Djama Stanislas
18 Décembre 2003
Le ministre des Télécommunications et des Nouvelles technologies de l'information et de la Communication (NTIC) Hamed Bakayoko a effectué, hier, une visite des locaux des deux établissements de formation aux métiers des postes et télécommunications sis à Treichville.
Il s'agit de l'Institut Supérieur Africain des Postes et télécommunications (ISAPT) et de l'Ecole multinationale supérieure des Postes d'Abidjan (EMSPA), qui, depuis plusieurs années, ont cessé de fonctionner pour diverses raisons. Hamed Bakayoko a affiché sa volonté de réhabiliter ces deux structures de formation. Car, dira -t-il, il est «aberrant» de savoir que l'on dispose sur place à Abidjan de tels centres bien équipés et fonctionnels alors que les bacheliers (près de 40 mille chaque an) recherchent des débouchés en vain. Pour lui, la formation est plus que nécessaire dans le secteur des postes mais surtout celui des télecoms où la libéralisation arrive à grand pas. Le marché aura besoin de main-d'oeuvre. «On a quelques pistes. Dans le volet formation de la libéralisation, nous allons associer la volonté politique afin de voir très rapidement la faisabilité de nos projets qui visent à rénover et remettre ces écoles sur orbite», a -t-il signifié. Le ministre s'est engagé à agir dans les meilleurs délais grâce à l'appui de tous les partenaires privés publics et extérieurs. «C'est un constat que je suis venu faire aujourd'hui», a-t-il indiqué.
Hamed Bakayoko a découvert des bâtiments bien solides et bien équipés qui ont juste besoin d'être réhabilités. Les salles de classes sont désespérément vides ainsi que les cantines. Les internats sont occupés par des «déplacés de guerre». Quelques instants avant cette visite des lieux il a eu une séance de travail avec les dirigeants des deux écoles qui lui ont dépeint la situation. Le Directeur de l'ISAPT, Soumahoro Broulaye a expliqué que l'Institut a été créé en 1992 à la place de l'ex ENSPT avec pour actionnaires CITELCOM (70 %) et la SIPE (30 %). Selon lui, les déboires de l'Institut ont commencé avec la transformation juridique de CITELCOM en Côte d'Ivoire Telecom et de la SIPE en CECP et la Poste de Côte d'Ivoire. Hormis l'exercice 96/97 l'ISAPT qui est une association de droit privé n'a jamais été doté de budget par ses associés. Ses organes sont inexistants (ni enseignants, ni structures opérationnelles, ni budget). Alors qu'elle dispose de patrimoines imposants. Des salles de classe de 424 places, des salles spécialisées de 336 places, un internat de 120 places individuelles et un restaurant de 300 places. Le Directeur a souhaité la réactivation urgente et la réadaptation des statuts de l'ISAPT.
Il a demandé que l'Etat reprenne les choses en main tout seul ou avec l'appui du privé. Le Directeur de l'EMSPA Zouami Gbato a fait remarquer que cette école est une institution sous- régionale regroupant sept pays. Elle a été créée en 1970 et est régie par un accord intergouvernemental appuyé d'un accord de siège qui consacre son caractère international. Depuis l'an 2000, l'école a fermé à cause du non paiement des contributions par certains pays membres.
Le personnel est au chômage. Aujourd'hui, il a été convenu à cause des difficultés et de la situation en Côte d'Ivoire de délocaliser les cours d'inspecteurs au Sénégal. Selon le Directeur de l'EMSPA, les déboires de l'école s'expliquent aussi par le fait que Abidjan n'a pas respecté ses engagements (accord de siège) de la doter d'un siège fonctionnel et répondant aux normes. Par ailleurs, les mauvaises gestions opérées par les dirigeants successifs ont mis l'EMSPA à genoux. Les textes regissant l'école ne sont pas clairs, la formation inadaptée, le cycle trop long et le coût élevé de la formation. Le Directeur a demandé au ministre d'intervenir pour corriger toutes ces défaillances afin de redonner vie à l'école dès l'année 2004. «Votre visite est pour nous un réel motif d'espoir», a-t-il conclu.
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