Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Lancement du programme de renforcement de la nutrition : le bien-être nutritionnel, un indicateur de développement

Moustapha Barry

16 Décembre 2003


Très souvent, la malnutrition débute lors de la conception de l'enfant. D'où l'importance d'avoir des mères bien nourries et des adolescentes bien préparées à assumer la grossesse. Et c'est sur les stratégies à mettre en oeuvre pour le bien-être nutritionnel des Sénégalais qu'un atelier préparatoire de lancement du programme nutritionnel se tient depuis hier à Dakar.

Au coeur des stratégies à mener contre la malnutrition, se trouveront l'enfant et les pratiques familiales. Mais sans perdre de vue le cycle de vie. La précision est de Birame Ndiaye, le coordonnateur du bureau exécutif de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm) et il l'a faite hier, lors de l'atelier préparatoire de lancement du programme nutritionnel qui prend fin aujourd'hui. Car, soutient-il, "s'intéresser à l'enfant est certes important, mais les données récentes suggèrent de développer une approche basée sur le cycle de vie. Puisque souvent la malnutrition débute lors de la conception de l'enfant. Mieux, on se rend compte que pour avoir de bons fruits, il faut de bons arbres. D'où l'importance d'avoir des mères bien nourries et des adolescentes bien préparées à assumer la grossesse". Mais, pour réussir, il faudra s'appuyer sur les leçons apprises de l'expérience et renforcer les capacités en matière de management de programmes de nutrition, conseille-t-il. D'où l'importance accordée par le ministre de la Santé et de la Prévention à l'atelier préparatoire de lancement du programme nutritionnel dont il a présidé la cérémonie d'ouverture.

Selon Issa Mbaye Samb, l'objectif de ce séminaire est de réfléchir sur les conditions pour un bon déroulement du programme, mais aussi sur les mécanismes qui permettront d'assurer une continuité des activités en faveur de l'amélioration de la situation nutritionnelle, "une fois que l'appui financier des partenaires au développement sera arrivé à terme". Pour le ministre de la Santé et de la Prévention, "après la mise en place des financements au profit des agences d'exécution d'une part, du ministère de la Santé et de Prévention et de celui du ministère délégué chargé de l'Education préscolaire et de la Case des tout-petits d'autre part, c'est la phase de la mise en oeuvre des activités qui est la plus délicate". D'où l'importance de la réussir.

La réussite de ce travail augurera celle d'une politique de nutrition, semble dire Issa Mbaye Samb. Car "il est aujourd'hui admis que le bien-être nutritionnel d'un peuple est tout d'abord un indicateur de développement et ensuite un fruit des résultats combinés, obtenus dans le domaine social, économique et sanitaire". Pour le ministre, la nutrition est ainsi "un facteur essentiel de développement, étant donné qu'une population saine, bien nourrie et instruite est le meilleur des facteurs pour promouvoir la croissance d'une nation". Au demeurant, il faut avoir "la même compréhension des défis à relever, dans le respect des intérêts du Sénégal", fait remarquer le coordonnateur du bureau exécutif de la Cellule de lutte contre la malnutrition (Clm). Pour Birame Ndiaye, il est nécessaire d'impulser une nouvelle culture citoyenne des programmes de développement guidée par des valeurs de transparence, d'équité, de rigueur, d'engagement, d'esprit d'équipe, de pro-activité et d'apprentissage continu.

Pour exécuter le programme, douze agences d'exécution communautaire ont été choisies parmi cent cinquante-six candidatures, selon "une procédure transparente et participative saluée par les partenaires", rassure le coordonnateur de la Clm. Trente-cinq projets de nutrition communautaires ont été élaborés et les conventions d'un montant de 49,9 milliards de francs Cfa ont été signées avec les agences d'exécution communautaire. En une année, le décaissement du crédit Ida est de 29 %, ajoute Birame Ndiaye.

Par ailleurs, les objectifs assignés au programme de renforcement de la nutrition sont l'amélioration du statut nutritionnel des enfants, des femmes enceintes et des mères allaitantes dans les zones défavorisées, que ce soit en milieu urbain ou rural. La première phase est comprise entre 2002-2005, la 2e s'étalera de 2005 à 2010 et la 3e de 2010 à 2012. Pour la première phase, il s'agira de tester les nouvelles stratégies efficaces et durables, ciblant en particulier le milieu rural et urbain, et de renforcer les capacités institutionnelles et organisationnelles du système de nutrition.

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