Le Patriote (Abidjan)

Côte d'Ivoire: Assassinat de Jean Hélène: Dago Séry devant les juges le 22 décembre

Yves M. Abiet

18 Décembre 2003


Le sergent de police Dago Séry Théodore, soupçonné d'avoir assassiné le 21 novembre dernier le journaliste français Jean Hélène, sera jugé le lundi 22 décembre prochain. Le procès du présumé meurtrier du correspondant de RFI se déroulera au siège de la Cour d'appel d'Abidjan, sis au Tribunal de première instance du Plateau, et durera un mois. C'est dire que le policier fautif sera jugé par une juridiction civile.

Pourquoi une juridiction de droit commun pour une affaire d'homme en tenue ? Pour le Commissaire du gouvernement, le Commandant Ange Kessy, qui a donné cette information, hier mercredi 17 décembre, au cours d'un point de presse à son cabinet, il s'agit d'éviter le remake du procès du charnier en 2000. «Nous ne voulons pas que cette fois-ci, l'on parle de mascarade. C'est pourquoi, nous avons envoyé l'affaire devant les juridictions de droit commun pour que tout le monde suive le procès qui sera public et ouvert à tous», a tenu à préciser le conférencier.

Le Commandant Ange Kessy a également ajouté que le jury se compose d'un juge de la Cour d'appel, d'un officier de la marine nationale et de deux Commissaires de police.

Il n'a pas passé sous silence les efforts consentis par tous ceux qui sont impliqués dans ce dossier pour que le procès ait lieu le plus tôt possible. «Nous avons fait ce que nous pouvons pour que cette procédure qui pouvait mettre deux ans soit close en deux mois seulement. (...) Cela sort de l'ordinaire parce que ce dossier est très important pour l'effet que cet acte a suscité au sein de la communauté internationale».

Les témoins qui seront entendus tout au long de ce procès sont au nombre de huit. Il s'agit de sept policiers et de l'avocat des onze militants du RDR qui devraient être mis en liberté le jour où Jean Hélène a été assassiné.

Outre l'affaire Jean Hélène, seront jugés devant cette même session de la Cour d'assise qui va durer un mois, d'autres policiers qui ont donné la mort. Il s'agit du policier Zamblé Bi Irié qui a tué, le 14 août dernier, le jeune Doumbia Inza, chauffeur de «gbaka», de l'agent de police Baba Nemé qui a donné la mort, il y a deux ans, à un autre chauffeur de «gbaka».

Ce procès «des policiers à la gâchette facile» servira de leçon à tous ceux qui voudront suivre leur trace. «Fini le temps de l'impunité quel que soit celui que vous êtes et quel que soit votre grade», a averti Ange Kessy.

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