Raj Meetarbhan
17 Décembre 2003
opinion
Port Louis — La campagne électorale à Piton- Rivière-du-Rempart s'achève presque dans l'indifférence. Il y a deux raisons qui expliquent cette tiédeur de l'électorat. D'une part, la partielle n'a pas d'enjeu véritable et de l'autre, les protagonistes de la partielle sont passés le plus souvent à côté des véritables préoccupations populaires.
L'absence d'enjeu est liée au fait que le scrutin ne changera en rien la configuration politique du pays. Seul un raz-de-marée aurait pu bouleverser la donne politique. Or, puisque aucun des deux camps ne semble surfer sur une vague, ce serait bien surprenant si l'écart entre eux arrivait à provoquer un tournant décisif.
De même, il est exagéré de dire que le résultat de la partielle sera un prélude à la bataille des législatives de 2005. Il n'y a pas de lien de cause à effet entre les deux. L'histoire politique récente en donne un exemple flagrant. Le Parti travailliste avait subi une débâcle en septembre 2000, à peine quelques mois après avoir arraché une victoire à la partielle de Beau-Bassin-Petite-Rivière.
Les thèmes évoqués lors de la campagne au no 7 n'ont guère aidé, non plus, à la rendre attrayante. Dès le départ le ton était donné par le PTr avec l'argument selon lequel Anerood Jugnauth aurait trahi la lutte des ancêtres en ouvrant la voie à Paul Bérenger. L'affaire Cehl Meeah a envenimé cette polarisation raciale et religieuse.
Les gouvernants n'ont pas été plus aptes à choisir des thèmes porteurs. Ils auraient pu, en cette période de transition politique, offrir une vision renouvelée du développement économique du pays. Ils se sont échinés plutôt à se défendre contre les piques communales décochées par l'adversaire.
Les deux camps sont restés assez vagues sur les moyens de résorber le chômage. C'est pourtant l'un des objectifs les plus urgents à atteindre. L'alliance MSM-MMM s'est contentée de minimiser le problème alors que la coalition d'opposition n'a donné aucune indication du programme alternatif qu'elle compte appliquer si elle obtient la majorité aux prochaines élections générales.
Le PTr, dont le leader disait autrefois qu'il n'aime pas les élections faciles, s'est laissé aller à une exploitation facile de la hausse des prix de certains produits de consommation. Cela a été présenté comme un cadeau aux possédants même quand la cause est manifestement imputable à l'appréciation des devises fortes.
Il faut regretter que la corruption électorale n'ait pas été totalement éliminée de nos moeurs politiques. Cette campagne a été marquée par l'odeur de l'asphalte, comme cela a été le cas pour toutes les partielles précédentes. Or, choyer son électorat de la sorte ne relève certainement pas d'une probité exemplaire. En revanche, il est encourageant de noter que l'utilisation de l'appareil d'Etat à des fins électorales ne s'est pas faite au même degré que par le passé. En particulier, les médias du service public ont fait preuve d'une neutralité de ton qui est remarquable.
Il ne reste plus que trois jours avant que l'électeur du no7 ne soit appelé à apposer une croix sur le bulletin de vote. Si faire campagne, c'est essayer de rendre plus intelligent son choix, le coup est raté.
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