Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Films Fa sabililah - maisha ni karata : zoom sur la misère des enfants de la rue

Mbagnick Ngom

17 Décembre 2003


Les films sénégalais Fa Sabililah et belge Maisha ni karata projetés avant-hier, dans le cadre du Festival du film de quartier, constituent un véritable zoom sur la misère des enfants de la rue. Mais qu'ils tendent leur sébile dans les rues de Dakar ou qu'ils vivent leur misère dans les rues de Bujumbura, ces jeunes désoeuvrés nourrissent tous l'espoir de connaître un meilleur devenir.

Les promoteurs du Festival du film de quartier ont marqué leur première grande sortie avant-hier, lundi, avec la projection de deux réalisations axées sur la difficile situation des enfants de la rue. La salle de cinéma du Centre culturel français a successivement accueilli le film Fa Sabililah, un court-métrage d'une jeune réalisatrice sénégalaise, Aïcha Thiam, et Maisha ni karata (la vie est un jeu de cartes) du réalisateur belge Philippe de Pierpont. La particularité de ces films se trouve dans le "regard innocent" que portent leurs principaux personnages sur les travers de la vie. Et pourtant, malgré la précarité de leurs conditions d'existence, ces jeunes désoeuvrés nourrissent l'espoir de connaître un devenir meilleur. Si dans Fa Sabililah, qui traite de l'épineuse question de la mendicité dans les rues de Dakar, Aïcha Thiam donne la parole aux jeunes taalibe principalement, mais aussi aux marabouts, psychologues et autres techniciens du ministère de la Famille et de la Solidarité nationale, Philippe de Pierpont a, pour sa part, choisi de mettre en vedette six jeunes Burundais. Zorito, Etu, Innocent, Philibert, Jean-Marie et Assouman ont rencontré le réalisateur Belge en 1991, alors qu'ils étaient tout jeunes. Philippe de Pierpont est retourné à Bujumbura des années plus tard pour filmer à nouveau la bande à Zorito "aux moments charnières de leur existence". Au finish, le film qu'il propose, confronte les jeunes hommes d'aujourd'hui aux adolescents et enfants qu'ils étaient lors des tournages précédents. Ainsi, Maisha ni karata pose deux interrogations fondamentales : Que peuvent devenir des enfants qui ont vécu dans la rue dès l'âge de 6 ans ? Quel regard portent-ils sur le monde et sur eux-mêmes ?

Le film de Philippe de Pierpont trouve son originalité dans les témoignages poignants de jeunes victimes de la guerre et dont certains ne doivent leur salut qu'à l'assistance des centres d'accueil.

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