Par : Abdoulaye AGNE Coordinateur
16 Décembre 2003
Le projet de loi S 1900, version Sénat intitulé United States Africa partnership Act et HR 3572, version Congrès, Agoa III Act, a été introduit juste avant que les honorables représentants ne prennent leurs vacances parlementaires.
C'est une initiative stratégique prise par les amis de l'Afrique, le Sénateur Richard Lugar, président de la Commission des Affaires étrangères au Sénat et l'honorable Jim Mc Dermott, l'initiateur de l'Agoa, pour une action rapide au début de l'année 2004, á la reprise des travaux parlementaires.
C'était l'occasion pour réunir les 9 et 10 Décembre 2003 à Washington des hommes d'affaires et officiels de l'Afrique et leurs partenaires des Etats-Unis sous l'égide du Réseau de la Société Civile (Civil Society Network) et du Comité d'Action de Agoa 3 (Agoa 3 Action Committee ) pour la mobilisation en vue de préparer le lobbying pour le passage de A III qui sera servi sur le plateau des députés à la rentrée. La Loi sur la Croissance et les opportunités en Afrique (Agoa) avait été signée en mai 2000 par Bill Clinton et les améliorations contenues dans Agoa II par George W. Bush, l'année dernière. Mais le partenariat entre les Etats-Unis et l'Afrique Sud Saharienne a besoin d'être consolidé à travers le passage de l'Agoa III, à l'orée de la date expiratoire 2005 de l'accord sur le textile et l'habillement de l'Organisation mondial du commerce (Omc) et, surtout la date butoir du 30 septembre 2004 de non-validité de la provision de l'Agoa ayant trait à l'utilisation de tissus de pays tiers par les pays les moins développés (Pma) pour la confection en vue de l'exportation sur le marché américain libre des droits et taxes. Ces deux contraintes majeures parmi tant d'autres, si elles ne sont pas levées, risquent d'exposer l'industrie textile africaine qui a connu un regain considérable sous l'Agoa, à la compétition féroce de l'Asie même avec les 12 % de taxe qui lui seront toujours appliqués.
Les pays comme le Sénégal ont encore besoin de plus temps pour développer leur capacité productive de valeur ajoutée pour le textile et l'agriculture afin de maximiser les bénéfices de l'Agoa et survivre au-delà de 2005. Agoa I et II ont permis à un bon nombre de pays Africains de tirer des bénéfices substantiels dans leurs relations commerciales avec les Etats-Unis. Les exportations des pays membres de l'Agoa vers les Etats-Unis ont connues un accroissement de 59 % en 2002 et pour la même période, l'exportation américaine vers l'Afrique s'est accrue de 10 % malgré une période de récession. C'est une «win-win» situation. L'ambition de Agoa III est de prolonger les bénéfices pour permettre à l'Afrique de tirer sa croissance et d'étendre ses opportunités á commercer avec les Etats-Unis de manière équitable. «Le binôme aide-crédit est á bannir et le commerce juste est à pratiquer» comme le martèle le président Abdoulaye Wade. «Fair trade instead of Aid».
L'échec de Cancun a été évoqué dans les discussions et la question fondamentale des subventions agricoles surtout celles appliquées au coton américain pour près de $ 300 Milliards a été posée. Le dommage subi par les producteurs africains par cette injustice des subventions agricoles a été souligné par le camp des Africains. Quelques Officiels Américains n'ont pas manqué de reconnaître le fait et certains ont même affirmé que le Président Bush était prêt à supprimer les subventions américaines si les Européens étaient consentants à faire de même. Cette attitude positive des Américains augure de chaudes empoignades lors de prochaines assises de l'Omc dont certains membres sont anxieux de voir la conclusion du Cycle de Doha et d'avancer vers la libéralisation totale du commerce mondial.
Quelques provisions essentielles parmi d'autres contenues dans Agoa III : - l'extension des mesures préférentielles d'accès au marché au-delà de 2008 et jusqu'en 2015 au moins. - l'extension de la période allouée aux pays les moins avancées d'utiliser les tissus de pays tiers dans la confection que de se limiter seulement aux tissus américain ou Africain éligible pour l'exportation libre de droits et taxes aux Usa. - définir un plan pour accroître et diversifier le commerce des produits agricoles entre les Etats-Unis et l'Afrique - encourager la création de valeur ajoutée et la création d'emplois á travers à une incitation à l'investissement américain en Afrique. - supprimer les restrictions de l'Eximbank (Export-Import Bank), de l'Opic (Overseas Private Investement) et de Tda (Trade and Development Agency) dans les secteurs de l'agrobusiness, de l'électronique, du textile et de la confection. - faciliter la coopération entre les ports et aéroports Américains et Africains en vue d'améliorer le transport et d'accroître le trafic cargo. - fournir une assistance technique qui permet aux gouvernements Africains et leur secteur privé de développer des capacités pour participer pleinement à l'Agoa. - imposer la responsabilité citoyenne des entreprises par un code conduite, la promotion des ressources humaines, la protection des Droits de l'homme et l'interdiction du travail des enfants.
Comme l'a bien dit l'honorable Jim Mc Dermott:«Le succès de l'Agoa doit démontrer aux Africains et au reste du monde que l'Afrique peut compétir sur le marché mondial. Cet état de fait n'est plus un doute.»
Western Hemisphere African Diaspora Network (Whadn) Washington Dc
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