Ibrahiman SAKANDE
18 Décembre 2003
Vingt-sept pour cent (27 %) des femmes qui accouchent à la maternité du Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo meurent de complications dues essentiellement à des ruptures utériques. C'est à ce résultat effarant qu'est parvenu Tatiéta Bruno Guillaume Wendlacida dans sa thèse de doctorat d'Etat en médecine soutenue mardi 9 décembre 2003. Ces travaux, portant sur les complications pendant l'accouchement, ont reçu la mention "très honorable avec les félicitations du jury".
"Contribution à l'étude des facteurs de risque de morbidité et de mortalité maternelles per-partum à la maternité du CHU-YO", tel est l'intitulé de la thèse de doctorat d'Etat en médecine de Tatiéta Bruno Guillaume Wendlacida. Ce sujet a suscité l'objet de recherche de l'étudiant en médecine d'autant plus que le Burkina Faso a l'un des taux de mortalité et de morbidité les plus élevés au monde. Les femmes qui meurent en maternité pendant l'accouchement le sont à cause de certains facteurs.
M. Tatiéta s'est évertué dans son étude à rechercher ces facteurs dans le cas précis de la maternité du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo (CHU-YO). Ainsi, sur 1113 femmes qui sont venues accoucher, il y a un pourcentage élevé de décès. Pire encore, 70 % de ces décès sont survenus chez des femmes ayant présenté une rupture utérique. Une situation inacceptable, a dit en substance Dr Blandine Tiéba, gynécologue, maître assistant à l'UFR-SDS et codirectrice de la thèse de Tatiéta Bruno. La rupture utérique résulte d'un "travail" qui a été négligé. L'utérus se rompt et si l'on n'a pas pu en sortir à temps le bébé et le recoudre, la femme saigne et meurt.
Ainsi, les résultats auxquels Tatiéta est parvenu permettront aux politiques, aux praticiens et aux populations de prendre des précautions pour éviter ces cas malheureux. Les études de Tatiéta montrent que les populations doivent considérer toute grossesse comme étant à risque jusqu'à preuve du contraire. Quant aux praticiens, ils s'attelleront à détecter dès lors ces femmes à risque et les orienter vers les centres de santé appropriés. Pour ce faire, les politiques ont un devoir, selon cette étude, d'équiper suffisamment en matériel les structures de santé.
Toutefois, l'étude de M. Tatiéta montre que la rupture utérique est le reflet du niveau de développement sanitaire d'un pays.
Le jury a salué le courage de l'étudiant. Il a osé, ont dit les jurés, en choisissant un sujet d'actualité, difficile et intéressant. Ce que beaucoup de ses camarades évitent pour se réfugier derrière des études descriptives dans leur thèse. Face à cette donne, le jury a reconnu la portée scientifique et professionnelle de l'étude qui a été menée. Aussi, a-t-il décidé à l'unanimité d'élever M. Tatiéta Bruno Guillaume Wendlacida au grade de docteur d'Etat en médecine avec la mention très honorable. Cette thèse a été dirigée par le Professeur agrégé Akotionga et le Docteur Blandine Tiéba.
Le jury qui a apprécié le travail de Tatiéta était composé d'éminentes personnalités du monde de la recherche scientifique universitaire et de la santé au Burkina Faso. Il était présidé par le Professeur agrégé Jean Lankoandé, maître de conférence, chef du département gynécologique obstétrique à l'UFR-SDS et du service de la maternité du Centre hospitalier universitaire Yalgado-Ouédraogo. Le Pr agrégé Jean Lankonadé est également Secrétaire général de la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina Faso (SOGOB). Siégeaient à ses côtés, les docteurs Lucie Nébié, cardiologue ; Blandine Tiéba, gynécologue, Laurent Ouédraogo épidémiologiste en santé publique ; tous maîtres assistants à l'UFR-SDS et médecins au CHU-YO.
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