaffirmé la volonté politique des pays membres d'instaurer la transparence et la bonne gouvernance forestière, ainsi que celle du Congo de servir de laboratoire vivant. Il n'a pas dissimulé les quelques faiblesses et insuffisances qui ont pu être constatées dans la gestion forestière en Afrique Centrale. Mais, a-t-il plaidé nous n'avons pas toujours les moyens de notre politique. Il a donné l'exemple du Congo Brazzaville où 300 agents seulement sont chargés de la conception, de l'administration, de la gestion, du contrôle et de l'exécution pour une forêt de 20 millions d'hectares, un autre pays africain qui ne possède que 1 million d'ha de forêts utilise 1600 agents. Grâce à un financement de la Banque Mondiale, deux cent nouveaux agents vont être recrutés chaque année par le Congo sur cinq ans.

Ce qui va permettre d'améliorer la situation en renforçant la surveillance qui réduit les risques de pillage et de dégradation des forêts. Par ailleurs, l'implication financière dans les programmes de conservation des pays du bassin, réclamée, notamment par l'union européenne est une obligation à laquelle les états souscrivent. Mais en contrepartie, la communauté internationale doit élever les flux financiers destinés au bassin du Congo au niveau de ceux engagés pour le bassin Amazonien ou d'Asie du Sud-Est. Le ministre a estimé que la préservation des forêts du bassin du Congo constitue le plus grand projet écologique en Afrique pour ce début du 21e siècle. Il a fait valoir qu'à cet égard il est essentiel d'élargir le partenariat à tous les acteurs qui s'intéressent à la sauvegarde du second "poumon" mondial. Certes, certains pays du G8 se sont engagés à une contribution de près de 300 millions de dollars qui reste, cependant, nettement en deçà des besoins eu égard à l'importance des enjeux et à l'urgence des tâches. La visite du ministre congolais s'inscrit ainsi, dans le vaste effort de sensibilisation à une situation dont la gestion pertinente engage l'avenir des génération futures. Il ne pouvait pas non plus ne pas profiter de la tribune qui lui était offerte pour tirer la sonnette d'alarme au sujet de la fièvre Ebola devenue un mal récurrent dans certains pays du bassin du Congo et même au delà. On sait que des épidémies ont affecté la Côte d'Ivoire, la RDC, et le Gabon.

C'est une grave menace pour l'humanité a-t-il soutenu, invitant la communauté internationale à mettre les moyens en oeuvre pour identifier le réservoir du virus, arrêter sa propagation et éradiquer l'épidémie, le ministre Henri Djombo a favorablement impressionné la commission coopération et développement du parlement européen, par la concision de son intervention sur les moyens à mettre en oeuvre et sur la nécessité d'un partenariat central avec l'union européenne devant servir de catalyseur à une action plus importante en fédérant à cet effet tous les acteurs. A noter, enfin que le ministre a rencontré le groupe des verts au parlement européen, pour voir comment établir une synergie avec ces derniers, pour convaincre l'opinion publique européenne, et internationale de la nécessité de mettre en oeuvre pour la préservation des forêts du bassin du Congo, une politique de sauvegarde à la hauteur des enjeux considérables.

Be the first to Write a Comment!

Plus de titres sur allAfrica.com

Copyright © 2003 Le Soleil. Droits de reproduction et de diffusion réservés. Distribué par AllAfrica Global Media (allAfrica.com). Pour tout commentaire ou demande d'autorisation de reproduction ou de diffusion, contactez directement le propriétaire des droits en cliquant ici.

AllAfrica collecte et indexe du contenu provenant de plus de 125 organes de presse d'Afrique ainsi que de plus de 200 autres sources d'informations et de nouvelles. Les pourvoyeurs d'informations de AllAfrica gardent l'entière responsabilité éditoriale de leur production. Les articles et documents identifiant AllAfrica comme source sont produits ou commandés par AllAfrica.

AllAfrica - All the Time

SELECT
SELECT

Le top des actualités: Congo-Kinshasa

Rubriques