Fraternité Matin (Abidjan)
Tanoh Benoît
17 Décembre 2003
Abidjan — Top départ pour la libération totale de la Côte d'Ivoire. Du moins, il faut l'espérer.
Après mille et une tergiversations, les forces loyalistes et les mouvements de l'ex-rébellion ont fini par lever les points de contrôle non essentiels. Tout comme ils ont commencé à regrouper leurs armes lourdes, conformément aux décisions prises par les chefs militaires pour faire baisser la tension sur le terrain; en attendant qu'ils offrent - comme cadeau de Noël ou encore comme étrenne de Nouvel an - le Désarmement aux Ivoiriens et à tous ceux qui vivent dans ce pays.
Assurément, il s'agit là d'une victoire pour le "Gouvernement de Réconciliation nationale" de Seydou Diarra. Un succès qui semble toutefois avoir été accueilli avec beaucoup de réserve par les populations encore incrédules. Plus d'une fois, le Malin est sorti d'on ne sait où, pour leur jouer l'un de ses sales tours dont lui seul a le secret ; remettant tout en cause alors même que tout le monde croyait apercevoir la lumière de la paix au bout du tunnel. N'empêche, l'espoir faisant vivre, tous les Ivoiriens et tous ceux qui, malgré la crise sans précédent qui secoue la Côte d'Ivoire ont continué de vivre dans ce pays, se félicitent de cette avancée significative vers la normalisation.
Mais voilà. Alors que tout le monde s'attend à ce que ce pas décisif mette tout le monde en confiance, l'ex-rébellion continue de se faire désirer. Au représentant de la Francophonie qui vient de les rencontrer à Bouaké, afin de les convaincre de revenir au gouvernement, Soro Guillaume et ses hommes n'ont pas encore donné une réponse franche. Sans doute, attendent-ils que leurs démarches auprès des Nations Unies (visant à obliger le Président Laurent Gbagbo à appliquer les textes rédigés à Marcoussis) aboutissent. Question de prendre le Chef de l'Etat ivoirien au mot. Lui qui déclarait récemment (de manière solennelle) qu'il prend l'engagement d'appliquer à la lettre l'accord de Linas-Marcoussis.
En réalité, plus que l'expression d'un manque de confiance en Laurent Gbagbo (que l'on présente comme celui qui ne tient pas à ses engagements), pour l'ex-rébellion, il est question de tenter un passage en force. Ignorant sans doute que, dans tout sport collectif, les joueurs n'ont ni le droit de pousser, de tenir, ni de heurter, encore moins de faire trébucher un adversaire. Or, c'est exactement ce que tente de faire l'ex-rébellion. Soro Guillaume, ses hommes et leurs parrains savent mieux que tout le monde le sort que le Parlement ivoirien et le peuple de Côte d'Ivoire réservent aux textes (sur l'éligibilité, la naturalisation et le code foncier) proposés par Marcoussis. Aussi, placent-ils leurs derniers espoirs dans une éventuelle pression des Nations Unies. Ne serait-ce que pour relancer les procédures de naturalisation (le programme du gouvernement de réconciliation nationale demande de régler, "à titre exceptionnel... ", la naturalisation des personnes résidant en Côte d'Ivoire avant le 7 août 1960 et n'ayant pas exercé leur droit d'option dans les délais prescrits).
Seulement voilà. Les informations circulant à grande vitesse sur la "Galaxie Gutenberg" de McLuhan, les Ivoiriens ont dû certainement lire une information qui les éclairera lorsqu'ils auront à dire leur mot. Dans sa livraison du 31 octobre 2003, le journal français Libération écrivait quelque part, à propos de la remise officielle des décrets de naturalisation de personnes étrangères vivant dans la préfecture de Cergy (Val-d'oise), ceci : "... Relevant du pouvoir discrétionnaire du gouvernement, la naturalisation (qui n'est donc pas un droit) connaît un succès croissant dans ce département. 2500 en 2001contre 3200 en 2003". Conformément à la charte de l'ONU fondée sur le respect du principe de l'égalité de droit des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes, les Ivoiriens sont prêts à faire mentir l'expression selon laquelle vérité en-deçà des Pyrénées, erreur au-delà ".
