Wal Fadjri (Dakar)

Sénégal: Cent jeunes revisitent «la feuille de route» de Ziguinchor

H. Sagna

17 Décembre 2003


La dynamique vers la paix, engagée depuis quelque temps en Casamance, connaît depuis hier des moments forts à Kolda.

Cent jeunes venant de la Gambie, de la Guinée-Bissau et du Sénégal, notamment de Ziguinchor et de Kolda, réfléchissent sur la paix, la reconstruction et le développement de la Casamance. Ces rencontres, dénommées «Deuxièmes assises de Kolda», se tiennent après celles qui étaient organisées les 19 et 20 mai 2002 à Ziguinchor. «Les jeunes veulent briser le cycle de violence qui dure depuis vingt ans dans la Casamance naturelle», a laissé entendre M. Bassa Diawara, coordonnateur du Comité d'appui et de soutien au développement économique et social de Kolda (Casades). Les jeunes des trois pays vont s'interroger sur les recommandations des premières assises de Ziguinchor. Il s'agissait de briser le cocon et de prendre directement langue avec les jeunes du maquis. «La responsabilité de cette frange d'âge est décisive dans le conflit. Si les jeunes jettent les armes, un pas de géant aura été franchi», explique M. Bassa Diawara.

A Ziguinchor, les jeunes avaient suggéré aux pouvoirs publics de nommer un «Monsieur Casamance». L'idée a été agitée par des formations politiques comme l'Urd de Djibo Kâ. Le désenclavement de la Casamance fait partie de la "feuille de route» des jeunes. Il en est de même «d'un programme d'éducation à la paix et à la tolérance», ajoute M. Bassa Diawara.

Les journées de Kolda interviennent à un moment où l'on note une recrudescence des attaques à main armée dans les villages frontaliers. Depuis le coup d'Etat intervenu en Guinée-Bissau, le dimanche 14 septembre 2003, on a enregistré dix incursions armées dans les localités de l'intérieur. L'attaque qui a suscité le plus d'émotion est celle qui a été perpétrée à Djamaye, village situé à près de 5 km de la frontière bissau-guinéenne, dans la communauté rurale de Tanaff. Cette nuit du 12 octobre, le policier Alioune Ndiaye a été criblé de balles. Le lendemain, la colère était dans la rue. Les jeunes, fort remontés contre les autorités, ont bloqué la frontière avec la Guinée-Bissau. La tension était vive et des soldats bissau-guinéens s'étaient même massés le long de la frontière.

Les assises de Kolda seront une belle occasion pour rompre ce climat de méfiance le long de la frontière.

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