Djama Stanislas
17 Décembre 2003
Plus d'une centaine d'élèves du lycée moderne d'Agboville ont marché, hier mardi 16 décembre, à l'appel de la coordination locale de la FESCI, a-t-on appris de sources policières. Ils exigeaient la libération des trois étudiants arrêtés et incarcérés, le lundi 08 décembre dernier, pour avoir molesté des responsables du Centre des métiers médico-sociauxd'Agboville (CMMS) et emporté des sommes d'argent et des téléphones portables.
Ces trois étudiants-loubards venus d'Abidjan, par les soins de la Directrice sortante du centre, Mme Akaffou, qui leur avait donné la mission d'empêcher la passation des charges. Ils ont été arrêtés en même temps que cette dernière. Selon des témoignages. C'est à 8 h 30mn, ce mardi, que le coordinateur local de la FESCI a regroupé les élèves du lycée et leur a expliqué que les autorités locales détiennent trois étudiants d'une grande école d'Abidjan, membres influents de la FESCI, qui voulaient s'opposer aux décisions du ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle, Youssouf Soumahoro issu des rangs des Forces Nouvelles. En fin manipulateur, il aurait expliqué que c'est la Présidence qui demande aux élèves de mettre la pression sur les autorités afin que le chef de l'Etat puisse en profiter pour demander la libération des détenus.
Les élèves se sont donc rendus à la Préfecture de la ville. Un agent de la police a confié qu'il n'y a pas eu d'acte de barbarie ni de heurts avec les forces de l'ordre qui, ayant appris que les marcheurs entendaient venir libérer de force les prisonniers, avaient pris position au Palais de justice et à la maison d'arrêt et de correction locale. Selon lui, le Secrétaire principal de la Préfecture, Ekponon André, a demandé et obtenu une rencontre d'explication avec cinq représentants des élèves membres de la FESCI. Au cours des échanges, le président du Conseil général d'Agboville, M. Yavo, aurait demandé aux élèves d'éviter de se faire manipuler. Il leur a demandé de chercher à négocier la libération de leurs camarades, plutôt que d'engager le bras de fer. Il a enfin rappelé que les trois étudiants n'ont pas été arrêtés pour s'être opposés à la passation de charges. Mais plutôt, pour avoir commis des délits comme le vol en réunion, les coups et blessures, etc. Le président du Conseil général, selon des participants à la rencontre, a été convaincant. Puisque, soutiennent nos sources, après cette rencontre, les élèves sont rentrés chez eux, dans le calme.
Quelques jours avant cette marche, le samedi dernier, le Préfet d'Agboville, Dieng Ousséinou Ismaël, a trouvé la mort dans des circonstances non encore élucidées et qui continuent de défrayer la chronique. Il semble que l'autorité administrative a été assassinée. Ceux qui soutiennent cette thèse affirment que les ennemis du Préfet lui reprochaient d'avoir contribué à la mise sous verrous des trois étudiants-loubards et de la Directrice du CMMS et son époux.
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