tanakben@yahoo.fr
Josaphat des temps nouveaux
Une femme cesse-t-elle d'aimer l'enfant qu'elle a porté ? Le pouvoir, procède de Dieu. Dieu ne manque cependant pas d'éprouver celui qu'il a fait roi selon son coeur. Le règne du Roi David qui a dansé pour lui et la passion de son fils Jésus-Christ, en sont des illustrations patentes. C'est que dans les tribulations, Dieu apprécie la fidélité de l'engagement de son élu, envers lui. Deux événements ont marqué la vie politique la semaine dernière : l'attaque armée des 11 et 12 décembre qui consistait à changer la nature du régime. Un fait gravissime, mais qui n'a pu décourager le déferlement des " faux baoulé " du Grand centre au Palais de la Présidence pour dire " Yako " au chef de l'Etat, Laurent Gbagbo. Une visite qui a fait des vagues, mais qui a fini par ressembler à un véritable carnaval, tant son succès fut évident.
On est encore à scruter l'énigme que portent ces deux événements, et notre intelligence pâlit à en saisir la vraie signification. On note simplement que la démocratie par les armes et l'insubordination à l'ordre établi par Dieu et donc à sa volonté, sont comme la course au trésor avec ses incertitudes, mais aussi ses désillusions. Comme le dit St-Paul, hier Saül, qui persécutait le Christ et a réalisé la vacuité de son œuvre à la suite de cette révélation sur la route de Damas, " vanité des vanités, tout est vanité ", ces deux événements ne sont que le fruit de l'orgueil et de la méchanceté humaine, donc pure vanité. Vanité, tout simplement parce que Dieu n'est nullement en compétition avec les humains, même s'il les a créés à son image et de ce fait, a fait d'eux des sacrés. Autrefois, Dieu a parlé par la bouche des prophètes, puis il s'est rendu plus proche des hommes avec la naissance, la mort et la résurrection de son fils, Jésus-Christ. Dieu aujourd'hui s'adresse à nous de diverses manières. Il appartient à chacun d'apprécier le sens de la marche qu'il a avec nous.
Et à Noël, où nous commémorons la naissance de Jésus, une naissance à travers laquelle Dieu vient avoir une expérience personnelle et historique avec chacun des hommes, il est temps que dans la marche de cette deuxième République, chaque Ivoirien évalue son action, analyse les grands moments de la vie de cette République, née certes par césarienne, qu'on veut assassiner dans sa couveuse, mais qui chaque fois est sauvée inextremis des eaux, comme Moïse. Dieu, de tout temps, a montré son amour et sa fidélité pour la Côte d'Ivoire et pour ceux qu'il a établis comme Roi, à sa tête. Voilà pourquoi, il faut savoir s'arrêter dans le combat mené contre celui qu'il a élu selon son cœur et la nouvelle patrie qu'il s'est choisie. Il est si fidèle que jamais sa parole ne retourne à lui sans produire d'effet : " la Côte d'Ivoire est une terre d'asile et de refuge pour le monde et de la Côte d'Ivoire partira le renouveau spirituel du monde ".
Cette prophétie qui a commencé à se réaliser dans la façon dont il a géré lui- même ces longs mois de guerre, ne peut totalement prospérer dans un univers de chaos. Voilà pourquoi, il faut s'efforcer de laisser s'éclater la matière pour que nous analysions notre histoire avec des yeux spirituels. Car Dieu est assis sur son trône et il combat. Il faut donc aux politiciens qui s'aiment et qui n'aiment pas leur pays et à ceux qui veulent forcer la main à Dieu pour présider aux destinées de sa Nation nouvelle, qu'ils ne fassent pas une fixation sur la personne du Président Laurent Gbagbo. Lui n'est qu'un instrument, un canal, mieux un prophète que Dieu s'est choisi pour conduire la Côte d'Ivoire aux noces éternelles.
Et en Isaïe 49, il fait le serment de cette résurrection de la Côte d'Ivoire par sa vie, comme hier pour Jérusalem : " ... Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle nourrit ? Cesse-t-elle d'aimer l'enfant qu'elle a porté ? A supposer qu'elle l'oublie, moi, je ne t'oublie pas : j'ai ton nom gravé sur les paumes de mes mains, je ne quitte pas des yeux le dessin de tes entrailles. Ceux qui vont te bâtir se dépêchent d'arriver, tandis que s'éloignent de toi ceux qui t'ont démolie, ceux qui t'ont dévastée. Regarde autour de toi et constate : tes enfants se rassemblent tous et arrivent vers toi. J'en fais le serment par ma vie, dit le Seigneur. " Ainsi se présentent la Côte d'Ivoire et son chef, le Josephat des temps nouveaux . Ils marchent d'un pas résolu vers leur destinée prophétique .
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